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Italie : le racisme ordinaire de la Ligue du Nord
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Fort de ses bons scores, le parti de Matteo Salvini multiplie les dérapages en toute impunité
Roberto Calderoli, vice-président du Sénat, ne sera pas poursuivi. Droite et gauche qui composent la commission des immunités parlementaires se sont refusé à lever la sienne afin d'autoriser la justice à poursuivre ce membre éminent du parti de la Ligue du Nord. En juillet 2013, lors d'un meeting, il avait déclaré : " Quand je vois Cécile Kienge, je ne peux m'empêcher de penser à un orang-outang ". Cécile Kienge, originaire du Congo, était à l'époque ministre de l'intégration d'Enrico Letta (centre gauche) et première femme noire à faire partie d'un gouvernement italien.
Ces pairs ont estimé, jeudi 5 février, que ces propos ne relevaient pas de " l'incitation à la haine raciale puisqu'ils ont été prononcés dans le plein exercice de ses activités de parlementaires ". Cette déclaration avait été qualifiée à l'époque d'" inadmissible " par le chef du gouvernement. Dix-huit mois plus tard, la décision de la commission n'a suscité aucun commentaire. Le Sénat doit encore se prononcer sur la demande d'autorisation des poursuites.
" Respect du paysage "
La force de l'habitude ? Le racisme et l'islamophobie irriguent depuis longtemps la Ligue du Nord. A la fin des années 2000, le député européen Mario Borghezio avait fait déverser de l'urine de porc sur des terrains destinés à la construction de mosquées. Roberto Calderoli avait institué le " jour du cochon ", lors duquel les propriétaires de porcs étaient invités à promener leurs animaux sur les lieux de culte musulmans.
Il n'y a pas eu davantage de réactions lorsque, fin janvier, le conseil régional de Lombardie, dirigé par Roberto Maroni, ancien président de la Ligue du Nord, a voté une disposition compliquant, voire empêchant, la construction de nouvelles mosquées dans la région. Sous couvert de sécurité et de " respect du paysage lombard ", la nouvelle loi – qui fait l'objet d'un recours – permettra aux communes d'organiser un référendum pour autoriser de nouvelles édifications de lieux de culte. " La présence des musulmans en Lombardie n'est pas indispensable ", a déclaré un des conseillers régionaux.
C'est dans ce silence quasi général, cette absence totale de réactions de la part de la gauche comme des institutions, que la Ligue du Nord pèse aujourd'hui 13 ou 14 % des intentions de vote, faisant jeu égal avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. De la même façon, elle continue de jouir de l'étiquette folkloriste et débonnaire de parti sécessionniste, alors que son fonds idéologique l'apparente à un parti d'extrême droite comme le Front national, avec lequel elle a fait alliance au Parlement européen.
Depuis l'accession au sommet du parti de Matteo Salvini, rival générationnel du premier ministre, Matteo Renzi, la Ligue a abandonné tout ce qui faisait sa spécificité (autonomie des régions du Nord, fiscalité différenciée) au profit d'un discours national, audible de Bolzano à Palerme, centré essentiellement sur le refus de l'immigration, de l'islam, de l'euro. Alors qu'elle promouvait le fédéralisme, elle milite pour un Etat fort ; paganiste, elle se positionne désormais en défense d'un catholicisme traditionnel ; autrefois libérale, elle est maintenant contre toute initiative en faveur des couples non mariés, de sexe différent ou pas.
La progression de la Ligue du Nord, qui ne pesait que 5 % des suffrages aux élections de février 2013, est d'autant plus notable qu'elle se déroule dans un contexte de crise de la droite traditionnelle. Silvio Berlusconi fait face à une grave fronde interne au sein de Forza Italia, après avoir échoué à contrer le choix de Matteo Renzi d'imposer Sergio Mattarella à la présidence de la République. Le Nouveau Centre droit, parti créé par son ancien dauphin, Angelino Alfano, ne dépasse pas 4 % des intentions de vote.
Hypnotisés par la résurrection de la Ligue du Nord, en passe devenir le premier parti de la droite, ni l'un ni l'autre ne sont en mesure de présenter une alternative crédible. Quant à la gauche, soucieuse de ne pas s'aliéner les électeurs de cette formation, elle se tait devant ses dérapages de plus en plus en plus fréquents. " La prochaine élection se jouera entre Renzi et moi ", a prévenu Matteo Salvini.
Philippe Ridet




