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BNP Paribas se paye une licence universitaire sur le développement durable
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

L’université Paris Sciences et Lettres (PSL) accueillera bientôt une licence univeristaire entièrement financée par BNP Paribas. Pompeusement baptisée « School of positive impact » (« école de l’impact positif »), cette formation sera dédiée aux questions de développement durable, de transition et de responsabilité sociale des entreprises. Si le secteur privé est de plus en plus présent dans l’enseignement supérieur, c’est la première fois en France qu’une entreprise se paye une licence tout entière - et soigne par la même occasion une image « verte » très éloignée de ses pratiques réelles.
Le Monde rend compte de la controverse suscitée par ce projet de licence :
La dizaine d’élus représentant les enseignants, les personnels et les étudiants du conseil d’administration – qui réunit 30 membres – du regroupement universitaire PSL (comptant dans ses rangs l’université Paris-Dauphine, l’Ecole normale supérieure Paris, l’Observatoire de Paris…) s’est mobilisée, quand elle a découvert qu’une licence sur les questions de développement durable était sur les rails avec la grande banque française pour seul mécène. Le projet a néanmoins été adopté à une large majorité (19 pour, trois contre, sur le total des 22 votants), lors du conseil d’administration de PSL, jeudi 21 février, délocalisé au rectorat de Paris, à la suite d’une tentative de blocage d’étudiants, mobilisés sur cette question.
(...) Le montant du don serait d’environ 8 millions d’euros sur cinq ans, selon les sources du Monde. Ni la banque, ni l’université ne souhaitent confirmer ce montant, placé sous le sceau de la confidentialité. Si le mécénat est une pratique désormais courante dans le monde universitaire, l’investissement d’une entreprise en direction d’une licence classique apparaît relativement inédit. Plusieurs éléments ont fait craindre aux élus un empiétement sur les libertés académiques, telle la présence d’un « comité de pilotage », composée pour moitié de représentants de la banque, initialement prévu dans la convention. Ou encore une clause de « non-dénigrement » entre les deux parties. Depuis, des échanges avec la direction ont donné lieu à des ajustements sur ces points de désaccord.
Lire l’intégralité de l’article sur le site du Monde
Comme d’autres multinationales françaises, BNP Paribas utilise depuis des années l’arme du mécénat pour se construire une image de banque « verte » (lire notre article). Ce qui ne l’empêche pas d’âtre régulièrement montrée du doigt pour ses investissements importants dans les énergies sales. 12,7 milliards d’euros consacrés au charbon et au pétrole en 2016 et 2017, contre seulement 3,3 milliards selon les derniers chiffres publiés par des ONG (lire notre article).
Sur la présence des multinationales dans les universités, qui se concentre jusqu’à présent sur le financement de « chaires » ou de fondations universitaires, lire nos enquêtes à propos de Total ici et là et des constructeurs automobiles dans cet article.
OP




