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Areva : les salariés se mobilisent fortement sur les sites
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) La direction d’Areva a comptabilisé entre 50 et 60 % de grévistes ce mardi sur les grands sites industriels du groupe.
« Est-ce que certains d’entre vous estiment ne pas avoir assez de travail ? Est-ce que certains d’entre vous estiment être trop payés ? » Sur le parvis de la grande tour noire d’Areva à La Défense mardi matin, deux à trois cents salariés ont écouté le coordonateur FO du groupe, José Montes, et ses homologues réunis en intersyndicale CFDT-CGT-FO-CGC-Unsa, s’alarmer du plan d’économies qui doit supprimer jusqu’à 6.000 postes d’ici fin 2017, dont 3.000 à 4.000 en France, et réduire les avantages sociaux des salariés qui resteront.
Dans les nombreux sites industriels du groupe (La Hague, Marcoule, Tricastin...), la mobilisation était encore plus forte : entre 50 et 60 % de grévistes, selon le décompte de la direction. FO a, elle, évoqué un chiffre bien supérieur.
2.300 à 2.700 départs escomptés à fin 2016 par le groupe
Les syndicats sont entrés dans le dur des discussions avec leur direction. Le périmètre sur lequel s’appliqueront les suppressions de postes en France sera plus restreint que les 28.500 salariés recensés à fin 2014: selon un document interne que « Les Echos » se sont procurés, les réductions d’effectifs porteront en réalité sur 22.149 postes, soit une fourchette de suppressions de postes en France de 13,5 % à 18 %. Certaines activités ont en effet été sorties du périmètre du plan, comme Areva TA (l’activité des réacteurs nucléaires de propulsion navale ou de recherche) ou STMI (démantèlement). Le groupe veut aussi que les départs soient concentrés l’an prochain, même si le plan court jusque fin 2017 : il escompte 2.300 à 2.700 départs à fin 2016. A cette date, ce sont les fonctions support qui contribueront le plus au départ, avec 17 à 19 % de départs souhaités. « C’est nous qui allons être les premiers touchés. On craint des mutations forcées », réagissait mardi sur le parvis de la tour Areva un élu CFE-CGC. Dans certains sites, comme dans le Cotentin ou en Bourgogne, les départs en retraite ou pré-retraite pourraient de fait couvrir l’essentiel des postes à supprimer, mais ce ne sera pas le cas sur les sites d’Ile-de-France ni de Tricastin et Marcoule.
Pour préserver les compétences, le groupe a par ailleurs dressé une liste des « principaux métiers potentiellement à exclure » (soudage, calculs mécaniques, analyse de sûreté...) du plan de départs volontaires, au grand dam des syndicats.
Au-delà du plan social en discussion, les syndicats critiquaient mardi la restructuration en cours de la filière. « Tous les projets sur la table aujourd’hui démantèlent Areva. Qu’il y ait des coopérations, notamment dans l’ingénierie, nous y sommes favorables, mais pas en faisant entrer des actionnaires extérieurs. In fine c’est une privatisation rampante des de tout le secteur », a dénoncé mardi Bernard Devert, de la CGT Métallurgie. « Le message est clair: on veut que le groupe soit préservé et pérenne », a plaidé devant les salariés le coordonnateur CFDT d’Areva, Jean-Pierre Bachmann




