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    Grèce: accord entre les créanciers

    Grèce international

    Brève publiée le 3 juin 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Figaro) La Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international ont bouclé un projet d'accord qu'ils soumettront au gouvernement grec, a déclaré mardi un haut responsable de l'Union européenne d'après l'agence de presse Reuters.

    Le projet d'accord, qui prévoit la reprise de l'aide financière accordée à la Grèce en échange de réformes, fait suite à des discussions, lundi soir, entre les présidents des trois institutions, François Hollande et Angela Merkel.

    Il n'était pas clair dans l'immédiat si le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui a annoncé mardi avoir soumis à ses bailleurs de fonds un projet de réformes "global" et "réaliste", allait accepter le projet d'accord mis au point par les créanciers.

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    (La Tribune) Selon le Wall Street Journal, les créanciers de la Grèce se sont mis d'accord sur un plan à soumettre à Athènes. Si ce plan confirme une position dure, ce sera la dernière tentative de faire céder Alexis Tsipras.

    Les créanciers de la Grèce auraient trouvé une position commune pour présenter un plan au gouvernement grec. C'est du moins ce qu'avance le Wall Street Journal, citant « deux personnes proches du dossier » Selon le quotidien financier, le FMI aurait accepté « d'assouplir son insistance » sur une restructuration de la dette. L'offre des créanciers devrait être « transmise au gouvernement bientôt », ajoute le WSJ.

    Quel plan et pourquoi faire ?

    Que contiendra ce plan des créanciers ? Le WSJ n'en dit rien, mais il indique que « Alexis Tsipras doit s'attendre à faire face à des demandes de réformes dures du système de retraites, du droit du travail et d'autres domaines. » Les créanciers pourraient aussi insister sur « des mesures budgétaires douloureuses pour assurer que le pays dégage un excédent primaire de son budget. » Si le WSJ dit vrai, ce plan risque d'être inacceptable pour le gouvernement grec. Ce ne serait que la mise sur le papier des exigences non écrites des créanciers depuis le début du mois de mars. Cette avancée n'en serait donc pas une.

    Il faudra donc observer ce que les créanciers feront de ce plan. Poseront-ils un ultimatum aux Grecs en fixant une date pour une acceptation in extenso de ce plan ? Ce plan sera-t-il négociable ou sera-t-il « à prendre ou à laisser » ? Qu'adviendra-t-il du plan grec de 46 pages soumis lundi 1er juin au soir par Alexis Tsipras et que ce dernier a jugé « raisonnable » ? Le WSJ ne répond à ces questions. Il semble qu'aucun ultimatum ne sera déposé formellement. Mais, affirme le quotidien, beaucoup de créanciers estiment que les Grecs n'auront pas de « marge de manœuvre » et devront donc accepter ou refuser l'offre.

    Baroud d'honneur des créanciers

    Les créanciers abattent donc leur dernière carte : en menaçant de ne plus discuter, ils espèrent faire céder la Grèce qui, effrayée par la perspective du défaut, accepterait ce qu'elle a jusqu'ici refusé. Les buts des créanciers restent bien les mêmes : proposer des réformes difficiles qui provoquerait une rupture au sein de Syriza et obligerait Alexis Tsipras à s'allier avec des partis « centristes », comme To Potami, le Pasok, voire une partie de Nouvelle Démocratie. Bref, ce n'est rien d'autres que la confirmation de la stratégie engagée le 20 février. Il s'agit de répondre à l'offensive grecque lancée avec letexte d'Alexis Tsipras dans le Monde lundi 1er juin et les déclarations du ministre du travail Panos Skourletis sur Skaï TV ce mardi selon lesquelles il n'y aura pas de paiement au FMI le 5 juin s'il n'y a pas d'accord. Bref, ce mouvement est tactique. Il vise à empêcher une dernière fois toute réelle négociation, comme le prouve cette présence parallèle de deux plans...

    Pari risqué

    Mais c'est un pari risqué. Les médias occidentaux pensent sans doute un peu vite qu'Alexis Tsipras est "otage" de sa gauche. Mais il est aussi celui qui a réussi à faire l'unité de Syriza et il a déjà fait accepter beaucoup de concessions à son parti. Sa stratégie a été validée récemment au sein du comité central du parti à une courte majorité. Une scission de Syriza signerait sans doute sa mort politique, le parti étant une "force nouvelle" de la politique grecque. Il n'est donc absolument pas acquis qu'Alexis Tsipras soit prêt à accepter une rupture au sein de Syriza. Il n'est pas certain qu'il soit prêt à gouverner avec le centre.

    Le défaut se dessine

    Le gouvernement grec pourrait donc bien agir comme il a promis de le faire : ne plus accepter de concessions au-delà des « lignes rouges » qu'il s'est imposé : pas de baisses des pensions, pas de remises en cause des accords collectifs et un objectif d'excédent primaire inférieur à 1 % du PIB cette année. Dans ce cas, Athènes pourrait ne pas payer le FMI le 5 juin, ou le 12 juin. S'ouvrirait alors une « période de grâce » de deux semaines qui pourrait constituer la dernière étape de la négociation. Et dans ce cas, les créanciers se retrouveront face à un choix redoutable : maintenir la ligne dure au risque de la rupture qui pourrait prendre la forme d'une élection rapide destinée à valider la stratégie du gouvernement.

    Les créanciers face à leurs responsabilités

    Le FMI risquerait alors de perdre sa mise en Grèce, ce qui fera sans doute hurler les représentants du pays émergents. Les Européens seront, eux, mis en présence de l'option de se retrouver face à un Grexit et à ses conséquences, surtout politique. Or, de ce point de vue, les choses changent. Le vice-chancelier allemand et président de la SPD sociale-démocrate, Sigmar Gabriel a, ce mardi, mis en garde contre les « conséquences politiques gigantesques » d'une faillite grecque. Angela Merkel devra assumer les conséquences de la rupture en Europe et en Allemagne. Est-elle prête à le faire ? Rien n'est moins sûr.

    Autrement dit, ce plan peut être le dernier « bluff » des créanciers. Mais rien ne dit qu'Alexis Tsipras accepte d'entrer dans le jeu et accepte ce qui ressemble bel et bien à un ultimatum.

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    (Le Monde) Les représentants des créanciers de la Grèce (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) ont abouti, dans la soirée du mardi 2 juin, à un « draft » d’accord qu’ils soumettront au gouvernement grec d’Alexis Tsipras.

    « L’idée, c’est d’envoyer les propositions (...), puis d’enchaîner, peut-être, avec une conférence téléphonique avec Athènes », indiquait plus tôt une source européenne proche des négociations. Le « draft » porte sur une liste de réformes que la Grèce est censée mettre sur les rails pour pouvoir obtenir le déblocage des prêts encore disponibles (environ 7,2 milliards d’euros) dans le cadre du deuxième plan d’aide qui a été accordé au pays en 2012.

    « Il ne s’agit pas d’un ultimatum à Athènes – nous discutons depuis des semaines de ces réformes avec Tsipras – mais de mettre les choses en forme », explique une source proche des négociations. Il n'était pas clair dans l'immédiat si le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui a annoncé mardi avoir soumis à ses bailleurs de fonds un projet de réformes « global » et « réaliste », allait accepter le projet d'accord mis au point par les créanciers.

    Le premier ministre grec a prévu d’aller rencontrer, mercredi soir, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Il devrait avoir la réponse grecque dans ses bagages.

    Lors d'une visite, mardi, au ministère grec de l'éducation, M. Tsipras a déclaré que « la Grèce a présenté des propositions ». « Nous avons fait des concessions, ce qui est normal dans une négociation , mais nous avons présenté un plan réaliste pour sortir le pays de la crise », a-t-il précisé, ajoutant que « le dilemme est aujourd'hui entre une option de sortie de crise réaliste, ou une division de l'Europe ». Pour lui c'est désormais « aux dirigeants européens  » de trancher.

    Réunion mercredi

    Un « Euroworking group », une réunion (technique) préparatoire à un Eurogroupe (politique), réunissant au téléphone les directeurs des Trésors des 19 pays de l’Eurozone, doit se tenir mercredi 3 juin. Ce rendez-vous avait été programmé dès fin mai.

    S’il aplanit suffisamment de différends, il pourrait ouvrir la voie à la convocation d’un Eurogroupe exceptionnel sur la Grèce, d’ici à la fin de cette semaine, ou au tout début de la semaine prochaine.

    Car ce n’est qu’un feu vert des 19 ministres des finances de la zone euro – y compris le Grec Yanis Varoufakis – qui peut avaliser définitivement un accord entre Athènes et ses créanciers.

    « Des progrès sont enregistrés, mais c’est vraiment insuffisant », a toutefois déclaré, mardi, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, dans un entretien à la télévision néerlandaise privée RTL 7.

    Lundi soir, une réunion d’urgence s’était tenue à Berlin entre les principaux protagonistes de la crise grecque : Mario Draghi pour la BCE, Christine Lagarde pour le FMI, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande et Jean-Claude Juncker pour la Commission européenne.

    M. Hollande et Mme Merkel veulent absolument sortir vite de l’impasse dans laquelle se trouve la zone euro, alors que la Grèce est au bord du défaut de paiement.

    Après des pourparlers intenses qui ont duré deux heures et demie, les dirigeants européens et le FMI ont voulu donner une impulsion politique décisive. M. Hollande est parti le premier, vers minuit. Les autres participants se sont éclipsés une demi-heure plus tard.

    Il semble que ce soit Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, qui soit restée la dernière dans le bureau de Mme Merkel, dont les lumières se sont éteintes peu avant 1 heure.

    A Athènes, dans le même temps, le premier ministre grec Alexis Tsipras avait convoqué sa garde rapprochée au palais Maximou, sa résidence. En alerte, prêt à recevoir de Berlin un appel ou même un texte de compromis.

    A Paris, on espère trouver un accord avant ou autour du 5 juin. De même que Berlin, qui ne voudrait pas que le sujet grec envahisse « son » sommet du G7, à Elmau à partir du 7 juin. De fait, il y a urgence. Le 5 juin, la Grèce doit rembourser 300 millions d’euros au FMI. D’après plusieurs sources proches des négociations, Athènes peut trouver l’argent.

    Mais la Grèce craint que si elle envoie ce chèque, sans l’assurance d’un accord avec Bruxelles dans la foulée, elle ne puisse pas assurer les remboursements suivants au Fonds (336 millions d’euros le 12 juin, 560 le 16 et 336 le 19 juin).

    Par ailleurs, pour que les prêts restant à verser (les 7,2 milliards) puissent l’être, il faut un accord en Eurogroupe (réunion des 19 ministres des finances de la zone euro), puis une validation par quelques parlements nationaux – dont le Bundestag.

    « La séquence est serrée, il ne faut pas traîner, l’accord politique doit intervenir dans les jours qui viennent », insistait une source proche des discussions, mardi.

    Tout faire pour empêcher un « Grexit »

    Sur la même ligne depuis le début du printemps, la chancelière allemande et le président français veulent préserver la zone euro d’un accident grec (un défaut de paiement) aux conséquences incalculables.

    Tout un tas d’analyses, des petites phrases ont fleuri ces derniers mois, suggérant qu’un « grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro, aurait désormais des conséquences limitées, grâce aux pare-feux mis en place depuis la tempête financière des années 2008-2010 et les deux précédents sauvetages grecs (2010 et 2012) : l’Union bancaire, le Mécanisme européen de stabilité, etc.

    Mais les dirigeants français et allemands, et M. Juncker à la Commission, estiment qu’un Grexit créerait un précédent catastrophique, portant un coup terrible à l’intégrité et à l’irréversibilité de la zone euro. Et les conséquences géopolitiques d’une « mise au ban » de la Grèce seraient redoutables.

    C’est parce que le groupe de Bruxelles n’a pas réussi à surmonter ses différents, le week-end dernier, que la chancelière et le président français ont pris les choses en main politiquement, ces derniers jours.

    De l’autre coté de l’Atlantique, le porte-parole de la maison blanche Josh Earnest a de nouveau appelé, lundi, les différentes parties « à parvenir rapidement à un accord ». Les États-Unis redoutent toujours une déstabilisation mondiale de l’économie en cas de sortie de la Grèce de la zone euro.

    Encore un blocage sur les retraites

    Pour décrocher un accord, des compromis sont encore nécessaires, à Athènes, même si Tsipras, dans une tribune au Monde.fr, dimanche 31 mai, a dit avoir déjà pris sa part. Comme du côté des créanciers.

    Selon nos informations, le FMI bloque toujours sur une réforme des retraites, qu’il voudrait plus radicale. Ces dernières semaines, ses représentants demandaient une nouvelle baisse des pensions versées aux retraités.

    Le gouvernement Tsipras s’est dit prêt à faire des concessions, mais pas sur le niveau des pensions. Un compromis serait cependant en passe d’être trouvé entre le FMI et la Commission, qui plaide, elle, pour une réforme plus étalée dans le temps pour Athènes.

    Le niveau du trou budgétaire pour 2015 fait lui aussi débat. Les créanciers l’estiment à 3 milliards d’euros et souhaiteraient qu’Athènes prévoie 2 milliards d’euros de nouvelles économies. Le gouvernement grec estime avoir concédé suffisamment en proposant de récolter près d’1 milliard d’euros supplémentaires grâce à un changement du régime de la TVA.

    Ne pas créer une exception

    Le FMI est dans une situation délicate. Le fonds ne veut surtout pas donner l’impression de créer une exception avec la Grèce, à laquelle il a déjà prêté beaucoup (32 milliards d’euros depuis 2010). À son « board », beaucoup de grands pays émergents estiment qu’il a déjà été trop arrangeant avec Athènes.

    Pour autant, ni Paris, ni Bruxelles, ni surtout Berlin ne sont prêts à signer un accord avec Athènes sans le FMI. Le fonds a été le premier à se précipiter au chevet de la Grèce, en 2010, quand le pays, déjà, était au bord du gouffre. Ses règles de fonctionnement, son savoir-faire en matière d’aide d’urgence, manquaient à l’époque aux Européens, confrontés pour la première fois à la faillite de l’un des leurs.

    En mai 2010, tant Nicolas Sarkozy, alors président français, que le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble voulaient aider Athènes sans le recours à l’institution de Washington. « C’est la chancelière qui a imposé le FMI et elle avait raison », reconnaît aujourd’hui Wolfgang Schäuble.