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C’est la faute à Mélenchon ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le journal de France 2, mardi soir 29 septembre, au terme d’une journée d’action dans les lycées, dans la tonalité de « la production de l’information » style Erner sur France Culture, passait en long et en large des images de chaque poubelle brûlée devant chaque lycée où il y en eut. Les images informatives réelles passaient sur les réseaux sociaux. L’officialité médiatique avait aussi essayé de faire croire que Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, aurait lui-même allumé un feu avec des images du moment où il essaie… d’en éteindre un. Bravo les artistes ! Pas une image des insupportables violences policières. Normal. Les gosses de ces gens-là ne vont peut-être pas au lycée public ? Tous sont prêts à voir leur fille étranglée puis mise en garde à vue par une brute qui fait deux fois son poids, leur fils édenté par un tir à bout portant, un Premier ministre inventer des agressions à l’acide pour insulter des opposants politiques. C’est la vie en France ça ? Oui, hélas. Le régime qui a éborgné 32 personnes et inventé le permis de tuer en est là. La fin de la macronie est à l’image du monde de maltraitance qu’elle a créé. Son système médiatique en est la face visible.
Le pilonnage personnalisé contre moi a repris. Il s’agit pour des médias comme BFM TV de m’attribuer tous les incidents liés au mouvement des lycéens. Manipulation politicienne de la chaîne qui agit sans doute d’après des conseils donnés de près, si je m’en réfère par ceux qui connaissent les amis du patron. Et bien sûr, c’est la faute à LFI. Les malheureux sont, en effet, inutilement tenus pour responsables des choix éditoriaux de leur chefferie. En vérité, BFM TV se fout des problèmes dont elle rend compte. Ce qui lui importe, c’est de faire concurrence à CNews pour capter l’extrême droite de l’audimat.
Donnons donc un aide-mémoire à ceux qui ne veulent pas voir la réalité des lycées en face et préfèrent bavarder de la forme des mobilisations des élèves. « Les lycéens doivent étudier », jaspinent les répondeurs automatiques en continu. Précisément : ils veulent des professeurs. Le gouvernement a supprimé 4 000 postes d’enseignants à la rentrée 2026. À la rentrée 2026, il manquait au moins un professeur dans 53 % des collèges et lycées publics. À la rentrée 2025, les classes comptaient en moyenne 30,2 élèves en lycée général et technologique, alors qu’elles étaient de 27,7 élèves par classe en 2010. Et cela, quand la démographie est en baisse ! La France est le pays avec les classes les plus chargées sur 25 pays de l’UE, membres ou en cours d’adhésion à l’OCDE. Macron a supprimé depuis 2017 environ 10 000 postes d’enseignants. Il y a 7 800 infirmières (-28 % en 10 ans) pour 12 millions d’élèves, soit une infirmière pour 1 543 élèves ; il en faudrait 23 000. La moitié des collèges et des lycées de Seine-Saint-Denis n’ont pas d’infirmier scolaire.
Il y a 1 psychologue pour 1 000 élèves en collège et lycée. Un collège ou lycée sur trois manquait d’au moins un assistant d’éducation (AED). Il n’y a pas de grille salariale nationale qui permette une revalorisation des AED. Le temps de travail des assistants d’éducation peut donc aller jusqu’à 42 heures par semaine. 99 % des collégiens et lycéens disent être épuisés en fin de journée de cours. 87 % d’entre eux jugent leur emploi du temps « chargé ou surchargé ». 22 % n’ont qu’une demi-heure pour déjeuner. Vie de merde bien organisée. Les lycéens étudient dans des établissements insalubres. 2/3 des personnels de l’Éducation nationale estiment que leur établissement n’est pas en bon état. 20 % du parc scolaire est vétuste. De la moisissure est relevée dans 18 % des lycées. La moitié des établissements ont des infiltrations et de l’humidité. 43 % des établissements ont des défauts d’aération (ouvrants défectueux, absence de ventilation…). 70 % des établissements scolaires sont amiantés. 90 % des collèges et lycées français sont des passoires thermiques. Dans 63 % des établissements, les températures ont dépassé les 30 °C et 55 % des collèges ont déjà connu des températures inférieures à 18 °C dans leurs classes. Dans cet état des lieux, on apprend que le pouvoir veut encore supprimer 250 millions d’euros supplémentaires au budget de l’Éducation nationale dans le prochain budget.
Voilà une liste sommaire. Elle est suffisante, me semble-t-il, pour mériter une approche plus documentée que le pauvre refrain politicien, « c’est la faute à Mélenchon ». Et quand les facs vont s’y mettre, ce sera aussi la même musique ? Les lycéens mobilisés sont souvent soutenus par leurs équipes éducatives en première ligne face au délabrement de l’école publique. Les Insoumis présents appellent à la non-violence des méthodes de lutte. Lycéens, professeurs et personnels de l’éducation font face au même abandon. Chacun doit être respecté dans sa personne comme dans ses revendications. Il faut donc ruiner le récit médiatique pour retenir la violence policière qu’il encourage sans cela. Dans l’immédiat, la diffusion des images de ces violences policières est bien une protection efficace pour nos jeunes. Le gouvernement doit cesser de chercher à pourrir la situation et à répondre aux revendications, au lieu de tout résumer à une lutte politicienne contre les Insoumis.
Deux municipalités LFI sont annulées pour des erreurs commises par des listes adverses battues. Mais à Toulouse, la liste de la droite est confirmée. Pourtant, le gouvernement Netanyahu y a fait campagne pour discréditer la liste menée par le député LFI François Piquemal. Mais pour la sphère médiatique, un tel abus de pouvoir et l’incompétence du préfet ne sont pas un événement. Peut-être un retour à la normale ? Pourtant, préfet et justice avaient été alertés sur la situation bien avant le vote. À Vaulx-en-Velin, la préfecture a fait preuve d’amateurisme toute la journée. Toute la journée du vote, on a attendu un document officiel. L’injonction de considérer comme nuls les bulletins de la troisième liste est arrivée par mail à 19 h 50 (fermeture des bureaux à 19h). Au moment du dépouillement, face au chaos, la préfecture a paniqué. Elle a demandé de comptabiliser ces bulletins, mais de les mettre dans une enveloppe séparée par bureau pour une éventuelle réintégration. Il est donc possible d’avoir avec précision le nombre de voix. Environ 7 %… Mais toute l’élection est annulée ! Dans l’exposé des motifs, ils ne retiennent que la nullité du bulletin sans faire mention de l’écart de voix. Or, c’est pourtant d’habitude le motif de refus d’annulation retenu ! Et il reste l’essentiel : les contrevenants ont de surcroît perdu ces élections ! En sport, n’accorde-t-on pas la victoire au titre de l’avantage au vainqueur qui est exempt de tricherie ? Ici, c’est visiblement le contraire : la triche des perdants permet l’éviction des gagnants. Ici, le sport semble être ailleurs : comment faire perdre les élections à ceux qui les gagnent ? En macronie depuis 2024, le nouveau modèle a été donné par le président : les Premiers ministres sont choisis parmi les membres des partis les plus lourdement battus aux élections législatives. On devine l’incroyable précédent ainsi institué. Accorder le bénéfice de l’annulation aux candidats perdants en infraction est stupéfiant. Le Conseil d’État pourrait avaliser cette décision ? Quelle élection sera encore possible si la promesse d’une telle prime est garantie aux perdants ? Tout candidat outsider pourra organiser sa propre inéligibilité à lui/elle, et la revendiquer en cas de défaite afin de disqualifier les gagnants ! Telle est la macronie réelle et son État.




