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Mexique: Cardenas, le chef historique de la gauche, quitte le PRD
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) M. Cardenas, chef historique de la gauche, démissionne du PRD et dénonce la dérive mafieuse du parti
80 ans, Cuauhtémoc Cardenas, leader moral de la gauche mexicaine, candidat à trois élections présidentielles (1988, 1994, 2000) et premier maire élu de la capitale (1997) a reçu Le Monde, à Mexico dans l'ancienne demeure de son père, le très respecté président Lazaro Cardenas (1934-1940), qui nationalisa le pétrole et accueillit Léon Trotski et les réfugiés espagnols au Mexique.
L'énorme bâtisse coloniale, devenue une fondation en l'honneur de l'œuvre de ses parents, confère une solennité à l'entretien, le premier accordé à la presse francophone depuis sa démission du Parti de la révolution démocratique (PRD) qu'il a fondé il y a vingt-cinq ans. M. Cardenas accuse la direction du PRD d'avoir soutenu le maire de la ville d'Iguala, instigateur présumé de la disparition de 43 étudiants, le 26 septembre, dans l'Etat de Guerrero (sud-ouest). Une page se tourne pour celui qui était considéré comme le grand patriarche du PRD, principal parti de la gauche, qui traverse depuis les événements d'Iguala la plus grave crise de son histoire.
Dans sa lettre de démission, publiée le 25 novembre, M. Cardenas dit ne pas vouloir prendre " le risque de partager la responsabilité de décisions prises par myopie, opportunisme et autosatisfaction ". Son départ relève d'une décision " irrévocable ", argue ce francophile raffiné : " J'étais en désaccord avec le mode de gouvernance du PRD. L'affaire d'Iguala a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. "
" Répression sanguinaire "
Juste après l'attaque d'une centaine d'élèves enseignants par des policiers municipaux d'Iguala, faisant 6 morts et 43 disparus, la nouvelle direction du parti, qui venait d'être élue, s'est rendue à Iguala pour soutenir son maire, José Luis Abarca, élu du PRD. " Il était pourtant déjà soupçonné d'être l'auteur de cette répression sanguinaire. Cette décision précipitée, aux visées électorales, m'a profondément choqué ", raconte M. Cardenas qui a exigé la démission du comité exécutif. Le refus de Carlos Navarrete, président du PRD, l'a décidé à claquer la porte du parti.
M. Cardenas, qui reste coordinateur des relations internationales de la ville de Mexico, interrompt ainsi une longue trajectoire politique marquée par la création en 1989 du PRD, après être entré en dissidence contre l'autoritarisme du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre), hégémonique durant 71 ans, jusqu'en 2000. Composé d'anciens militants du PRI et des mouvements d'extrême gauche, le PRD a toujours connu des divisions internes. La tendance représentée par M. Cardenas puis par Andres Manuel Lopez Obrador, lui aussi dissident du PRI et candidat malheureux aux présidentielles de 2006 et 2012, prônait l'unité idéologique du parti. Mais le PRD s'est dilué dans une kyrielle de factions, ce qui a favorisé les jeux de pouvoirs. " L'affaire d'Iguala s'ajoute à une autre crise que je dénonce depuis dix ans au sein du PRD, pris en otage par des groupes d'intérêts qu'on appelle tribus. C'est ce mode de gouvernance, où l'intérêt des dirigeants prime sur ceux des militants et du pays, qui a motivé ma démission. "
En 2012, M. Lopez Obrador avait déjà rendu sa carte du PRD pour fonder un nouveau parti, le Mouvement de régénération nationale (Morena), représentant une gauche plus radicale. Sa démission a laissé le champ libre au courant Nueva Izquierda (nouvelle gauche), désormais à la tête du PRD. Cette " tribu " " accapare les prises de décision, le choix des candidatures électorales et l'accès aux ressources financières ", déplore M. Cardenas, qui dénonce aussi des alliances électorales contre nature avec le Parti d'action national (PAN, droite) et avec le vieux PRI, revenu au pouvoir en 2012. Selon lui, " cette stratégie a décrédibilisé le parti auprès des électeurs, entraînant une série de résultats électoraux décevants depuis 2009. La relation du PRD avec le gouvernement actuel, issu du PRI, a aussi divisé les militants ".
En décembre 2012, le PRD a signé le Pacte pour le Mexique, un accord législatif entre les principales formations politiques, pour voter des réformes. Les parlementaires de gauche se sont néanmoins opposés à plusieurs textes jugés néolibéraux, sans succès, faute d'une majorité au Congrès. A commencer par la loi sur l'énergie, votée fin 2013, qui a ouvert le monopole d'Etat sur le pétrole aux investisseurs étrangers. " Une trahison de la souveraineté nationale ", peste M. Cardenas.
Fragmentation de la gauche
La crise du PRD et la fragmentation de la gauche menacent les chances du parti lors des élections de juin 2015, qui renouvelleront la Chambre des députés, neuf postes de gouverneurs et des centaines de maires. Le bilan d'un quart de siècle d'existence du PRD semble mitigé : " D'un côté, notre combat politique a permis l'amélioration de la démocratie électorale, commente l'ancien candidat à la présidence, qui a fait les frais d'une fraude électorale en 1998. Nous avons pu faire évoluer la ville de Mexico, qui reste un bastion de la gauche. Mais cela n'a pas suffi à réduire les inégalités sociales à l'échelle nationale. "
En 2000, l'alternance politique a bénéficié au PAN (droite), qui a gouverné douze ans avant le retour au pouvoir du PRI. " Le PAN et le PRI ont le même projet néolibéral ",soupire M. Cardenas, qui ne se considère plus comme le leader moral du PRD. " Quand je dis quelque chose et que le parti fait autre chose, cela signifie que je n'ai pas le leadership que l'on m'attribue. " M. Cardenas se retire sur une note dramatique : " La lutte pour démocratiser le Mexique sera plus longue que prévu. "
Frédéric Saliba




