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Aux États-Unis, les Républicains veulent restreindre le droit de vote : un retour à Jim Crow
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Aux États-Unis, ce sont les États qui réglementent les conditions d’accès au vote. Et les États républicains sont en train d’adopter de nouvelles lois pour restreindre le vote qui nuiront particulièrement aux électeurs noirs d’une manière jamais vue depuis la période de Jim Crow dans le Sud, des années 1880 aux années 1960.
Avec les prochaines élections au Congrès fédéral prévues en novembre 2022 (renouvellement de la Chambre des représentants et d’un tiers du Sénat), le combat politique est intense. L’avenir du pays pourrait tenir à cette élection, étant donné que Donald Trump pourrait se représenter en 2024.
250 nouvelles lois dans 43 États
Trump, qui domine désormais complètement le Parti républicain, continue d’affirmer que Biden et les Démocrates ont gagné en 2020 grâce à la fraude électorale. Les autorités électorales des deux principaux partis du pays ont cependant démontré qu’il n’y avait pas eu de fraude significative. Trump et ses fidèles attribuent la fraude principalement au vote anticipé et aux bulletins de vote par correspondance – deux pratiques courantes aux États-Unis – de sorte que leurs nouvelles législations visent principalement à les restreindre.
Les Républicains de Géorgie mènent la charge, un État où deux Démocrates ont remporté la dernière élection au Sénat, l’un est le premier sénateur noir et l’autre le premier sénateur juif de l’histoire de cet État. Et ils ont assuré le contrôle démocrate du Sénat. Jusqu’à maintenant, les Républicains ont proposé 250 nouvelles lois dans 43 États, dont la plupart limiteront le vote anticipé et les bulletins de vote par correspondance ; certains introduiront aussi des exigences d’identification plus strictes ou réduiront les heures de vote. D’autres lois donneront plus de pouvoir aux observateurs des partis lors du scrutin. Ces lois restrictives auront le plus grand impact sur les électeurs noirs, urbains, de la classe ouvrière et âgés.
Tout cela est crucial pour les élections du 8 novembre 2022, au cours desquelles les 435 sièges de la Chambre et un tiers des sièges du Sénat sont à élire. Les Démocrates ont actuellement une faible majorité de six voix à la Chambre, 218 contre 212, tandis que le Sénat est à égalité 50-50, la vice-présidente démocrate Kamala Harris ayant le vote décisif en cas de partage, bien que les votes du Sénat exigent généralement une majorité de 60-40 en raison de vieilles règles conservatrices.
Les Républicains peuvent gagner
Seuls 25 % des électeurEs se disent républicains, contre 31 % qui s’identifient comme démocrates et 41 % qui se considèrent comme indépendants. Pourtant, les Républicains ont de bonnes chances de prendre la tête du Congrès américain lors des élections de mi-mandat. Comment est-ce possible ?
Tout d’abord, les Républicains peuvent compenser leur faible niveau de soutien en rendant plus difficile le vote de celles et ceux qui ne les soutiennent pas. C’est pourquoi nous avons cette tempête de nouvelles lois électorales.
Ensuite, tous les dix ans, les États-Unis procèdent à un recensement, après quoi les sièges de représentants sont réaffectés, les États dont la population a augmenté obtenant plus de représentants et les États dont la population a stagné ou diminué en obtenant moins. En 2020, les États qui ont gagné des sièges, comme le Texas, la Floride, le Montana et la Caroline du Nord, étaient pour la plupart républicains, tandis que les États démocrates comme New York et la Californie ont perdu des sièges. Les Républicains sont donc susceptibles de gagner plus de sièges à la Chambre au prochain Congrès.
Enfin, à la suite de la redistribution des sièges, les gouvernements des États redessinent leurs circonscriptions électorales. Dans la plupart des États, cela signifie que le parti au pouvoir redessine les districts de manière à accroître sa force et à diminuer celle de son rival, par exemple en découpant une zone démocrate en quartiers et en attachant chaque quartier à une zone républicaine plus importante.
Les Démocrates déposent des recours judiciaires contre ces nouvelles lois et rédigent une loi fédérale pour protéger les droits des électeurEs. De nombreuses entreprises telles que Netflix, Amazon, Apple, Alphabet (Google), ViacomCBS, American Express et Home Depot ont également condamné la nouvelle loi de l’État de Géorgie.
La section d’Atlanta, en Géorgie, des Socialistes démocratiques d’Amérique (DSA), qui est activement impliquée dans la lutte contre l’assaut républicain sur le droit de vote dans cet État, déclare que la nouvelle loi « est indéfendable ; elle restreint les méthodes de vote, ajoute des complications, permet à l’État d’intervenir dans les processus électoraux des comtés ».
Traduction Henri Wilno





