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Une " victoire " pour les salariés du Royal Monceau
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
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Un accord de fin de conflit a été signé jeudi 6 novembre au Royal Monceau Raffles, un palace situé avenue Hoche, dans le 8e arrondissement de Paris. La revendication phare d'une augmentation de salaire de 2 euros de l'heure – obtenue dans deux palaces de la chaîne Hyatt en septembre – n'a pas été acceptée par la direction, ce qui laisse un goût amer aux salariés après trente-cinq jours de grève menée par 70 salariés – femmes de chambre, équipiers, plongeurs… – sur 300 employés (400 en comptant l'encadrement) avec la seule CGT. Mais les avancées arrachées à la direction de cet établissement, propriété du fonds qatari Katara Hospitality, qui dépend du riche émirat du Golfe, ont conduit au vote unanime des grévistes en faveur de l'accord négocié jeudi soir. " C'est une victoire ", considèrent les grévistes et la CGT. La désignation d'un médiateur, le 28 octobre, par le tribunal de grande instance de Paris, a permis de trouver une issue à ce conflit. La grève, lancée le 2 octobre, devait s'arrêter vendredi 7 novembre à 7 heures du matin. Les acquis inscrits dans l'accord s'appliqueront à tout le personnel, à l'exclusion de l'encadrement. Ainsi, la grille salariale est revalorisée pour certaines catégories. Le salaire brut des femmes de chambre, par exemple, passe de 1 854 euros par mois à 1 961 euros ; celui des plongeurs de 1 691 euros à 1 751 euros ; etc. " Selon les métiers, la progression des salaires va de 3,39 % et 5,24 % ", soit une augmentation variant de 30 à 103 euros brut par mois, indique Didier Del Rey, secrétaire général adjoint de l'union syndicale CGT du commerce de Paris. La cotisation à la mutuelle, qui était prise en charge à 50 % par l'employeur va l'être à hauteur de 60 % (la CGT revendiquait 70 %). Pas de diminution des cadences Pour les équipiers, une prime de déménagement des meubles des chambres d'un montant de 150 euros par an sera versée. Femmes de chambre et valets ont, eux, obtenu une prime de 6,50 euros par lit supplémentaire installé dans la chambre – ils en demandaient 10 euros. Quant à la prime d'intéressement, dont une partie était fonction du salaire, elle sera désormais distribuée de manière égalitaire. Au total, selon M. Del Rey, " cela représente en moyenne une hausse de revenu de 120 à 140 euros brut par mois ". A comparer avec les 300 euros brut par mois qu'aurait représenté une augmentation de 2 euros de l'heure. Toutefois, les salariés sont " très contents et soulagés,estime M. Del Rey. On a quand même réussi à sortir du fric de la poche des patrons. C'est un début pour la suite, pour les négociations annuelles obligatoires " sur les salaires pour 2015. En matière de conditions de travail, la direction n'a rien lâché sur la diminution des cadences. En revanche, elle s'engage à remplacer les personnels absents pour congés, maladie ou formation, mais seulement durant la haute saison, de mai à octobre. " C'était une grève dure, exceptionnelle, explique Anaïs Esnault, déléguée du personnel CGT, car nous avions face à nous un patron pour lequel perdre 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires n'était pas un problème ", comptant sur le pourrissement de la grève. Cette situation est " inquiétante parce que le Qatar achète des hôtels à Paris, estime M. Del Rey. Si c'est pour mener la même politique qu'au Royal Monceau… " Katara Hospitality possède dejà, à Paris, le Bouddha Hôtel et le Peninsula. " C'est quand même une belle victoire, se réjouit Mme Esnault. Pour moi, cette grève, ce n'était pas juste une histoire de salaire. Il y avait aussi la corruption de certaines personnes, des chefs de service qui, au lieu de nous redistribuer les pourboires qui nous étaient destinés, se les gardaient. Ce sont des sujets dont on n'osait pas parler. Tout cela est ressorti. Les gens ont vu aussi que le patron, auquel des salariés faisaient confiance, nous a laissé dehors sans bouger pendant un mois. On a ouvert les yeux des employés. Des cadres nous ont soutenus. Aujourd'hui, les gens nous font confiance. J'ai beaucoup d'espoir. " |




