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SAM : urgence pour l’usine et les emplois que Renault et le gouvernement veulent détruire !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le report vendredi 19 novembre de quelques jours d’une décision du tribunal de commerce de Toulouse la conditionnant à un accord toujours refusé du gouvernement et de Renault montre l’intensité de la menace. Depuis le lundi 22 novembre à 5h du matin à l’usine est totalement bloquée. Ils et elles luttent depuis maintenant près de 300 jours simplement pour conserver le droit de travailler et permettre au territoire d’avoir un avenir.

Toutes les fonderies dont Renault est le principal donneur d’ordre sont aujourd’hui sous les mêmes menaces de fermeture ou d’abandon pur et simple. Les fonderies de Bretagne, filiale de Renault, sont mises en vente sans repreneur. Les fonderies du Poitou et du Jura sont dans des procédures de liquidation judiciaire. Les lettres de licenciement sont parties dans le Jura. Aujourd’hui, une nouvelle fois la SAM est en première ligne. Tout faire dans cette urgence pour sauver les emplois.
Les mobilisations à la SAM n’ont pas cessé depuis quinze mois
Elles ont été marquées notamment par une grève de 3 semaines avec occupation de l’usine au printemps dernier et autour d’une dizaine de rassemblements de soutien réunissant chaque fois entre deux et trois mille personnes. Oui, tout un bassin industriel conservant encore la mémoire des luttes historiques des mineurs de Decazeville se retrouve en soutien à cette usine de 350 salariés, la dernière encore de cette taille dans la région.
La grève du printemps dernier avait eu lieu contre la suppression des emplois qu’aurait entraîné la reprise par une firme multinationale basée à Bilbao. Renault était et est à la manoeuvre. Pour obtenir l’arrêt de la grève, il avait toutefois promis un niveau de commandes permettant le maintien de 150 emplois sur le site. Des promesses… non honorées car Renault n’a cherché aucune solution pour une production correspondant à ses promesses. Pire, Renault a bloqué un autre projet de reprise présenté en juin. Il était porté par un ancien PDG de l’usine débarqué il y a cinq ans à la suite de rachats aventureux ayant causé une première mise en redressement judiciaire de la SAM.
De report en report
Le tribunal de commerce de Toulouse, comme ailleurs une instance d’affairistes désignés par les seuls patrons, a décidé vendredi 19 novembre d’un report de quelques jours. Comme dans un mauvais film, il a fallu attendre la veille pour apprendre le dépôt d’un nouveau projet présenté le par le rétorqué du mois de juin. Son contenu est toujours tenu secret. Ayant eu quelques heures pour l’examiner le tribunal de commerce a demandé à Renault et au gouvernement des engagements non encore fournis avant de statuer dans le courant de la semaine. Encore un espoir déçu pour la SAM car la région Occitanie présidée par Carole Delga (PS) avait laissé croire que cette fois c’était la bonne.
Des mois de fausses promesses, et le gouvernement avec Renault se refuse toujours à avancer des solutions préservant non seulement les 350 emplois encore existant à la SAM, mais même les 250 emplois que la CGT avait finalement accepté comme chiffre minimum.
Le verrou est clairement politique
Renault qui a bénéficié plus de 4 milliards d’euros d’argent public voudrait laisser crever une usine comme la Sam et le gouvernement cautionne.
Le tournant vers les véhicules électriques sert de prétexte à la liquidation de tout ce secteur des fonderies. Prétexte car la SAM comme d’autres fondeurs ont montré leurs capacités à produire des pièces pour des véhicules électriques.
Le 1er décembre la CGT appelle à un rassemblement régional devant la SAM. C’est la première initiative large de la CGT á dépasser les limites du bassin de Decazeville et du département de l’Aveyron. Le temps presse. Le soutien à la lutte de la SAM le plus large possible est nécessaire pour affronter gouvernement et Renault. Toutes les fonderies sont attaquées. Oui il y a urgence !
Il n’y a pas de solution pérenne sans une réorganisation complète de la filière qui casse la toute puissance des grands groupes sur les sous traitants et qui place la production de biens utiles sous le contrôle des travailleurs comme premier impératif. Ce qui se passe depuis des mois à la SAM est la démonstration que rien ne peut être défendu et acquis sans mobilisation collective vers un tous ensemble indispensable pour gagner.




