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Vers un nouveau krach aux USA ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Boursorama le 11/06/2015
Véronique Riches-Flores s’attend à un nouveau krach immobilier aux Etats-Unis.
Les perspectives économiques américaines sont particulièrement sombres pour Véronique Riches-Flores, qui estime que la conjoncture pourrait fortement se dégrader aux Etats-Unis pour plusieurs raisons, dont la remontée des taux.
Longtemps recherchée par la Fed, la hausse des rémunérations maintenant au rendez-vous pourrait venir ébranler l’ensemble de l’édifice à l’origine du cycle boursier commencé en 2009.
L’insuffisance des rémunérations a souvent été mentionnée comme l’un des facteurs premiers de la fragilité de la croissance de la consommation américaine. L’amélioration qui semble se dessiner devrait donc être une bonne nouvelle, pourquoi est-ce tout le contraire ? La réponse est simple : en l’absence de gains de productivité, l’accélération des salaires se transformera, c’est inévitable, en renchérissement des coûts salariaux unitaires avec, à la clé, deux enchaînement possibles :
– Une accélération de l’inflation, si les entreprises peuvent passer dans leurs prix de vente la hausse de leurs coûts salariaux. Nous assisterions alors à la formation d’une boucle salaires-prix-taux d’intérêt.
– Une baisse des profits des entreprises si, dans le cas inverse, elles ne le peuvent pas ou que trop partiellement récupérer par des hausses de leurs prix celle de leurs coûts.
Après deux trimestres consécutifs de recul de la productivité, l’une ou l’autre de ces mécaniques se mettra forcément à l’œuvre sans tarder. Seul hic, l’histoire ne dit pas laquelle.

La productivité américaine a eu tendance à diminuer ces derniers mois alors que les coûts salariaux augmentent.
Scénario probable : faibles profits et faibles perspectives de croissance
[L’accélération de l’inflation] que pourrait légitimement craindre la Fed compte-tenu du bas niveau présent du taux de chômage, fruit non pas de créations d’emplois pléthoriques mais d’une désertification persistante des jeunes sur le marché de l’emploi, n’est pas forcément la plus probable. La fragilité persistante de la demande et le haut niveau du taux de change du dollar pourraient bien, en effet, limiter la capacité des entreprises à répercuter dans leurs prix de vente la hausse de leurs coûts.
Les conditions présentes donnent donc plus de chances au second scénario, celui d’une absorption de la hausse des coûts du travail par les entreprises. En d’autres termes, les entreprises payeraient leur frilosité passée en matière d’investissement, la faible croissance de la productivité ne leur permettant pas d’absorber la hausse des rémunérations. Le cycle des profits serait alors durablement entamé ainsi que, de facto, dans leur sillage, les perspectives de croissance.
Dangers de la remontée des taux
La Fed serait bien mal inspirée de relever le niveau de ses taux d’intérêt dans un tel cas de figure et l’on pourrait assurément redouter d’une telle orientation, non seulement un retour en récession de l’économie américaine mais vraisemblablement un nouveau krach immobilier dont les prix dans le neuf qui se sont littéralement envolés depuis 2012 sous l’effet du QE sont aujourd’hui 17 % au-dessus de leur pic de 2007.
Si, par le passé, les marchés ont pu absorber les premiers temps des épisodes de resserrement monétaire sans trop de dommages dès lors qu’ils accompagnaient les perspectives d’une montée en puissance du cycle de conjoncture, le cas présent n’est à l’évidence pas comparable. Forcée d’intervenir très tardivement, alors que les gains de productivité particulièrement faibles au cours de ce cycle ont maintenant totalement disparu, une hausse des taux de la Fed risque bien d’avoir des effets comparables à celles habituellement pratiquées en fin de cycle…
L’ensemble n’est guère porteur pour le marché américain dont la dynamique largement été alimentée par une politique monétaire hyper accommodante mais par l’anticipation, qui plus est, d’un cycle de croissance prolongé risquant d’être aujourd’hui court-circuité. Le tournant graduel entamé par les indices américains pourrait dès lors prendre une allure beaucoup plus chahutée entrainant dans leur sillage les places mondiales.

L’indice américain S&P500 n’a cessé de progresser depuis 2011. Bientôt la fin du cycle ?
Véronique Riches-Flores
Véronique Riches-Flores est membre du Cercle des Analystes indépendants et présidente de RichesFlores Research.
Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l’initiative de Valquant, la société d’analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l’analyse indépendante.




