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Un appel à sortir de l’euro venant d’Espagne

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Brève publiée le 19 mai 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.m-pep.org/Un-appel-a-sortir-de-l-euro-venant-d-Espagne

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 18 mai 2015.

Pour la première fois en Espagne, en avril 2015, un appel de personnalités de différents horizons se prononce pour que l’Espagne sorte de l’euro. Ils viennent d’Attac Espagne, de syndicats, de Podemos, du Parti communiste espagnol, d’Izquierda Unida… Beaucoup d’entre eux seront présents à Athènes du 26 au 28 juin 2015 lors du forum international organisé par un collectif d’organisations européennes dont fait partie le M’PEP. Il s’intitule « Forum international anti-Union européenne de la gauche et des forces populaires, l’eurozone est le problème, en sortir est la solution ».

Premiers signataires : Julio Anguita, Santiago Armesilla, David Becerra, Mireia Biosca, Luis Blanco, Rosa Cañadell, Manuel Colomer, Albert Ecofet, Santiago Fernandez Vecilla, Ramón Franquesa, Héctor Illueca, Pedro Lopez Lopez, Joaquín Miras, Neus Molina, Manuel Monereo, Gustín Moreno, Rosana Montalban, Pedro Montes, Araceli Ortiz, Gumer Pardo, Miguel Riera, Clara Rivas, Juan Rivera, Joan Tafalla, Diosdado Toledano, Rodrigo Vázquez de Prada, Pau Vivas.

LA CRISE CONTINUE, LES DESTRUCTIONS S’AGGRAVENT, LA SOUFFRANCE S’ACCUMULE

Sortir de l’euro

Il y a deux ans, lors des moments les plus difficiles de la crise économique, plusieurs milliers de personnes, d’horizons très différents, ont signé un document intitulé « Pour la récupération de la souveraineté économique, monétaire et citoyenne » et son slogan « Sortir de l’euro ». Ils étaient en accord avec la solution dont notre peuple a besoin. Maintenant, il faut intervenir à nouveau auprès de la société espagnole, de ses forces politiques et sociales pour insister sur la nécessité impérative de reconsidérer les liens de notre pays avec l’Union européenne et les traités qui la régissent. Nous voulons impulser des débats et des actions qui le permettent.

Stop à l’intégration européenne

L’Europe est embourbée dans une impasse sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En tant qu’entité politique, l’Union européenne a cessé d’être une force pertinente et est, chaque jour, de plus en plus subordonnée aux desseins impérialistes des USA. Le démontrent les conflits et les guerres dans les pays arabes impliqués dans la refonte du Moyen-Orient, et également au cœur de l’Europe, avec l’Ukraine convertie en foyer de confrontation représentant de graves dangers de guerre et de nouveaux déchirements au sein du continent.

Le projet irrationnel de l’union monétaire et ses conséquences ont provoqué la crise de l’intégration européenne. Déséquilibres économiques insoutenables entre les pays et une montagne énorme de dette qui piège pays, Etats, système financier, entreprises et familles sont les raisons de cette crise. L’endettement général a généré un maillage serré de relations financières, surchargé de flambées explosives et de canaux extraordinairement fluides dérivés de la déréglementation et de la globalisation financière. Son unique sécurité dépend de la BCE qui, en injectant seule les liquidités, peut stopper les dangers récurrents d’autres crises financières, au risque d’augmenter le volume de la dette que supporte le système.

En fait, la BCE a dû renoncer au retour à son orthodoxie et à ses objectifs institutionnels pour éviter les explosions incontrôlées, comme l’ont été les plans de sauvetage pour certains pays, les mesures et les mécanismes pour fournir des liquidités et la possibilité récente que la dette souveraine puisse être financée par ses prêts avec certes des restrictions et des distinctions selon les pays. La BCE, malgré les facilités avec lesquelles elle agit maintenant ne peut être assimilée en aucune façon à la Réserve fédérale des États-Unis ou à la Banque d’Angleterre, en raison de la contradiction entre l’unité monétaire et la répartition fiscale par pays. L’intégration économique est de plus en plus lointaine en raison des tensions soulevées par la crise et des conflits entre tous les pays, et les divisions manifestes au sein de tous les gouvernements, agissant chacun en fonction de leurs propres intérêts.

La désolation s’étend dans nos sociétés. Certains pays du Sud sont détruits, en faillite financière, déchirés par les inégalités, le bien-être corrodé et d’immenses pans de leur population sont tombées dans l’exclusion et la misère. Rien qui ne soit nouveau et que nous ne connaissions. L’alternative, pour les pays les plus défavorisés de l’union monétaire, est depuis longtemps de retrouver leur souveraineté économique, y compris sur la monnaie.

La Grèce outragée

La Grèce, actuellement dans l’œil du cyclone, est devenue un test qui finira par confirmer cette solution. Le changement que réclame la société grecque à travers les élections du 25 janvier et l’euro ne sont pas compatibles.

L’issue du conflit ouvert aura un impact décisif, politique et économique, dans tous les pays d’Europe, parce qu’il n’y a pas d’autre solution que l’abandon de l’euro par la Grèce. Si le gouvernement Syriza plie devant la Troïka, la déception au sein de la gauche européenne sera profonde, mais surtout la souffrance du peuple grec empirera. Si, au contraire, le nouveau gouvernement parvient à court-circuiter les ultimatums et obtient la prolongation de sa situation de faillite grâce à des crédits et des renflouements, sans changer les conditions essentielles de sa crise, la Grèce aura encore un long chemin à faire, piégée par les exigences des marchés et des institutions financières. Avec le temps, dans un délai assez court, le côté insensé de cette alternative sera évident puisqu’elle ne signifie rien d’autre que de garder le pays enchaîné, l’ensemble de la société en haleine, sans aucune perspective d’alternative et sans aucun espoir.

C’est seulement en affrontant la crise de façon radicale et brutale, en récupérant sa souveraineté monétaire et budgétaire, par la sortie de l’euro et en se libérant de sa dette non remboursable, que le peuple grec pourra commencer à écrire un nouveau chapitre de son histoire.

Tout le débat qui se tient dans la gauche convaincue qu’il n’y a aucune solution à la crise au sein de l’euro, mais qui prétend distinguer entre s‘émanciper de l’euro ou être expulsé de l’union monétaire se révèlera naïf et faux.

Comme il a été dit, l’Europe traverse des moments décisifs. La Grèce peut tellement bouleverser la situation et s’enfoncer dans l’instabilité actuelle que c’est peut-être la crainte de ces conséquences qui peut amener les pays hégémoniques en Europe – en l’occurrence l’Allemagne – à éviter le précédent que constituerait la sortie d’un pays de l’euro. Mais il se peut néanmoins que soit adoptée la thèse opposée : celle qui, en imposant des conditions insupportables veulent pousser la Grèce à sortir de l’euro et de l’UE, et serait un exemple dissuasif qui éviterait pendant quelques temps, la montée des forces politiques qui défendent le recouvrement de la souveraineté économique et politique dans d’autres pays du sud de l’Europe. Dans un cas comme dans l’autre, s’ouvre une période transitoire d’instabilité et de tension.

L’euro, dans sa configuration actuelle, est condamné à disparaître. Et c’est juste, compte tenu de la terrible catastrophe causée en Europe et parce que moralement et intellectuellement, il y a une prise de conscience des citoyens sur l’irrationalité et la perversité de l’unité monétaire. L’inéluctabilité de sa disparition doit être considérée comme certaine.

En accord avec ces points de vue, émergent dans l’ensemble de l’Europe des mouvements et des forces politiques qui font de la rupture avec l’euro le fondement de leur action et de leurs propositions. Il ne s’agit plus de débattre sur l’intérêt ou l’opportunité de l’union monétaire, même si elle est considérée comme un chaînon de d’intégration sociale et politique de l’Europe. Ce débat est maintenant clos pour de nombreux Européens. Maintenant, on discute pour savoir si la disparition de l’euro peut être un processus contrôlé et consenti qui évite des dommages impondérables ou si les pays finiront par opter pour une sortie unilatérale et de rupture avec la zone euro. Les avantages indiscutables de la première formule ne garantissent en aucune façon un processus raisonnable et équilibré comme il serait souhaitable.

Tout indique que ce sera agité, destructeur, car il y a de nombreux intérêts qui s’affrontent. Essayer que dominent d’autres valeurs et critères, dans le cadre du capitalisme, est un acte de foi sans aucun fondement

La crise continue

En ce qui concerne notre pays, les raisons décrites dans le Manifeste de 2013 pour réclamer la récupération de la souveraineté économique et la sortie de l’euro sont encore pertinentes, malgré la confusion existante, résolument entretenue par le gouvernement, qui s’emploie à démonter de manière démagogique et sournoise que la crise économique est une affaire du passé.

Les changements minimes de l’évolution de l’économie espagnole dont il se glorifie ne permettent pas d’affirmer que la crise est surmontée. La crise, c’est précisément la situation économique et sociale dramatique. Les dommages qui ont été causés depuis 2008 jusqu’à aujourd’hui dans l’économie, à commencer par le chômage et la précarité dans les rapports de travail, dans l’Etat-providence, les inégalités, etc., sont si nombreux que, du point de vue du bien-être général du pays, la crise ne pourra pas être considérée comme surmontée avant de nombreuses années. Et ce ne sera pas en raison de la croissance modeste du PIB, favorisée par quelques événements - BCE, pétrole, tourisme, dépréciation de l’euro - et en l’absence de plans ou critères permettant d’éviter les erreurs du passé. Parler de nouveau modèle économique a toujours été une plaisanterie de mauvais goût : ce qui est urgent pour le gouvernement, c’est de parler de croissance, et, alors que la supposée reprise est lente et contradictoire, il doit chaque fois s’enfoncer plus dans le mensonge pour soutenir son message, fondement de ses campagnes électorales.

Nous n’acceptons pas l’argument opportuniste qui stipule que la crise a tourné le coin de la rue. La crise sociale et économique est bien installée et bien ancrée. Combinée avec les événements politiques qui viennent d’arriver, elle a conduit le pays à une situation exceptionnelle. Il ne s’agit pas pour autant de jeter en pâture les statistiques économiques, par ailleurs si faciles à manipuler, mais d’évaluer la situation objective du pays dans le contexte européen.

Comme analyse généralement admise, on reconnait que la crise financière internationale, à l’origine de la crise économique, est due au surendettement financier dans tous les domaines et à tous les niveaux, et s’est déchaînée avec la faillite de la banque nord-américaine Lehman Brothers en septembre 2008. La méfiance générale sur les marchés financiers étant installée et les canaux de financement étant obstrués, la profondeur de la crise dans chaque pays a été en rapport avec sa situation d’endettement et ses les possibilités de l’affronter, les pays de la zone euro ne disposant pas d’une Banque centrale susceptible de jouer le rôle de la Réserve fédérale aux Etats-Unis.

L’économie espagnole a été l’une des plus endettées du monde, en raison des déséquilibres aigus de la balance des paiements courants depuis la mise en place de l’euro et de sa participation enthousiaste à l’euphorie financière qui a précédé la crise. Par conséquent, elle était encline à souffrir d’un grand choc économique, comme cela s’est produit, sans que les données de fond aient disparu.

La dette dévorante

À la fin de 2007, les passifs financiers bruts de l’économie espagnole tous secteurs confondus, ventilés entre les administrations publiques, le système financier, les entreprises et les ménages s’élevaient au moins à 9,7 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 2,2 autres milliards, chiffre que l’ensemble des secteurs internes, les agents économiques du pays, annoncent comme étant un passif vis-à-vis de l’extérieur. La totalité des passifs, par conséquent, étaient de 11,9 milliards d’euros, soit 11,3 fois le PIB de cette même année.

Les chiffres à la fin de 2013, avec toutes les modifications économiques et convulsions financières enregistrées depuis, sont les suivants : passifs des secteurs internes 10,1 milliards d’euros, plus 2,3 milliards de passifs extérieurs, soit un total de 12,4 milliards d’euros, ce qui représente 12,2 fois le PIB en 2013 (inférieur de 3,4% par rapport 2007).

Par conséquent, au titre de la dette, la situation de l’économie espagnole s’est aggravée durant les dernières années, ce qui signifie qu’elle est potentiellement plus exposée que par le passé à davantage d’agitations financières de tous ordres.

Les facilités accordées par la BCE, avec leurs répercussions sur les taux d’intérêts, y compris la prime dite de risque, peuvent faire croire que le climat économique et financier est dégagé, mais l’instabilité financière internationale et européenne est présente et peu de temps s’écoulera avant que n’apparaissent inexorablement des périodes d’inquiétude et de désorganisation.

Si nous nous référons à un aspect particulier et vital de la situation financière du pays, il est nécessaire de rappeler qu’à la fin de 2007 la dette publique de l’État s’élevait à 36% du PIB. Toutefois, à la fin de 2014 elle représentait déjà 100% du PIB. Toute la politique brutale d’ajustement et les coupes faites pour assainir les comptes publics se sont traduites par une augmentation vertigineuse de la dette publique et par un déficit incontrôlable des administrations publiques, qui, pour 2015, est estimé approximativement à 4,5% du PIB, ce qui génèrera, par conséquent, une nouvelle augmentation de la dette publique.

Les passifs extérieurs et la dette publique, deux données fondamentales pour juger de la santé d’une économie, constituent un obstacle très important, qui empêche d’admettre que l’économie est assainie et capable de décoller. Passée la période électorale, si propice aux promesses, aux déformations et aux mensonges, apparaîtront de nouveau les fantômes de la crise, si tout n’est pas accéléré par la Grèce.

Le gouvernement dissimule et dédaigne ces données essentielles dans un souci de leurrer l’opinion publique, non seulement pour faire croire que la crise est passée, mais aussi pour que sa politique de sacrifices et de dégradation du bien-être soit considérée comme la meilleure et la seule possible. De là à conclure qu’il est nécessaire de poursuivre l’austérité il n’y a qu’un pas, avec le paradoxe suivant : tandis que les résultats de l’économie espagnole sont mis en évidence, le gouvernement durcit les coupes, comme c’est le cas pour les chômeurs sans aucune protection.

Cécité collective

Le Manifeste « Pour la récupération de la souveraineté économique, monétaire et citoyenne » avait raison quand il a soutenu que notre pays étais à un carrefour : soit se laisser entraîner sur le chemin de l’austérité à outrance, comme l’exigeaient les institutions et les marchés financiers internationaux, ce qui aggraverait la crise économique et sociale, soit prendre la voie du recouvrement de la souveraineté économique et monétaire pour construire un avenir qui évite la catastrophe dans laquelle est plongée la société espagnole. Un chemin non exempt de complexité.

Les conditions politiques du pays justifient cette proposition à un moment où les mobilisations populaires contre de nombreux abus ainsi que les espoirs électoraux mettent à l’ordre du jour la nécessité impérieuse de résoudre les problèmes économiques des citoyens : des millions piégés dans la misère, et beaucoup d’autres écrasés et terrassés par le mépris et la dureté de la politique néolibérale.

La tragédie pour le pays, c’est que ceci étant tellement nécessaire, il n’y a pas de forces politiques qui comprennent qu’esquiver ce dilemme est une grave erreur et un suicide politique. Laissons le PSOE à la ligne choisie par ses dirigeants, son engagement aveugle pour l’euro, sa soumission à la Troïka, y compris la réforme en 2011 de l’article 135 de la Constitution « suggérée » par la BCE.

AMAGA fait des tentatives d’opposition à fleuret moucheté mais accompagne sans faille le PP et en partage ses objectifs essentiels. Avec les dirigeants du PSOE on ne peut pas s’attendre à quelque chose qui permette de se libérer de l’étau de la monnaie unique.

Les forces de gauche du PSOE, des plus anciennes aux plus récentes, s’insurgent de plus en plus vigoureusement contre la politique néolibérale et collaborent même à la mobilisation contre ses abus et outrages. Malheureusement ils leurrent la population, suscitent des attentes irréalisables et nous préparent à une déception si profonde et si frustrante qu’elle peut engendrer des changements très contre-productifs dans la conscience des gens opprimés et humiliés. Ils soutiennent qu’il s’agit de volonté politique et se permettent de parler d’une autre politique économique et sociale, d’un autre modèle productif même, mais sans la rigueur minimale exigée. Dans l’état de faillite financière du pays, dans le cadre de l’union monétaire, il n’y a pas d’autre politique que celle qu’impulse la Troïka, dont on connaît les conséquences.

C’est cette vérité qu’il convient de transmettre au peuple et de confronter avec l’imbroglio dans lequel est installée la société espagnole. Le terrain perdu depuis tant d’années est tellement irrécupérable que même si la dette qui dévore le pays disparaissait miraculeusement, il serait impossible de rétablir la situation et de créer une économie suffisamment forte et compétitive pour survivre dans la zone euro. La légère croissance du PIB au cours des derniers trimestres s’est déjà traduite par une aggravation significative du déficit de la balance des paiements courants

Souveraineté et démocratie

Nous nous adressons à l’ensemble des forces qui s’engagent pour le changement et à tous les citoyens qui souffrent violemment de la crise économique. La seule sortie valable est le recouvrement de la souveraineté économique. Nous avons besoin de notre propre monnaie pour une meilleure compétitivité et de notre propre Banque centrale pour mieux diriger la politique fiscale. Toute tentative d’appliquer les enseignements du keynésianisme exige d’oublier provisoirement les problèmes du déficit public jusqu’à relancer la demande des ressources productives, générer des revenus et stimuler la recette fiscale, tout en combattant sérieusement la fraude fiscale. Plus de néolibéralisme aggraverait la catastrophe sociale du pays. Il convient de rappeler que la négociation de l’accord connu sous le nom de TTIP entre l’UE et les États-Unis continue impunément et en secret. Un traité qui détruit la capacité de régulation des Etats sur des aspects essentiels des conditions de vie de toute la population - travail, sanitaires, écologiques, culturelles - et réduit la souveraineté de ces derniers au point de les assimiler avec les multinationales en termes de pouvoir de négociation. La sortie de l’euro éviterait d’avoir à partager cet accord qui se négocie traîtreusement dans le dos des peuples.

L’énergie ne manque pas à la droite politique et aux pouvoirs économiques pour poursuivre leurs objectifs : implanter un monde sans droit et une démocratie fictive qui nous conduit à la barbarie.

La défense et la construction de la démocratie politique est inséparable de la souveraineté populaire sur l’économie. Le nécessaire Processus Constituant garantissant les droits politiques et sociaux de la citoyenneté, ne pourra être considéré comme un succès qu’en se réappropriant les instruments économiques qui rendent effective cette souveraineté.

Les valeurs en jeu sont tellement nombreuses et les conceptions de ce qu’est une société civilisée tellement différentes, que toutes les forces qui estiment inévitable l’ouverture d’un Processus Constituant et toutes les victimes du désordre actuel devraient s’unir et exiger une convergence pour proposer une solution pour sortir de la désolation actuelle et du manque d’espoir où nous a installé le capitalisme dans cette phase destructrice de son histoire.

Les revendications, les propositions, les objectifs sont dans tous les esprits et, sans relâche, il faut continuer à les soutenir et combattre pour eux. C’est seulement ainsi que nous avancerons collectivement et que nous montrerons aux dirigeants politiques de tous les partis, syndicats, mouvements, etc. que le recouvrement de la souveraineté populaire est nécessaire et inévitable.

Notre but ultime est de libérer les peuples du joug imposé par les oligarchies dominantes dans l’UE et pouvoir ainsi, hors du piège de l’euro, construire une alternative économique, sociale et politique qui nous éloigne de la barbarie. À cet effet, nous vous invitons à organiser dans l’État espagnol en 2015 une « Rencontre », à laquelle devront participer les voix autorisées d’autres pays qui défendent les mêmes objectifs et pour la préparation de laquelle on constituera un Groupe Promoteur.

Face à l’échec et aux désastres causés par l’actuel projet néolibéral européen, les peuples dominés de l’UE doivent trouver d’autres solutions basées sur le recouvrement de la souveraineté populaire, la solidarité, la coopération et la fraternité.

Avril 2015

(Traduction Joël Perichaud, M’PEP)

Premiers signataires

Julio Anguita 
Santiago Armesilla 
David Becerra 
Mireia Biosca 
Luis Blanco 
Rosa Cañadell 
Manuel Colomer 
Albert Ecofet 
Santiago Fernandez Vecilla 
Ramón Franquesa 
Héctor Illueca 
Pedro Lopez Lopez 
Joaquín Miras 
Neus Molina 
Manuel Monereo 
Gustín Moreno 
Rosana Montalban 
Pedro Montes
Araceli Ortiz
Gumer Pardo
Miguel Riera
Clara Rivas
Juan Rivera
Joan Tafalla
Diosdado Toledano
Rodrigo Vázquez de Prada
Pau Vivas