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Grève surprise au palace Park Hyatt Paris Vendôme

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Lien publiée le 13 septembre 2013

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(L'humanité) Les femmes de chambre et équipiers du palace, employés en sous-traitance, réclament un treizième mois et l’intégration au personnel de l’établissement.

«Frotter frotter, il faut payer!», «Augmentez les salaires!». L’ambiance était inhabituelle, hier à l’entrée du Park Hyatt Paris Vendôme, palace de 180 chambres situé dans la très feutrée rue de la Paix. A l’appel des syndicats CGT et CNT, une quarantaine de femmes de chambre et équipiers de l’hôtel, employés en sous-traitance par la société Française de services, étaient en grève et ont clamé leur ras-le-bol devant l’établissement. Au milieu des drapeaux syndicaux, les grévistes soutenus par d’autres militants parisiens du secteur de l’hôtellerie, ont distribué leur tract, rédigé en français et en anglais, aux passants médusés et à la clientèle ultra-aisée de l’établissement (nuitée entre 950 et 16.000 euros !).

Payés à peine au dessus du smic horaire, souvent à temps partiel, les salariés de la sous-traitance réclament une prime de treizième mois, qu’ils devraient toucher depuis six ans. En janvier 2007, ils étaient alors employés par un autre prestataire, Prop’hôtel, quand ils avaient fait grève et obtenu le treizième mois. Mais un an plus tard, l’activité était passée aux mains de la Française de services, qui avait ignoré cet accord et jamais versé la prime, explique Didier Del Rey, de la CGT-commerce de Paris. Le fait que six salariés aient obtenu devant les prud’hommes le rappel de la prime depuis 2007, a poussé les autres à se mettre en grève pour le réclamer à leur tour.

« Le travail est très dur, raconte Déborah Follot, syndiquée CGT. Ils nous donnent 20 minutes pour faire une chambre, on travaille seules alors que dans la plupart des palaces les femmes de chambres sont à deux. Et si on dépasse le temps prévu, ce n’est pas payé ». Les grévistes réclament donc la fin du travail à la chambre, l’installation d’une pointeuse et le paiement des heures supplémentaires. Enfin, ils voudraient être intégrés au personnel de l’hôtel, comme l’ont obtenuleurs confrères du Campanile de Suresnes.

Les 225 employés de l’hôtel Park Hyatt étaient aussi appelés à la grève, également pour un treizième mois et pour le paiement des heures supplémentaires. «Mais la direction a fait pression sur les collègues en disant que s’ils faisaient grève, ils ne retrouveraient jamais de travail dans les autres hôtels», explique Harold Kreyder, le délégué syndical CGT de l’hôtel depuis 2011. Il décrit une situation catastrophique dans l’établissement : « On est en sous-effectif permanent. Certains employés, soit du room service ou dans les cuisines, font des doubles journées sans être payés. Des pâtissiers travaillent seize heures d’affilée, parfois sept ou dix jours d’affilée sans repos. Il y a des collègues en dépression, un autre qui est devenu alcoolique car c’était le seul moyen de tenir avec une telle pression. On est en permanence sous surveillance des caméras, qui sont reliées au bureau du directeur. Tout ça est inadmissible dans un palace qui ramasse autant d’argent. »

Si Hyatt (groupe américain) n’ouvre pas des négociations après cette «grève d’avertissement», les salariés de la Française de services menacent de cesser le travail pendant la «fashion week», la semaine des défiles de mode qui commence le 23 septembre et qui représente un gros enjeu en chiffre d’affaires.