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    La Grèce en panne de recettes fiscales

    Grèce international

    Brève publiée le 26 mai 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Le Monde) Le pays laisse planer le doute sur sa capacité à rembourser le FMI

    Dépenser moins mais aussi gagner moins. Les chiffres du budget de l'Etat grec pour les quatre premiers mois de l'année (janvier-avril), annoncés lundi 26  mai par le ministère des finances, sont le signe sans équivoque d'une économie qui tourne au ralenti, malgré un solde primaire (solde avant remboursement des intérêts de la dette) positif.

    Les comptes de l'Etat grec sont excédentaires de 2,103  milliards d'euros. Il y a un an, sur la même période, l'excédent primaire se chiffrait à 1,046  milliard d'euros. Il s'agit a priori d'un bon chiffre, susceptible de rassurer les créanciers du pays (Fonds monétaire international - FMI - , Commission et Banque centrale européennes - BCE - ).

    Mais en réalité, cet excédent – loin d'être le fruit d'une hausse des recettes fiscales – est d'abord la conséquence d'une compression des dépenses publiques due principalement au gel du paiement de nombreux fournisseurs des services publics. Depuis deux mois, en effet, le gouvernement mobilise ses revenus presque exclusivement pour payer d'un côté les retraites et les salaires et de l'autre les remboursements à ses créanciers, principalement au FMI.

    Pour ces quatre premiers mois de l'année, les dépenses s'élèvent ainsi à 16,324  milliards d'euros. Soit 2,037  milliards de moins que l'objectif initialement fixé à 18,361  milliards d'euros.

    Dans le même temps, l'Etat accuse aussi une baisse des recettes fiscales. Au total, 12,221  milliards d'euros ont été collectés sur la période, soit 884  millions de moins qu'espérés. Selon le ministère des finances, les impôts directs ont souffert d'une baisse de 11,4  % et s'élèvent à 4,869  milliards d'euros, alors que les impôts indirects ont diminué de 3,4  % par rapport aux recettes attendues.

    La TVA a particulièrement du mal à rentrer ainsi que les impôts sur les revenus des particuliers et des entreprises. Même si des problèmes réels de fraude existent en Grèce, cette baisse est avant tout due à la contraction de l'économie. Effondrement de la consommation interne, gel des investissements lié au manque de liquidités bancaires… Les entreprises grecques sont de nouveau en pleine déprime et n'ont rapporté que 37  millions d'euros à l'Etat depuis le début de l'année au lieu de 181  millions estimés.

    La crise des liquidités se creuse

    " Comment créer des recettes fiscales lorsque l'économie réelle ne crée plus de richesse et que 5 340 commerces ont déjà mis la clé sous la porte depuis janvier ? ", s'interroge Vassilis Korkidis, président de la Confédération nationale du commerce grec. Par ailleurs, " de plus en plus de particuliers sont dans l'incapacité de régler à la fois leurs impôts sur le revenu et l'Enfia mis en place l'an dernier ", affirme un responsable d'un service fiscal d'un quartier pourtant résidentiel d'Athènes. L'Enfia, cette taxe sur la propriété instaurée par le précédent gouvernement, est toutefois le seul impôt direct qui a rapporté plus que prévu à l'Etat : 884  millions d'euros depuis janvier au lieu des 782 attendus.

    Cette chute des recettes fiscales, alors que la Grèce n'a toujours pas accès aux marchés et qu'aucun prêt ne lui a été versé par ses créanciers depuis août  2014, creuse chaque jour un peu plus la crise de liquidités de ces derniers mois. Ce week-end, le ministre de l'intérieur, Nikos Voutsis, a clairement prévenu que le pays ne disposait pas du 1,6  milliard d'euros qu'il doit rembourser au cours du mois de juin au FMI avec une première échéance de 302,5  millions le 5  juin.

    Lundi 25  mai, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, a nuancé ces propos : " Nous paierons ce que nous devons dans la mesure où nous sommes capables de payer. "Athènes espère toujours un accord d'ici à la fin du mois qui permettrait le déblocage juste à temps des 7,2  milliards d'euros de prêts encore disponibles dans le cadre du plan d'aide encore en cours.

    Mais côté créanciers, c'est toujours la " ligne dure " du FMI qui semble pour l'instant prévaloir. Une proposition de compromis venant de la Commission européenne a bien circulé entre Bruxelles et Athènes il y a une dizaine de jours. Elle proposait pour 2015 un surplus primaire (avant paiement des emprunts) de seulement 0,75  % du PIB du pays, une réforme de la TVA et un report de la réforme des retraites. Mais le FMI a fait savoir à Bruxelles qu'il n'était pas question qu'il avalise l'accord.

    Une fermeté qui agace en Grèce. " Les créanciers insistent sur une austérité plus forte encore pour cette année et au-delà, (…) et notre gouvernement ne peut pas, et ne veut pas, accepter un remède qui a démontré depuis cinq longues années qu'il était pire que le mal ", a déclaré lundi 25  mai Yanis Varoufakis dans une tribune sur le site d'opinions Project Syndicate. Un " Euroworking Group ", une réunion préparatoire aux Eurogroupes, réunissant (au téléphone) les directeurs des Trésors des 19 pays membres de la zone euro, est prévue jeudi 28  mai. L'occasion de faire le point sur le travail du " groupe de Bruxelles " (BCE, Commission, FMI et le gouvernement Tsipras) qui devait s'achever mardi 26  mai. Dans cette instance de négociation, " les discussions progressent, mais très lentement ", jugeait, lundi 25  mai, une source européenne.

    Adéa Guillot, et Cécile Ducourtieux