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Kobane: les combattants kurdes repoussent péniblement les jihadistes
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les combats se poursuivent dans la ville syrienne de Kobane. Certes, depuis quelques jours, l’avancée des jihadistes du groupe de l’Etat islamique semble avoir été stoppée, mais le conflit risque à présent de s’enliser et de s’installer dans la durée. Les combattants kurdes tentent toujours de repousser l'offensive des partisans de l'Etat islamique sur la ville. Ils ont réussi à reprendre plusieurs quartiers de la ville. RFI a joint un civil qui a fuit la ville et qui est désormais retenu prisonnier avec d'autres civils par l'armée turque.
Perxer Muhammad Ali est Kurde. Il était à Kobane il y a encore 12 jours. Les combattants kurdes lui ont conseillé avec une centaine d’autres civils de quitter la ville à cause des combats. Depuis il est prisonnier dans la ville turque de Suruc. Il a gardé son téléphone et se tient régulièrement au courant des combats à Kobane.
« Vous savez en ce moment les combattants kurdes du PYB sont en train de nettoyer les quartiers sud de la ville, ils ont réussi à les repousser jusqu'à l'est de la ville et autour de la ville,détaille Perxer Muhammad Ali. Les Kurdes sont en train de lancer un assaut sur Kanya Kurdan Street dans les quartiers est. Les Kurdes tentent de repousser les partisans de l'Etat islamique jusqu'au village de Termik au sud. »
Selon lui, ce sont les frappes aériennes américaines qui sont devenues plus précises qui expliquent l'avancée des combattants kurdes. Mais, précise-t-il, les Kurdes manquent toujours cruellement d'armes et de munitions.
Réfugiés en Turquie, le difficile exode de ville en ville
En Turquie, ce sont plus de deux cent mille personnes au total qui ont traversé la frontière pour fuir les combats. Parmi elles, certaines sont originaires non pas de Kobane mais d’autres régions de Syrie – ceux-là avaient fui une première fois les combattants jihadistes, et s’étaient rendus à Kobane en pensant y trouver refuge.
Avec notre envoyé spécial dans le sud-est de la Turquie, Daniel Vallot
Elle refuse de donner son nom, mais accepte de raconter son histoire. Cette jeune femme kurde aux yeux de charbon et aux longs cheveux noirs est originaire de Raqqa, la ville syrienne devenue la capitale des jihadistes de l’Etat islamique.
Il y a plus d’un an, après la disparition de l’un de ses cousins, dont elle n’a plus jamais eu de nouvelles, elle s’est décidée à fuir la ville avec son mari et ses deux enfants. « J’ai vu de mes propres yeux les horreurs dont ils sont capables. J’ai vu les têtes des gens qu’ils ont décapitées, plantées sur des bâtons, en pleine rue, décrit-elle. Bien sûr, nous sommes nées à Raqqa, et nous avons vécu toute notre vie là-bas, mais maintenant nous ne voulons plus jamais y retourner. J’ai vu ce que ces barbares font et je ne veux pas revivre ça. »
Lorsqu’elle arrive à Kobane, avec son mari et ses deux enfants, elle pense avoir trouvé un abri sûr – loin des exactions et des violences du groupe de l’Etat islamique. Elle essaie tant bien que mal de repartir de zéro. Mais le mois dernier le cauchemar reprend, les jihadistes encerclent la ville et elle doit de nouveau prendre la fuite.




