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Grèce : alors que la contestation monte, la troika demande la baisse du salaire minimum (750 euros)
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ecoles et musées fermés, vols annulés, hôpitaux fonctionnant au ralenti, tribunaux également, les fonctionnaires et salariés du secteur public étaient appelés à une grève de 24 heures avant une grève générale public-privé prévue le 19 octobre.
Des manifestations rassemblant initialement près de 10.000 personnes selon la police, ont commencé mercredi à la mi-journée à Athènes. Le mouvement affecte aussi certains trains et le fonctionnement des tribunaux, mais les transports publics urbains fonctionnaient à Athènes.
A la mi-journée, une manifestation réunissant 6.000 personnes a eu lieu à l'initiative du syndicat communiste PAME. Un autre défilé, où la police a décompté 3.000 personnes, se préparait à partir dans le centre d'Athènes à l'appel des autres syndicats.
La police a également décompté des rassemblements de plusieurs centaines d'étudiants opposés à la récente réforme des universités.
Les salariés du secteur public protestent essentiellement contre le projet de mettre 30.000 d'entre eux au chômage technique avec salaire réduit de 40% d'ici à la fin de l'année, avant un probable licenciement au bout d'un an, dans l'objectif de réduire drastiquement les dépenses publiques du pays.
Le gouvernement grec a obtenu des créanciers du pays réunis au sein d'une troïka (Union Européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne) d'appliquer cette mesure en priorité aux salariés les plus près de l'âge de la retraite.
A terme, le gouvernement prévoit que la fonction publique grecque, qui s'élève à quelque 750.000 agents soit réduite de 150.000 d'ici à 2015, par le jeu des non-remplacements des départs en retraite ou par des suppression des contrats courts.
Les mesures dites d'austérité, qui comptent aussi de multiples hausses ou créations de taxes et d'impôts, des abaissements de pensions de retraite et tout un ensemble de réformes structurelles destinées à libéraliser l'économie du pays, doivent durer au moins jusqu'en 2015 pour espérer sauver le pays d'une faillite financière et le maintenir dans la zone euro.
La grève mercredi, à l'appel du syndicat de la fonction publique Adedy est soutenue par le syndicat du privé GSEE qui chapeaute les salariés des entreprises publiques visés par les mesures de restructuration.
"Nous sommes en retard sur trois chantiers de réforme majeurs: la grille unique des salaires de la fonction publique, l'évasion fiscale et les privatisations", a concédé l'ancienne ministre du Travail Louka Katseli.
"Ce qui a donné à nos partenaires européens une excuse pour dire que les réformes n'ont pas été menées cet été", a-t-elle ajouté en faisant référence au report lundi par les ministres des Finances de la zone euro de la décision de déblocage de 8 milliards d'euros de prêts internationaux dont Athènes a un besoin vital pour éviter la faillite.
La Grèce a des réserves suffisantes pour tenir jusqu'à la mi-novembre a assuré mardi son ministre des Finances Evangélos Vénizélos.
Les auditeurs de la troika poursuivaient leur mission mercredi, leur rapport étant attendu par les Européens pour décider de la suite à donner au soutien à Athènes.
Ils ont créé une vive émotion dans le pays en demandant un abaissement des salaires dans le privé et du salaire minimum, après avoir obtenu en 2010 la baisse des rémunérations des fonctionnaires.
La réforme du marché du travail, passant par un abaissement du coût du travail, sorte de dévaluation intérieure, est souhaitée par les créanciers dans l'espoir de relancer l'économie grecque paralysée par deux ans de crise, de récession et d'austérité.
BERLIN, 5 oct 2011 (AFP)
Le ministre grec de l'Economie Michalis Chryssohoïdis estime dans une interview à paraître jeudi en Allemagne que la situation de son pays "est assez désespérée".
"Notre situation est assez désespérée. Car nous réduisons de manière toujours plus drastique le revenu des gens. (...) Les Grecs vivent la situation présente de manière très douloureuse", a-t-il dit à l'hebdomadaire Die Zeit qui a diffusé l'entretien à l'avance.
"Quand verrons-nous la lumière au bout du tunnel? Nous ne pouvons pas le dire", a ajouté M. Chryssohoïdis dans cette interview.
"Le gouvernement (grec) est totalement isolé avec cette politique de réforme. L'opposition assure qu'elle pourrait renégocier nos conditions de crédit. Et la gauche radicale veut quitter l'UE. (...) Nous sommes seuls", affirme-t-il.
Selon le ministre, "notre principal problème est celui de l'insécurité" alimentée par les spéculations incessantes dans le monde entier sur une faillite imminente du pays.
"Une faillite d'un pays de la zone euro serait une catastrophe car elle aurait un effet domino. Ne serait-ce que pour cette raison, nous ne pouvons décider seuls d'un défaut de paiement", a dit M. Chryssohoïdis.
Le ministre allemand de l'Economie Philipp Rösler se rend cette semaine en Grèce, avec pour objectif de développer les investissements allemands dans le pays et de proposer l'aide de l'Allemagne pour la réforme de l'économie grecque.




