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    Actu Grèce du 6 juillet 13h

    Grèce international

    Brève publiée le 6 juillet 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    Résultat définitif du référendum : le NON l’emporte avec 61,3% des suffrages exprimés ; la participation a été de 62,5%

    Varoufakis a été contraint à la démission par Tsipras pour facilier les négociations avec la Troïka et l’obtention d’un accord. Tsipras fait payer à Varoufakis sa déclaration « donneuse de leçon » de hier soir, en décalage par rapport au discours d’« union nationale » de Tsipras

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    Après le non au référendum, quelle monnaie pour la Grèce ?

    http://www.challenges.fr/economie/20150706.CHA7627/apres-le-non-au-referendum-quelle-monnaie-pour-la-grece.html

    (Le Monde) Après le vote en Grèce, l’Allemagne, furieuse, ne veut rien céder

    Entre la Grèce et l’Allemagne, le divorce est prononcé. Alors qu’à Athènes le gouvernement affirme être désormais en position de force pour négocier avec les Européens, les Allemands pensent exactement l’inverse. Pour nombre d’entre eux, il n’y a plus rien à négocier, si ce n’est la sortie de la Grèce de la zone euro. Certes, il faut être prudent. La chancelière Angela Merkel ne devrait s’exprimer sur le sujet que lundi 6 juillet en fin de journée, lors de sa rencontre avec François Hollande à l’Elysée. Il est peu probable que celle-ci fasse le déplacement à Paris pour se prononcer en faveur d’un « Grexit », sachant que le président français y est hostile.

    Néanmoins, il fait peu de doutes qu’Angela Merkel va se montrer très dure à l’égard des Grecs dans les jours et semaines à venir. Les déclarations du vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, ministre de l’économie et président du parti social-démocrate, le prouvent. Selon lui, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a « coupé les derniers ponts » avec l’Europe.« Après le refus des règles du jeu de la zone euro, tel qu’il s’exprime par le vote non, des négociations sur des programmes d’aide chiffrés en milliards paraissent difficilement imaginables », juge même M. Gabriel dans un entretien au quotidien Tagesspiegel.

    En raison du silence de leur chef, la plupart des dirigeants de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) sont restés muets dimanche soir. Julia Klöckner, une proche d’Angela Merkel, juge que « M. Tsipras ne devrait pas croire qu’il peut mettre l’Europe sous pression avec le résultat » du référendum. Encore plus sévère, Andreas Scheuer, secrétaire général de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU), estime que « les maîtres chanteurs de gauche et ceux qui mentent à leur peuple comme Tsipras ne peuvent pas parvenir à leurs fins avec leur sale tour ».

    Peu d’impact sur l’Allemagne

    Alors que les prêts de l’Allemagne à la Grèce se montent déjà à plus de 88 milliards d’euros, les députés vont être plus que jamais réticents à faire de nouvelles concessions. Tout nouveau programme d’aide devrait désormais passer par le Mécanisme européen de stabilité (MES), et celui-ci ne peut accorder de prêts à un pays que s’il y a un « risque systémique ».« Or, je ne vois pas ce risque », avait indiqué le 1er juillet Gunther Krichbaum (CDU), président de la Commission des affaires européennes au Bundestag, jusqu’ici connu pour sa modération.

    Même si la Bundesbank s’inquiète, selon le quotidien Handelsblatt, des conséquences d’un « Grexit » sur son propre bilan, les Allemands sont d’autant moins prêts à faire des concessions qu’ils sont convaincus qu’une sortie de ce pays de la zone euro aurait assez peu d’impact sur l’Allemagne. Dans un sondage publié vendredi 3 juillet par la chaîne ARD, 24 % seulement des Allemands s’inquiètent des conséquences sur l’économie allemande d’une faillite de l’Etat grec. Ils sont à peine plus nombreux, 31 %, à s’inquiéter des conséquences qu’aurait une telle faillite sur la cohésion de l’Union européenne. Pour eux, il est clair que ce sont les Grecs qui seraient les premières victimes d’une telle situation.

    Même les milieux économiques misent désormais sur une sortie de la Grèce de la zone euro. « Un “Grexit” est et reste la pire option pour la Grèce, mais il devient toujours plus vraisemblable », résume l’influent président de l’institut économique d’Allemagne (DIW), Marcel Fratzscher. « Il ne doit pas y avoir de compromis paresseux, la Grèce ne peut pas rester à tout prix dans l’Union », juge Ulrich Grillo, président de la fédération des industries (BDI), le Medef allemand. Tout se passe comme si, avec la victoire du non, le « Grexit », qui était déjà, pour beaucoup, une nécessité économique, était désormais devenu aussi une nécessité politique.

    Angela Merkel, une des grandes perdantes

    Selon le Spiegel, Angela Merkel aurait confié aux dirigeants de la CDU, avant le référendum, qu’Alexis Tsipras « mène son pays droit dans le mur en toute connaissance de cause ». Pour la chancelière, ce non constitue un échec sans précédent. Le vote des Grecs est également un non à une certaine idée allemande de l’Europe. Celle-ci revêt une double caractéristique. Pour Angela Merkel, l’Union doit être compétitive. Sinon, elle disparaîtra. « L’Europe, c’est 7 % de la population mondiale, 25 % de la richesse mondiale et 50 % des dépenses sociales mondiales », a-t-elle longtemps expliqué. Une équation qui n’est viable que si l’Europe préserve ses parts de marché en définissant des objectifs de bonne gestion des deniers publics.

    Certes, Angela Merkel ne veut pas d’une Europe allemande. En revanche, elle n’imagine pas une Europe qui ne suive pas les recettes qui ont permis à son pays d’être actuellement au mieux de sa forme : des réformes sociales et une stricte orthodoxie budgétaire. En élisant un gouvernement réunissant l’extrême gauche et l’extrême droite, les Grecs avaient une première fois dit non à Mme Merkel, qui ne jure que par le centre. En votant non ce dimanche, ils ont à nouveau tourné le dos au compromis et aux réformes préconisées par l’Allemagne.

    Que l’on considère, comme la gauche européenne, qu’Angela Merkel incarne la rigueur ou qu’on la voie, comme les conservateurs, comme une centriste toujours à la recherche du compromis, la chancelière est donc une des grandes perdantes de ce dimanche soir. Elle va avoir d’autant plus de mal à les convaincre qu’elle n’a pas forcément la boîte à outils nécessaire. Depuis cinq ans, des centaines de milliards d’euros ont été prêtés par les Européens et le Fonds monétaire international à la Grèce, les comptes publics ont été redressés, et, malgré cela, le pays subit une crise économique et sociale sans précédent. Un paradoxe qu’Angela Merkel n’a jamais élucidé.

    (Le Monde) Trois scénarios possibles au lendemain du référendum

    Reprise des négociations, divorce à l'amiable ou sortie désordonnée de l'euro : tout est encore envisageable

    Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a réussi son pari : dire non aux conditions trop sévères de l'accord " réformes contre argent frais " négociées depuis des mois avec les créanciers du pays, la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

    Sa victoire sera-t-elle totale ? Un " Grexit ", une sortie du pays de la zone euro, peut-il être évité ? Point sur les scénarios possibles après le oxi massif du peuple grec.

    Première hypothèse : la négociation d'un nouvel accord

    Cette voie paraît compliquée, mais pas impossible. Le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, a assuré que les Européens devaient " recommencer à chercher un accord " pour sortir du " labyrinthe grec ". Paris est sur la même ligne et pourrait disposer du soutien de Donald Tusk, le président du Conseil européen.

    Sur quelle base discuter ? M.  Tsipras, fin juin, était prêt à accepter la liste des réformes négociées (augmentation de la TVA, réforme du système des retraites…), mais exigeait aussi un allégement des conditions de remboursement de l'énorme dette publique (322  milliards d'euros). La question de la dette sera donc au centre des nouvelles négociations. Un effacement pur et simple de la valeur de la créance étant inacceptable vis-à-vis des pays anciennement soumis à un plan d'aide (Espagne, Portugal, Irlande), il reste l'option d'allonger la maturité de la dette, aujourd'hui de seize ans en moyenne, ou de baisser des taux d'intérêt (2,36  % en moyenne).

    Deuxième hypothèse : le départ à l'amiable, le " Grexit "

    Le 29  juin, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avait prévenu les Grecs : " Il faut voter oui (…) parce que les citoyens grecs responsables en Europe, honorables, et à juste titre, fiers d'eux-mêmes et de leur pays, doivent dire oui à l'Europe. " Pour Berlin, Madrid, Bratislava ou Lisbonne, le non est la preuve qu'Athènes n'accepte pas les règles du jeu européen. Athènes réclame l'aide financière de ses créanciers sans accepter les réformes exigées en contrepartie.

    Les dirigeants européens pourraient alors, collectivement, assumer une sortie de la Grèce de la zone euro. Athènes se rangerait à leur avis, estimant que le pays s'en sortirait mieux en quittant la monnaie unique, mais en restant dans l'Union européenne (UE) et en conservant le soutien technique et politique de celle-ci. Hans-Werner Sinn, le patron de l'institut -allemand Ifo, défend une telle -option depuis des mois.

    En théorie, l'économie grecque pourrait, en cas de réintroduction de la drachme, profiter d'une monnaie dévaluée. La compétitivité de ses entreprises serait regonflée, les touristes, dont le pouvoir d'achat serait dopé, afflueraient, tandis que la banque centrale de Grèce injecterait des drachmes dans le système monétaire afin d'éviter sa faillite.

    Pendant cette phase de transition, le contrôle des capitaux serait maintenu tandis que la BCE continuerait de soutenir les banques hellènes. L'UE apporterait l'aide technique nécessaire pour l'impression des pièces et billets et la conversion en euros des contrats financiers, obligations privées et publiques existantes.

    Certains, au Parti populaire européen (PPE, conservateurs), réfléchissent même à la mise en place d'une aide humanitaire d'urgence en Grèce pendant cette période de transition difficile.

    Troisième hypothèse : la sortie désordonnée, le " Grexident "

    De retour à la table des négociations, les dirigeants européens pourraient camper sur leurs positions : pas question de faire un chèque en blanc à Alexis Tsipras. Le montant de l'aide, estimée par le FMI à 50  milliards d'euros sur trois ans, ferait bondir en Allemagne où l'opinion publique rechigne à prêter encore à Athènes, donnant lieu à des débats interminables. Une nouvelle liste de réformes serait sur la table, au moins aussi radicales que celles négociées avant la convocation du référendum et la question de la dette ne serait pas tranchée.

    En attendant, le scénario du " Grexident ", une sortie de la Grèce de la zone euro par accident, pourrait s'imposer. La BCE attendra le 20  juillet, date à laquelle Athènes doit lui rembourser 3,5  milliards d'euros, avant d'agir. Après cette date, face à l'incapacité de la Grèce d'honorer sa dette, l'institut monétaire serait amené à réduire, puis suspendre ses liquidités d'urgence aux banques.

    Cette décision précipiterait la faillite des établissements hellènes. Acculé, l'Etat grec serait tenu de les nationaliser pour endiguer la panique des épargnants. Ruiné, incapable de verser les retraites et les salaires des fonctionnaires, l'Etat n'aurait d'autre choix que d'imprimer des reconnaissances de dette, peu à peu acceptées comme une monnaie parallèle.

    Une monnaie déconsidérée qui aurait tôt fait de s'effondrer face à l'euro. Le prix des produits importés flamberait, le pouvoir d'achat des Grecs s'effondrerait et c'est toute l'économie du pays qui plongerait dans l'abîme.

    Cécile Ducourtieux, et Marie Charrel (à paris)

    (Le Monde) Les banques grecques au bord du gouffre

    Un défaut d'Athènes ferait fondre les fonds propres, constitués de crédits d'impôts différés

    aibli et à court d'argent depuis que les capitaux fuient en masse le pays, le système bancaire grec ne doit sa survie qu'à l'Europe et aux liquidités d'urgence – dénommées "  ELA  " (Emergency Liquidity Assistance) – fournies depuis le mois de février par la Banque centrale européenne (BCE) à la Banque de Grèce.

    De ce strict point de vue, il ne pouvait y avoir pire scénario que le non au plan des créanciers, sorti des urnes dimanche 5  juillet. De fait, ce résultat bascule le pays et la zone euro dans l'inconnu, tout en crédibilisant l'hypothèse d'un "  Grexit  " – une sortie de la Grèce de l'euro. Il va conduire l'autorité monétaire européenne et son conseil des gouverneurs issus des Etats membres de l'union monétaire – dont l'Allemagne et la France – à se poser, dès lundi 6  juillet, la question du maintien de ces liquidités. Donc, en creux, celle de leur suppression à moyen terme… Il s'agit d'un enjeu vital pour la Grèce, qui pèsera sur la suite des événements et sur les négociations sur le plan d'aides et les réformes.

    Si les banques parviennent à rouvrir mardi 7  juillet comme prévu, après une semaine de fermeture liée à l'instauration d'un contrôle des capitaux, malgré la pénurie et le risque de panique bancaire, leur avenir est suspendu à la décision de la BCE de proroger ou non cette perfusion. Ce sont en effet ces aides d'urgence qui maintiennent en vie un secteur bancaire doublement fragilisé par la crise économique et la fuite croissante des dépôts depuis 2010 (près de 100  milliards d'euros seraient partis vers l'étranger, en particulier vers l'Allemagne). Elles permettent aux banques de fonctionner au quotidien, avec des ratios de liquidités conformes aux règles, et d'approvisionner le pays en euros.

    Comme le manque de capitaux, les crises de liquidités sont fatales aux établissements bancaires. Le choc de 2007 et la chute de la banque américaine Lehman Brothers, le 15  septembre 2008, l'ont montré. En Grèce, les ELA ont été mises en place en février, après l'arrivée au pouvoir de Syriza et la remise en cause du programme d'aides dont bénéficiait le pays depuis 2012 et qui l'autorisait à se refinancer à taux bas auprès de la BCE.

    Marges de manœuvre ténues

    Lundi 6  juillet, une réunion du conseil de cette dernière devait se tenir pour réfléchir à  l'avenir et examiner la demande expresse de relèvement du plafond des ELA accordées à Athènes, et formulée dès dimanche soir par la Banque de Grèce, la banque centrale par qui transitent ces liquidités. C'est une demande compliquée à honorer. Le scénario le plus probable est celui d'un maintien des liquidités à leur niveau actuel de 89  milliards d'euros.

    Et demain ? Les marges de manœuvre de la BCE, qui agit selon des règles strictement établies, sont ténues. Ainsi, en vertu des textes, ces prêts d'urgence doivent répondre à trois conditions sine qua non  : que les banques aidées soient solvables, avec un niveau de capitaux propres acceptable  ; que les actifs bancaires apportés en garantie soient de bonne qualité  ; enfin, que les liquidités ne servent pas à financer l'Etat…

    Or, avec le non du 5  juillet, le risque de défaut de la Grèce sur sa dette publique, ou une partie de sa dette, promise à restructuration, se renforce. Comme les banques grecques détiennent une part importante de ces créances, pour un montant susceptible d'entraîner leur faillite dans un tel scénario (30  milliards d'euros, l'essentiel étant détenu par les Etats de la zone euro, la BCE et le Fonds monétaire international), le risque d'insolvabilité du système bancaire croît lui aussi. Ce qui compromet théoriquement l'une des trois conditions nécessaires à l'octroi d'aides d'urgence.

    "  Tout sera fait pour éviter la catastrophe  ", confiait une source proche de Francfort, dimanche, tandis que la population grecque sortait dans les rues pour dire son désir de voir l'étau sur le pays se desserrer. Mais dans le même temps, l'inquiétude montait dans les sphères financières sur son maintien dans l'euro. Dans ces milieux, le oui avait été vivement espéré avant le week-end. Il aurait ouvert la voie à la reprise du dialogue, donc aux réformes, donc au retour de l'aide internationale et au refinancement de l'Etat grec.

    Dans son quitte ou double pour obtenir un meilleur accord politique avec les créanciers, le gouvernement d'Alexis Tsipras a-t-il tenu compte des banques et de leur dépendance à  l'eurosystème  ? L'a-t-il sous-estimé  ?

    Une chose est sûre  : le système bancaire grec, supervisé à la BCE, est le talon d'Achille de la Grèce. Dans un scénario extrême de "  Grexit  ", les analyses divergent sur la capacité d'Athènes à  fonctionner en autarcie, en arrêtant de régler ses dettes pour profiter d'une situation d'excédent budgétaire primaire (solde positif entre recettes et dépenses).

    Mais sur le sort des banques grecques, il y a consensus. Celles-ci semblent difficilement viables. Un défaut grec provoquerait chez elles des pertes sèches et ferait fondre leurs fonds propres, constitués pour partie de crédits d'impôts différés. Ce capital tomberait si l'Etat n'était plus solvable. Pour ce dernier, le coût de la recapitalisation du secteur serait insupportable.

    Anne Michel