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Après l’accord, le numéro d’équilibriste qui attend Tsipras en Grèce
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La signature de l'accord de renflouement de la Grèce a fait voler en éclats la majorité gouvernementale. A tel point qu'Alexis Tsipras risque de devoir composer avec ses ennemis politiques.
Alexis Tsipras marche toujours au bord du gouffre. A Bruxelles, le Premier ministre grec avait sauvé in extremis les meubles en obtenant, lundi au petit matin, un douloureux accord de renflouement de son pays au bord de la faillite, évitant ainsi de justesse la sortie de l'euro de la Grèce et une dangereuse plongée dans l'inconnu.
Mais à Athènes, la signature de ce texte, - un quasi reniement de ses promesses de campagne et de celles de son parti, Syriza -, a fait voler en éclats la majorité gouvernementale d'Alexis Tsipras. Son sort repose maintenant dans les mains de son opposition modérée. En effet, beaucoup de députés "frondeurs" de Syriza, la "coalition de la gauche radicale" au pouvoir depuis janvier, crient au "coup d'Etat" financier. Ils dénoncent "l'humiliation", les sévères mesures d'austérité exigées en échange de l'accord de Bruxelles sur l'aide financière européenne. Et ils affirment qu'ils ne voteront pas ce plan d'aide à la Grèce(84 milliards d'euros sur trois ans), destiné à éviter la banqueroute au pays, à l'aider à rembourser sa colossale dette (plus de 320 milliards d'euros, 170% du PIB).
Jusqu'à la moitié des 149 parlementaires de Syriza (sur 300 députés au total) pourrait faire défaut à Alexis Tsipras, pourtant chef incontesté du parti. Soit en votant "non", soit en s'abstenant, soit en étant opportunément "absents". Et les fantasques et improbables alliés de la gauche radicale grecque, les 13 députés du parti souverainiste de droite des "Grecs indépendants" lâchent aussi le chef du gouvernement. Ils ne voteront pas non plus le plan de renflouement du pays. Cependant, Panos Kammenos, chef des Grecs indépendants et ministre de la Défense, a précisé que sa formation politique ne quitterait pas pour autant la coalition gouvernementale.
D'autres puissants rebelles partisans d'un rejet de l'accord "humiliant" de Bruxelles, la très populaire Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement (Vouli) pour Syriza, ou encore le ministre de l'Energie, Panagiotis Lafazanis, leader de la tendance de gauche de Syriza, ne voteront pas non plus le plan. Mais ils ont aussi fait savoir qu'ils n'avaient pas non plus l'intention de quitter le parti, ni même de démissionner. Porte-parole du groupe parlementaire du Syriza, Nikos Filis a appelé, sans succès, tous les députés qui ne sont pas d’accord à démissionner, comme le prévoit les statuts du parti.
S'il veut rétablir la discipline dans sa formation, Alexis Tsipras n'a pas d'autres choix que d'entamer des procédures d'exclusion qui pourraient faire imploser Syriza. Parallèlement à la rébellion à la Vouli, le syndicat des fonctionnaires appelle pour mercredi à une première journée de grèvedepuis que Syriza est au pouvoir ainsi qu’à une manifestation devant le Parlement. Le syndicat des employés municipaux et régionaux vont aussi se mettre en la grève. A la gauche de la "gauche radicale" de Syriza, les anarchistes et le "parti anti-capitaliste" Antarsya (proche du NPA français) appellent à manifester contre la "capitulation devant le néolibéralisme" de Tsipras à Bruxelles.
Signe d'inquiétude du pouvoir en place, la police a été placée en état d'alerte.
Une popularité bien ancrée
Le Premier ministre de la gauche radicale grecque va donc devoir compter sur ses ennemis politiques pour survivre, faire passer des réformes destinées à éviter la faillite du pays. L'opposition modérée, la Nouvelle Démocratie (conservateurs de droite), le Pasok (socialiste) et To Potami ("La rivière", centre gauche), ont annoncé qu'ils voteraient pour le plan péniblement négocié à Bruxelles. Pour obtenir d'urgence le déblocage de fonds, alors que l'économie est bloquée, les banques fermées, Alexis Tsipras doit faire voter "d'ici au 15 juillet", selon les termes de cet accord, une série de mesures douloureuses : réforme de la TVA, des retraites, de l'agence des statistiques nationales Elstat, mise en place d'un Conseil budgétaire. En contrepartie de son soutien, l'opposition pourrait exiger des portefeuilles ministériels, appeler à la formation d'un gouvernement d'union nationale, voire à de nouvelles élections.
Mais, malgré ses reculades et coups de poker ratés à Bruxelles, Alexis Tsipras, plébiscité lors du référendum sur le plan d'aide, reste très populaire. Dans les sondages, il devance toujours largement ses concurrents. Et son parti en capilotade, Syriza, est encore de loin le plus populaire, beaucoup plus que son principal adversaire, la Nouvelle démocratie. Après la récente démission de son leader, l'ex-premier ministre Antonis Samaras, la formation de la droite classique et pro-européenne, n'a plus vraiment de dirigeant, juste un président par interim.
Des élections anticipées risqueraient donc fort d'aboutir à la même configuration politique qu'aujourd'hui, sans faire sortir le pays de la crise politique engendrée par l'implosion larvée de Syriza après la signature de l'accord de Bruxelles. Reste une hypothèse, outre la formation d'un nouveau gouvernement de coalition comprenant des membres de l’actuelle opposition : le maintien d'un gouvernement minoritaire de Syriza, soutenu au coup par coup par ses adversaires politiques. Une solution paradoxale, instable et qui risque fort de ne pas être durable.




