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Grèce : la stratégie du "toujours plus" de l’Eurogroupe
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Malgré de nouvelles concessions faites par le gouvernement grec, aucun accord n'est sorti de l'Eurogroupe de ce lundi 22 juin. La cible des ministres des Finances de la zone euro reste la levée des "lignes rouges."
Les négociations entre la Grèce et ses créanciers ressemblent de plus en plus au paradoxe de la flèche de Zénon d'Elée: plus on se rapproche du but et plus on s'en éloigne. L'Eurogroupe « de la dernière chance » de ce lundi 22 juin devait déboucher sur un accord, il a débouché sur un nouveau report des « discussions » à jeudi 25 juin. Pourtant, encore une fois - et pour la troisième fois en dix jours -, la partie grecque avait fait un gest en faveur des créanciers.
Nouvelles concessions grecques
La dernière proposition grecque ne touchait pas aux retraites complémentaires pour le splus pauvres, mais prévoit leur remplacement par un "minimum garanti" en 2020. Elle concerne 230.000 personnes de plus de 65 ans qui touchent entre 50 et 250 euros par mois. La proposition prévoit de couvrir le maintien des pensions par des hausses de cotisations de 3,9 %, la hausse des contributions santé des retraités, la hausse des contributions des retraites anticipée et la suppression des départs anticipés à la retraites. Les salariés seront donc mis à contribution. Quant aux Par ailleurs, le gouvernement grec a reculé sur plusieurs points: le relèvement de 10 points de la TVA sur l'alimentation. Il a également été décidé de relever l'impôt sur le revenu dès 30.000 euros de revenus annuels et de créer une taxe sur les entreprises de plus de 500.000 euros de chiffres d'affaires de 26 %.
Le gouvernement grec a donc sauvé ses "lignes rouges", même s'il y a des concessions sur les retraites anticipées qui jusqu'ici devaient être "désincitées" et la TVA.
Un accord dans la semaine, mais sur quelles bases ?
Mais, encore une fois, ces concessions ne sont pas suffisantes aux yeux de l'Eurogroupe. Certes, son président, Jeroen Dijsselbloem, a estimé que la dernière proposition grecque était "un pas en avant". On parle pour la première fois d'une proposition "complète" et l'on vise un accord "dans la semaine".
Pour justifier l'incapacité de l'Eurogroupe à trouver un accord dès ce lundi, on explique que les propositions grecques sont arrivées trop tard. L'argument est assez étrange, car la presse mondiale disposait, dès dimanche soir, de ces propositions. Sans doute plus proche de la vérité, le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a indiqué que la proposition grecque était un « pas dans la bonne direction », mais il affirmait qu'il y avait « beaucoup de travail avec les institutions. »
Bref, il faut encore changer quelque chose. Donc, il faut encore plus de concessions grecques. Du reste, Wolfgang Schäuble avait tué tout suspense avant la réunion en affirmant qu'il ne voyait "pas de différences entre les propositions de ce lundi et celles de jeudi dernier"...
La stratégie du « toujours plus » de l'Eurogroupe
On voit donc se dessiner la stratégie de l'Eurogroupe : exiger toujours plus de concessions, pilonner sans cesse les lignes rouges du gouvernement grec pour les abattre. Le but de cette instance n'est pas de trouver un « compromis », c'est de supprimer ces lignes rouges, autrement dit la hausse de la TVA sur l'électricité et l'énergie, et de pratiquer des coupes dans les pensions. Peu importe que la Grèce propose des équivalences, l'Eurogroupe veut profiter du peu de temps qu'il reste jusqu'à la date butoir du 30 juin - date à partir de laquelle le défaut vis-à-vis du FMI deviendra effectif - pour faire céder le plus possible Athènes.
Chaque concession est donc prise comme un aveu de faiblesse d'Athènes et conduit donc à enfonce davantage le clou. C'est la preuve que le but des créanciers n'est pas d'obtenir de simples garanties sur le remboursement de leurs créances, mais d'ouvrir avec l'accord un nouveau front, politique celui-là : mettre en difficulté, par ses concessions, Alexis Tsipras dans son propre camp.
Contrairement à ce que martèle la presse occidentale, ce dernier n'est pas « otage » de son aile gauche, qui a accepté les concessions jusqu'aux lignes rouges, il est bien plutôt otage des créanciers qui le poussent à abandonner ces lignes rouges.
L'intérêt de placer l'Eurogroupe avant le Conseil
Cette stratégie a été rendue possible par un jeu sur le calendrier. Après l'échec de l'Eurogroupe de jeudi dernier, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait convoqué un sommet ce lundi 22 juin. Athènes espérait que ce sommet permettrait de décider d'un accord entre chefs d'Etats et de gouvernements sur des concessions communes. Ces derniers auraient ensuite pu imposer leurs décisions à leurs ministres des Finances. Mais le diable se cache dans les détails. Le calendrier a été inversé. On a continué à donner la priorité à l'Eurogroupe qui a été placé avant le conseil.
Or, l'Eurogroupe est dominé par Wolfgang Schäuble et le très discipliné Jeroen Dijsselbloem qui tente d'arracher actuellement le renouvellement de son mandat. En son sein, aucun accord politique n'est possible puisqu'il ne s'agit que d'un examen en théorie technique des propositions. Or, si l'Eurogroupe a échoué, le conseil qui suit ne peut être qu'inutile, et ne peut que conclure à une attente des négociations au sein de l'Eurogroupe... Du reste, ce report de l'accord est aussi un échec pour les autres pays de la zone euro, en particulier la France. Depuis 24 heures, François Hollande appelait en effet à un accord "maintenant". Encore une fois, il n'a pas été écouté.
Nouveau bluff d'Angela Merkel ?
Reste à savoir si ce nouveau délai est un nouveau coup de bluff de l'Allemagne. Angela Merkel pourrait bien avoir laissé carte blanche à Wolfgang Schäuble afin d'arracher de nouvelles concessions aux Grecs pour disposer d'un accord « mieux vendable » auprès de son camp au Bundestag. Les signes positifs envoyés ce lundi signifient également que la Chancelière n'est pas prête à prendre le risque d'un défaut sur le FMI le 30 juin. Un accord sur la base de la proposition grecque pourrait donc être trouvé cette semaine. Désormais, il sera bien difficile de servir aux opinions publiques occidentales la litanie de "l'intransigeance grecque". Mais le but principal de la manoeuvre allemande pourrait bien être d'enterrer toute proposition sur la restructuration de la dette. Ce serait alors le respect de lignes rouges écornées contre le maintien du joug de l'endettement.
Marges de manœuvre réduites pour Alexis Tsipras
Au reste, la marge de manœuvre d'Alexis Tsipras est désormais réduite. On le voit mal rogner encore sur ses lignes rouges. Ses propositions à l'Eurogroupe sont déjà extrêmement éloignées du programme de Syriza. Certaines d'entre elles ressemblent à s'y méprendre à de l'austérité : la hausse de l'impôt sur le revenu dès 30.000 euros de revenus annuels va frapper la classe moyenne, la hausse de la TVA sur l'alimentation et la restauration sera sans doute aussi fortement ressentie par les ménages. Certes, il peut compter sur l'effet de l'intégration de la Grèce au programme de la BCE d'assouplissement quantitatif en cas d'accord, et sur un redémarrage « de rattrapage » de l'économie après cinq mois de blocage. Mais, s'il ne parvient pas à se présenter devant le parlement en pouvant prétendre avoir sauvegardé ses « lignes rouges », il aura du mal à prétendre avoir rompu avec l'austérité. Il avait prévenu ce week-end qu'il s'agissait de la "dernière offre"grecque.




