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La CGT mobilise à reculons sur la Sécurité sociale
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) C'est la quatrième fois que la centrale de Thierry Lepaon appelle aujourd'hui à une journée d'action en 2014.
La CGT va mobiliser aujourd'hui pour la quatrième fois cette année. Et pour la troisième fois toute seule. Le 18 mars, la mobilisation n'avait pas eu lieu à son initiative mais à celle de FO qui avait convié sa soeur ennemie à se joindre à elle. Comme les 6 février et 26 juin, la centrale de Thierry Lepaon fera aujourd'hui cavalier seul pour défendre la Sécurité sociale. La CGT est en rupture avec la recherche systématique d'alliances syndicales prônée sous Louis Viannet et Bernard Thibault. Son leader actuel défend une stratégie de « reconnexion syndicale », mais curieusement la CGT a pris l'habitude ces derniers temps de ne pas consulter en amont les autres centrales avant de lancer un mouvement. C'est ce qui explique que la FSU pas plus que Solidaires n'appellent à se mobiliser au niveau national aujourd'hui. Et que sur le terrain, nombre de leurs structures refusent de s'associer aux appels à la mobilisation.
Comme les précédentes, la quatrième journée de mobilisation de la CGT cette année est en fait le résultat des tensions internes, toujours aussi vives, même si Thierry Lepaon a affirmé il y a quelques jours au Monde.fr que son organisation est sur « une voie qui dépasse la pacification ». Au départ, il y avait l'initiative de deux fédérations cégétistes contre le budget de la Sécurité sociale qui les concerne directement : celle des organismes sociaux et celle de la santé, dont le congrès s'annonce difficile. A l'assemblée générale de rentrée, des organisations comme la région Ile-de-France sont montées au créneau pour exiger comme régulièrement une journée nationale d'action. Un Bernard Thibault aurait sans doute ouvert le débat sur l'opportunité de lancer un mouvement sans avoir au préalable pris contact avec les autres confédérations et sur le risque d'un énième échec, en proposant de construire une autre initiative. Est-ce par choix ou parce qu'il est trop affaibli ? Thierry Lepaon a laissé faire et la décision a été prise de travailler à une initiative début 2015 et de « confédéraliser » l'initiative du 16 octobre sur la Sécurité sociale, mais sans que l'intendance suive vraiment.
« Une forme de résignation »
Résultat : les 142 rassemblements annoncés par la CGT ne feront pas masse. En dehors du coeur de la mobilisation - Sécurité sociale et hôpital - il y a quand même d'autres secteurs qui s'attendent à faire mieux que le 26 juin dernier, particulièrement peu suivi. C'est le cas des transports urbains, où une trentaine de réseaux ont relayé l'appel confédéral contre 9 précédemment. Mais déplore un responsable local, « avant quand on disait "Sécurité sociale", c'est comme si on frottait une allumette, ça prenait tout de suite chez les militants. Là, ce n'est pas le cas ». L'échec de la mobilisation historique contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy a laissé des traces au sein de la CGT. « Il y a chez les salariés mais aussi un certain nombre de militants une forme de résignation qui s'ajoute à la division syndicale », explique un autre cégétiste.
« Le déclic viendra des professions », note un patron de fédération qui s'étonne de la volonté confédérale de recentrer la CGT sur les organisations territoriales. L'abandon de l'écotaxe suite à la menace des patrons routiers ne lui donne pas forcément tort




