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Les maoïstes proposent un cessez-le-feu au Chhattisgarh (Inde)
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les maoïstes proposent un cessez-le-feu au Chhattisgarh (Inde)
La rébellion naxalite (maoïste) au Chhattisgarh propose un cessez-le-feu.
Une annonce saluée par le Parti Communiste d'Inde, il appelle à transformer ce cessez-le-feu en paix durable.
Retour sur un confit armé qui ravage l'Inde depuis plus de 50 ans.
Article et traduction Nico Maury

Dans un geste significatif et rare, les maoïstes ont proposé un cessez-le-feu au Chhattisgarh, ouvrant ainsi la voie au dialogue et à la désescalade dans un conflit qui perdure depuis des décennies au cœur de l'Inde.
Ce moment offre une opportunité historique en faveur de la paix et de la justice.
Le mouvement maoïste, ancré dans une lutte politique armée, se revendique être la voix des populations les plus marginalisées d'Inde, notamment les Adivasis qui luttent pour leur Jal-Jangal-Jameen (eau, forêt et terre).
Ces populations luttent contre la dépossession de leurs terres aux profits des grandes entreprises qui ravagent des régions riches en minéraux.
Malgré des décennies de sacrifices et de luttes, les maoïstes n'ont pas atteint leurs objectifs politiques. Parallèlement, la réponse de l'État indien, davantage marquée par des opérations militaires et des affrontements, ont violé les principes constitutionnels et les droits humains.
Au lieu de remédier aux injustices structurelles et historiques à l'origine de l'insurrection maoïste, les gouvernements successifs ont privilégié une approche sécuritaire, ignorant les dimensions socio-économiques et politiques du conflit.
Cette approche autoritaire n'a fait qu'exacerber la méfiance au sein des communautés tribales. Lorsque les gens voient leurs maisons perquisitionnées, les jeunes arrêtés et leurs dirigeants réduits au silence, ils perdent foi en la démocratie. La stratégie du gouvernement a non seulement échoué à mettre fin à l'insurrection, mais a également aliéné ceux-là mêmes qu'il prétend protéger.
Le Parti Communiste d'Inde veut faire du cessez-le-feu une paix durable
L'histoire montre que la paix est possible, même dans les conflits les plus violents. Les pourparlers de paix des années 1990 dans l'Andhra Pradesh entre le gouvernement et les naxalites, bien qu'infructueux, ont prouvé que le dialogue peut réduire la violence. De même, le cessez-le-feu de 2011 au Bengale-Occidental a démontré que des trêves temporaires peuvent aussi instaurer une confiance.
Les véritables enjeux sont la terre, les moyens de subsistance et la justice pour les populations tribales. La fin de la violence, mais aussi la reconstruction de la démocratie dans la région la plus négligée de l'Inde, passe par la prise en compte des attentes des populations.

Le Parti Communiste d'Inde a salué l'annonce de cessez-le-feu et il appelle les deux camps à cesser les hostilités, car il existe une réelle chance de paix. "Le gouvernement central, les gouvernements des États et les maoïstes ne doivent pas laisser passer cette occasion".
Le CPI appelle à réintégrer les cadres maoïstes dans le processus démocratique. Les armes doivent être remplacées par le dialogue.
"La paix n'est jamais un chemin facile, surtout après des années de violence. Mais l'histoire nous enseigne que même les conflits les plus tenaces peuvent être résolus lorsque les deux parties s'engagent de bonne foi dans un dialogue. La situation actuelle est riche de possibilités : celles de rétablir la confiance, de restaurer la justice et de revitaliser la démocratie dans des régions longtemps privées d'espoir".
Les naxalites suivront-t-ils l'exemple des maoïstes au Népal ?
La guerre populaire prolongée a aussi touché le Népal. Les maoïstes sont sorti victorieux d'une guerre civile de plus de 10 ans. De février 1996 à novembre 2006, les maoïstes ont lutté et mis à bas les racines du féodalisme et de la monarchie au Népal.
Le 21 novembre 2006, un accord de paix historique, après plus de dix ans de guerre civile, était signé. Les partis s'étaient alors alliés aux maoïstes dans des manifestations démocratiques, forçant le roi à renoncer au pouvoir absolu qu'il s'était arrogé en février 2005.
Une république fédérale socialiste était alors proclamée en lieu et place de la monarchie absolue.

La guerre populaire prolongée des naxalites
La révolution maoïste en Inde, ou naxalite, tire son nom du village de Naxalbari (Bengale-Occidental), où avait éclaté une révolte paysanne en 1967.
Le 3 mars 1967, dans le village de Naxalbari, près de la frontière népalaise, un groupe de 150 sympathisants du CPI(M), sous la conduite de Kanu Sanyal, s'empare des réserves de riz d'un propriétaire terrien. Le village acquiert alors une renommée internationale et donne son nom au mouvement. Si le soulèvement ne dure que 52 jours en raison de son absence de préparation et de soutien populaire, il marque une date importante dans l'histoire du communisme indien et du développement d'un courant maoïste.
Cette lutte armée, ou guerre populaire prolongée, est animée par le CPI-Maoïste. Il affirme combattre "l'ordre semi-féodal et semi-colonial" au moyen d'une "guerre populaire prolongée" permettant d'instaurer in fine la "démocratie du peuple". La tactique consiste à "libérer" des zones rurales afin d'"encercler" les villes par les campagnes.
Ces luttes trouvent un écho chez les communautés tribales de plus en plus dépossédées par des projets de développement industriel. Les forêts des États de Jarkhand, Chhattisgarh ou de l'Orissa recèlent en effet des gisements de minerai – fer, bauxite, etc. – attisant les convoitises de grosses sociétés capitalistes minières.
S'il a échoué à percer dans les grandes villes, le mouvement maoïste indien continue de planter ses racines dans ces zones tribales aliénées qui n'ont jusqu'à présent guère vu la couleur de la "Shining India" (l'Inde brillante).
Aujourd'hui, la guérilla maoïste, l'Armée de guérilla de libération du peuple, n'occupe que quelques districts qui forment le "red corridor". En mars 2025, ce corridor comprenait 18 districts répartis dans sept États, principalement en Inde centrale et orientale et dans le sud du Chhattisgarh.




