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SNCM : les dessous de la bataille autour du futur plan social
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Mais à quoi joue la SNCM ? Au bord de l’asphyxie financière, la direction de la compagnie maritime a estimé, lors d’une réunion de médiation qui s’est tenue mardi 7 octobre à Marseille (Bouches-du-Rhône), que 740 à 880 suppressions de postes sont nécessaires pour remettre à flot l’entreprise, aujourd’hui structurellement déficitaire
Ce chiffre a fait bondir les syndicats : s’il était appliqué, le plan préconisé par la direction reviendrait à mettre à la porte près d’un salarié sur deux puisque la compagnie emploie environ 1 800 personnes en équivalent temps plein.
Mais ce chiffre de suppressions d’emplois n’est, à ce stade, que théorique, d’autant que la compagnie maritime pourrait déposer le bilan fin octobre, comme le souhaitent ses actionnaires. Alors, pourquoi est-il communiqué maintenant ? Sera-t-il vraiment appliqué ? Qui décidera au final ? Décryptage.
En quoi consiste le plan de la direction ?
Selon nos informations, le plan « Poséidon » présenté par Olivier Diehl, le nouveau président du directoire de la compagnie, nommé le 28 mai sous la pression des actionnaires de la SNCM, notamment Transdev (66 % du capital) et l’Etat français (25 %), préconise de supprimer 400 à 500 postes de navigants, 240 à 280 postes de sédentaires, ainsi que 100 CDD réguliers recrutés chaque année lors de la haute saison.
Aujourd’hui, l’effectif de la SNCM est constitué de 1100 navigants, 420 sédentaires et d’un peu plus de 200 CDD (50 sédentaires et 160 navigants), toujours en équivalent temps plein.
Selon la direction de la compagnie, le retour à l’équilibre d’exploitation nécessite également de réduire le périmètre de la SNCM, avec seulement six bateaux conservés sur huit et la suppression des lignes assurant la desserte de la Corsedepuis Nice et Toulon.
Seules les lignes opérant depuis Marseille doivent être conservées, à destination de l’île de beauté ou du Maghreb.
Ce plan va-t-il être mis en œuvre ?
« La présentation de ce plan est un moyen de dire qu’il ne peut pas y avoir un retour à l’équilibre sans un effort social important, explique un proche de la compagnie. Mais cela ne veut pas dire qu’il sera mis en œuvre. »
De fait, si la SNCM dépose son bilan à la fin du mois d’octobre, comme le souhaitent ses actionnaires, ce sera au Tribunal de commerce de Marseille et à d’éventuels repreneurs de décider du nombre de salariés qui seront conservés.
Transdev, lui-même détenu à parité par Veolia et la Caisse des dépôts, dit en effet depuis des mois qu’il n’entend pas rester actionnaire de l’entreprise marseillaise.
Or, si des discussions ont bien été entamées avec certains professionnels, comme le norvégien Siem Industries ou l’américain Baja Ferries, « aucun n’a encore dévoilé véritablement ses intentions », assure un bon connaisseur du dossier.
De plus, d’autres prétendants peuvent encore se manifester et vouloir récupérer tout ou partie de la compagnie marseillaise.
Quel rôle joue Bruxelles ?
Seule certitude : aucun industriel n’acceptera de reprendre la SNCM tant que la question des amendes infligées par Bruxelles ne sera pas réglée. La compagnie doit en effet rembourser 440 millions d’euros d’aides publiques jugées indues, ce qu’elle est dans l’incapacité de faire.
L’Etat français et la compagnie ont déposé plusieurs recours auprès du Tribunal de l’Union européenne mais ils ont été systématiquement rejetés. Déposer le bilan de la compagnie permettrait d’effacer les créances qui pèsent sur la SNCM, assurent Transdev et le gouvernement.
Le hic ? Bruxelles n’acceptera de tirer un trait sur les 440 millions d’euros qu’elle réclame uniquement si elle estime qu’il y a « discontinuité économique » entre l’ancienne SNCM et la nouvelle.
« La Commission ne laissera pas Transdev faire un "vrai-faux" dépôt de bilan uniquement pour échapper aux amendes, explique un interlocuteur au fait dossier. Il faudra que la nouvelle SNCM soit vraiment différente de l’ancienne, en termes d’effectifs, de périmètre, d’activité, etc. »
Selon différentes sources, des discussions ont été entamées entre le gouvernement français et les directions « Concurrence », « Marché intérieur etservices » et « Mobilité et transports » de la Commission, pour savoir où Bruxelles entend placer le curseur.
Celles-ci pourraient aboutir d’ici à la fin du mois d’octobre, même si aucune communication officielle n’est prévue. « Au-delà, cela reviendrait à couler la compagnie car aucun repreneur ne déposera de dossier tant qu’il ne saura pas s’il est dans les limites fixées par Bruxelles », explique un spécialiste du retournement d’entreprises.
Quelle va être l’attitude des syndicats ?
Dès la sortie de la réunion de médiation, qui a duré près de six heures, les syndicats ont fait part de leur désapprobation. « Sous prétexte du contentieux européen, la direction a présenté un schéma d’exploitation avec 800 à 1000 emplois supprimés, et aucune garantie pour le personnel restant », a déclaré à l’AFP Frédéric Alpozzo, représentant CGT des marins, dénonçant un gouvernement « qui se comporte comme un patron voyou ».
« Transdev veut imposer une marche forcée vers le redressement judiciaire, quel qu’en soit le prix et sans donner aucune garantie », a abondé Maurice Perrin, délégué CFE-CGC, auprès de Reuters, ajoutant : « c’est un plan non financé car sans repreneur, mais le coût en serait très important et aggravé par une défaillance totale des actionnaires ».
Mercredi matin, certains s’interrogeaient sur la stratégie adoptée par la direction de la compagnie et par ses actionnaires. « Dévoiler ces chiffres alors qu’ils ne sont que théoriques, c’est prendre le risque de radicaliser une nouvelle fois les syndicats », s’étonne un observateur.
La médiation en cours avait été l’une des conditions posées par les syndicats pour arrêter la grève de dix-sept jours qui avait bloqué à quai les huit navires de la compagnie au début de l’été.
Une nouvelle réunion avec le médiateur, Gilles Bélier, est prévue le 28 octobre. Elle devrait être déterminante pour l’avenir de la SNCM et de ses salariés.




