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Zakhartchenko, le principal chef séparatiste ukrainien, tué à Donetsk
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le chef rebelle est mort dans l’explosion d’une bombe dans un café. Les forces de sécurité des séparatistes dénoncent un acte « terroriste ».
Le principal chef des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, a été tué, vendredi 31 août, dans son fief de Donetsk. La mort du chef rebelle, annoncée par les agences de presse russes, a été confirmée par la hiérarchie de la « République populaire de Donetsk » (RPD), l’entité autoproclamée dont il était le dirigeant depuis novembre 2014.
Selon ces sources, M. Zakhartchenko est mort à l’hôpital après avoir été touché par l’explosion d’une bombe placée dans le café Separ, dans le centre de la « capitale » séparatiste. Cet établissement de la rue Pouchkine, nommé ironiquement en référence aux « séparatistes », est situé à proximité de la résidence du dirigeant prorusse. Un autre responsable séparatiste, Alexandre Timofeev, « ministre des finances » de cette entité, a également été blessé dans l’explosion.
Les forces de sécurité des séparatistes ont dénoncé un acte « terroriste » et ont rapidement annoncé l’arrestation de plusieurs personnes, parmi lesquelles des « saboteurs ukrainiens ». Ceux-ci se seraient trouvés dans une voiture stationnant à proximité des lieux de l’explosion. L’un des gardes du corps du chef de guerre, subitement introuvable, est également suspecté, et les « frontières » de la RPD avec l’Ukraine et la Russie ont été fermées. Le ministère des affaires étrangères russe a lui aussi accusé le « régime de Kiev » d’être derrière cette action.
Une quinzaine de responsables et chefs militaires assassinés
Alexandre Zakhartchenko, 42 ans, n’est pas le premier chef rebelle tué dans des circonstances similaires. Depuis le passage de la région sous la coupe des séparatistes, au printemps 2014, près d’une quinzaine de responsables et chefs militaires de Donetsk et de Louhansk ont été assassinés dans des attentats ou des embuscades. Les autorités locales ont systématiquement attribué ces actions à l’action des services secrets ukrainiens, mais sans convaincre.
Ces attentats ont été le plus souvent attribués — y compris par d’anciens responsables de la rébellion — à des règlements de comptes internes aux séparatistes, sur fond de luttes pour le contrôle des ressources, ou à la volonté de Moscou de se débarrasser d’acteurs turbulents ou désobéissants. M. Zakhartchenko avait lui-même contribué à écarter du pouvoir son homologue de la République populaire autoproclamée de Louhansk, en novembre 2017. A Kiev, l’un des dirigeants du SBU, les services de sécurité ukrainiens, Igor Gouskov, a démenti l’implication de ses troupes, évoquant un conflit « entre les terroristes et leurs sponsors russes ». Au mois de juin, la presse ukrainienne évoquait l’étoile pâlissante du chef rebelle, dans le sillage de celle son principal soutien au Kremlin, Vladislav Sourkov.
Alexandre Zakhartchenko devait son ascension et sa longévité au pouvoir à un alliage rare : fils de mineur natif de Donetsk, il jouissait d’une autorité réelle au sein de la mouvance séparatiste, tout en étant perçu comme loyal et obéissant par la Russie, qui contrôle et finance les territoires séparatistes prorusses du Donbass. Après avoir placé la région sous le contrôle de représentants directement envoyés de Moscou, dans les débuts de la rébellion, le Kremlin avait fait de Zakhartchenko son homme-lige à Donetsk. Le 2 novembre 2014, il avait été confirmé dans ses fonctions de « président » de la RPD en obtenant 81 % des suffrages lors d’élections organisées par les séparatistes.
Un homme réputé pour sa poigne
Ancien mécanicien, puis homme d’affaires lié au Parti des régions de l’ex-président Viktor Ianoukovitch, Alexandre Zakhartchenko était devenu chef de guerre dès le début du conflit, transformant un groupuscule prorusse confidentiel, Oplot, en un bataillon puissant. Selon son dossier au ministère de l’intérieur ukrainien, que Le Monde avait pu consulter en 2015, M. Zakhartchenko a pris part dans sa jeunesse à des activités de contrebande avec la Russie.
Echappant à plusieurs tentatives d’assassinat, cet homme peu expansif mais réputé pour sa poigne, qui continuait à apparaître en toute occasion en uniforme militaire, avait su s’imposer à ses rivaux, écartés les uns après les autres des cercles dirigeants. Lui et sa garde rapprochée avaient également mis la main sur une grande partie des actifs économiques de la région, soit en en prenant le contrôle direct soit en recevant des paiements d’entrepreneurs locaux. Il figurait sur la liste des personnes sanctionnées par les Etats-Unis et l’Union européenne.
Alexandre Zakhartchenko avait signé les accords de paix de Minsk, en février 2015, sous l’égide de Paris et de Berlin, mais il avait aussitôt refusé de respecter le cessez-le-feu dans la région de Debaltseve, où il avait été blessé au combat. Depuis, il alternait régulièrement les déclarations conciliantes et les menaces de lancer de grandes offensives contre les forces de Kiev. En 2017, il avait aussi menacé de proclamer un Etat indépendant sur le territoire séparatiste, la Malorossia (« petite Russie »), avant d’être rappelé à l’ordre par Moscou.
Sa mort ouvre une période d’incertitude dans le Donbass, où le conflit a déjà fait plus de 10 000 morts, et où les négociations de paix sont dans une impasse. A Donetsk, l’état d’urgence a été décrété, et la disparition de l’homme fort des séparatistes pourrait être un prélude à un nouvel embrasement. Denis Pouchiline, perçu comme un successeur potentiel, a promis « vengeance » pour son son chef. Le président du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a quant à lui estimé que cette mort « réduisait à néant l’idée des accords de paix ».




