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Pourquoi l’AFP est en grève
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Calme plat sur les fils de dépêches, mardi 7 juillet après-midi et mercredi 8 au matin. Une grève de vingt-quatre heures à l’Agence France-Presse prive nombre de journalistes de quotidiens et sites d’information – dont Le Monde – de la précieuse matière première.
A l’origine de ce conflit, la renégociation des accords sociaux en vigueur dans l’entreprise, qui est en cours depuis novembre 2013. Les 2 260 salariés de l’AFP (journalistes, techniciens, cadres…) travaillent dans un cadre complexe : 117 accords se sont empilés depuis la création de l’agence, en 1944.
La direction souhaite parvenir à un accord d’entreprise unique, qui harmonise les temps de travail, actuellement disparates (44 jours de congés pour les journalistes et une cinquantaine pour les techniciens), qui tienne compte de l’évolution des métiers (il n’y a plus de coursiers à l’agence, mais des techniciens audiovisuels, des informaticiens…) ou qui fixe un mécanisme unique d’évolution salariale.
Baisse des RTT
Depuis la fin de 2013, trois syndicats (CFDT, SNJ et SUD) jouent le jeu de la négociation, mais d’autres, notamment la CGT, s’y opposent. Cette situation n’empêche pas de conclure un accord (qui peut être signé avec des syndicats représentant 30 % des salariés), mais permet aux syndicats qui y sont hostiles de le dénoncer. Pour éviter ce risque, la direction a aussi choisi de dénoncer les accords en place, ce qui ouvre une nouvelle phase de négociations de quinze mois. Son objectif semble être que tous les syndicats participent à cette nouvelle phase.
Mais cette décision frustre les syndicats qui étaient déjà impliqués dans la négociation. « On ne comprend pas ce geste, c’est un acte de mépris pour les syndicats qui négocient », explique ainsi Benoît Fauchet, délégué syndical (SNJ). Et conforte les autres dans l’idée que la direction veut imposer des conditions de travail moins favorables, à l’image du passage des RTT de 18 à 7 jours ou de l’alignement des congés de tous sur ceux des journalistes (44 jours).
Risques de divisions multiples
« Cette dénonciation des accords intervient très opportunément dans la torpeur de l’été alors qu’Emmanuel Hoog [PDG de l’AFP] pense avoir les mains libres, maintenant que la course en vue de France Télévisions est terminée, que son mandat à l’AFP a été prorogé de trois à cinq ans (soit jusqu’en 2018 au lieu de 2016) et que son contrat d’objectifs et de moyens avec l’Etat a été signé », écrit le SNJ.
Conséquence : une agence complètement bloquée, avec des piquets de grève sur les « desks », pour empêcher l’envoi de toute dépêche. A la clé, des risques de divisions multiples, entre grévistes et non-grévistes, entre syndicats et entre catégories professionnelles.




