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Témoignage sur l’apartheid d’Israël. Un livre de S. Nathan

Sur le livre de Susan Nathan, L’Autre côté d’Israël (Paris, Presses de la Cité, 2006)

Susan Nathan est une psychothérapeute juive d’origine britannique, élevée dans des convictions sionistes, qui, en 1999, a décidé d’aller vivre en Israël et d’acquérir la nationalité israélienne. Elle s’installe d’abord à Tel-Aviv où ses certitudes sur la justesse de la cause sioniste sont peu à peu ébranlées par la découverte des inégalités qui caractérisent la société israélienne. Particulièrement frappée par les injustices de tous ordres dont sont victimes les Arabes israéliens, elle choisit de quitter Tel-Aviv pour Tamra, une localité arabe du Nord d’Israël, où elle est la seule Juive. Accueillie chaleureusement par la population, dont elle partage désormais l’existence, elle retrace dans un ouvrage indigné et précis les innombrables discriminations, officielles et officieuses, qu’ils doivent subir chaque jour. Son récit mêle le témoignage direct et les connaissances plus générales qu’elle a peu à peu acquises sur l’État israélien ; ainsi peut-elle tout à la fois exposer le quotidien des populations et faire référence à la réalité sociale et économique dans son ensemble, dates et chiffres à l’appui. Outre la description des conditions dégradées de logement, d’accès à l’école et à l’emploi, dont on a donné les éléments principaux dans l’article ci-dessus, Susan Nathan relate les incessantes vexations et humiliations imposées aux Arabes israéliens. On n’en donnera ici que quelques exemples, en renvoyant nos lecteurs à cet ouvrage important.

Susan Nathan montre que tout est également fait pour nier la présence des localités arabes et par là même pour en oublier leurs populations. Peu de systèmes informatiques israéliens incluent les villes arabes : on a beau les y chercher, c’est comme si elles n’avaient jamais existé. Nombre de sociétés pratiquant la livraison de produits à domicile (l’exemple donné ici est celui d’Ikea) se refusent à aller livrer dans les zones arabes. Le livre détaille aussi les contrôles interminables aux aéroports : parfois, les citoyens arabes qui attendent leur tour parmi les autres passagers prêts à embarquer sont mis sur le côté, doivent laisser passer tous les autres puis sont fouillés au corps, leurs bagages vidés et inspectés pendant des heures, au point que leur avion part sans eux. Les Juifs israéliens ne subissent en revanche pas de telles mesures. L’auteur mentionne également les points de contrôle illégaux installés par l’autorité audiovisuelle israélienne : ses agents arrêtent des automobilistes arabes pour leur soutirer arbitrairement de l’argent au nom d’une prétendue redevance ; des policiers engagés en dehors de leurs heures de service se permettent alors de confisquer les permis de conduire de ceux qui ne voudraient ou ne pourraient pas payer.

« Pourquoi les associations de défense des droits de l’homme n’ont-elles pas protesté plus tôt ? », s’interroge Susan Nathan sur ce dernier sujet. Un universitaire arabe israélien, le docteur Manna, l’éclaire un peu plus encore par sa réponse sur la réalité de la ségrégation : « Les cas de discrimination sont si nombreux qu’il faut établir des priorités. Il y a des villages sans école, sans eau ni électricité. Faut-il aider ces gens ou les automobilistes à qui on réclame de l’argent dans la rue ? Le système vise à épuiser non seulement la population arabe mais aussi les organisations et les institutions publiques censées la protéger. Elles sont submergées par les cas de discrimination et de harcèlement. » Pour Susan Nathan qui a vécu en Afrique du Sud, la comparaison avec l’État d’apartheid s’impose comme une évidence.

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