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Cameron veut encore réduire le droit de grève
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Les entreprises pourront recruter des intérimaires pour remplacer les grévistes
Six jours après une grève du métro de Londres qui a exaspéré les usagers, le moment est jugé propice par le gouvernement Cameron. Il a présenté, mercredi 15 juillet, un projet de loi destiné à limiter le recours à la grève qui fait déjà l'objet, depuis les années Thatcher (1979-1990), d'une des législations les plus restrictives d'Europe.
Depuis 1984, une grève n'est jugée légale au Royaume-Uni que si elle a été approuvée par une majorité des votants lors d'un plébiscite préalable à bulletin secret. Le projet que le gouvernement conservateur va soumettre au Parlement impose une condition supplémentaire : que 50 % des salariés concernés participent au scrutin. Aujourd'hui, une grève peut être déclenchée même si une minorité des travailleurs a voté.
Le projet de loi durcit aussi de façon spécifique les conditions de la grève dans les services publics (santé, éducation, sapeurs-pompiers, transports, sécurité aux frontières et énergie). Dans ces secteurs, il faudra, en outre, que 40 % de l'ensemble des salariés concernés aient approuvé l'arrêt de travail pour qu'il soit considéré comme légal.
" Ce que nous essayons de faire est simple, a justifié Nick Boles, ministre de l'emploi, trouver un équilibre juste et raisonnable entre les intérêts des syndicats et les intérêts des gens qui essaient d'arriver à l'heure à leur travail et sont dépendants d'un unique moyen de transport. "
Le texte qui sera discuté va plus loin et constitue le plus gros bouleversement de la législation sur la grève depuis trente ans. Il impose aux syndicats un préavis de quatorze jours et autorise les employeurs à embaucher des intérimaires pour remplacer les grévistes. Dans une première mouture, semble-t-il abandonnée sur ce point, le projet prévoyait de qualifier de " délit pénal "la présence de plus de six personnes sur un piquet de grève.
" Doigt d'honneur aux salariés "
De telles orientations sont défendues depuis des années par les conservateurs, mais les libéraux-démocrates, qui siégeaient à leur côté dans le gouvernement de coalition Cameron jusqu'aux élections du 7 mai, les avaient bloquées. Doté depuis lors d'une majorité tory homogène, le premier ministre, David Cameron, passe à l'acte.
L'adoption de ce projet " rendrait presque impossible l'exercice par les travailleurs de leur droit démocratique et de leur liberté de citoyen ", estime Frances O'Grady, la secrétaire générale du Trades Union Congress, confédération qui regroupe 6,2 millions d'adhérents. Le texte, selon elle, permettrait aux employeurs de " faire un doigt d'honneur aux salariés en recourant aux intérimaires pour casser toutes les grèves ". La réforme du droit de grève " a des relents d'Allemagne des années 1930, a renchéri Mick Whelan, secrétaire général du syndicat ASLEF des conducteurs de train. Le gouvernement veut châtrer les syndicats ".
Au Parlement, Harriet Harman, leader par intérim du Labour, a accusé M. Cameron de " s'en prendre au droit des salariés d'avoir leur mot à dire sur leurs salaires et leurs conditions de travail ". En réplique, le premier ministre a accusé les travaillistes d'être " complètement inféodés aux syndicats ". L'opinion, a-t-il assuré, soutient les efforts des conservateurs pour faire en sorte que les grèves n'aient lieu qu'" en dernier recours " et que la question soit réglée en faveur des " familles qui travaillent ".
La réforme est présentée à un moment où le nombre de grèves est à un niveau historiquement bas au Royaume-Uni. En 2014, 788 000 journées de travail y ont été perdues en raison de grèves, contre 32,2 millions en 1980. Pendant la seule année 1926, celle de la grande grève générale de solidarité avec les mineurs, les jours perdus ont été plus nombreux que durant les trente-sept années séparant 1974 et 2011, selon une étude de la Chambre des communes.
Mais le projet du gouvernement vise un autre objectif, directement politique celui-là : compromettre le financement du parti travailliste. Outre les restrictions au droit de grève, le texte prévoit en effet de modifier la façon dont les syndiqués financent le Labour. Alors que, aujourd'hui, un prélèvement est effectué automatiquement en faveur des partis – le Labour le plus souvent –, les adhérents devront donner explicitement leur accord tous les cinq ans. Actuellement, les 35 millions de livres sterling (50 millions d'euros) annuellement collectées auprès de 4,5 millions de cotisants constituent la source essentielle de financement du Labour, tandis que les Tories vivent de dons d'entreprises.
L'idée d'obliger les syndiqués à approuver tout prélèvement effectué par leur organisation en faveur d'un parti politique n'est pas nouvelle. La dernière fois qu'elle a été mise en œuvre, elle a creusé un trou de 18 % dans le budget du Labour. C'était en 1927, l'année suivant la grève générale. Cette fois, la mesure interviendrait alors que le parti travailliste, sonné par sa défaite aux législatives, se débat dans la querelle de succession d'Ed Miliband, allant jusqu'à s'interroger sur sa survie.
| LES DATES |
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1906 La loi instaure l'immunité des syndicats pour les dommages causés par une grève. 1982 Le gouvernement Thatcher limite les motifs possibles d'une grève légale et facilite les licenciements dans le cas contraire. 1984 Un vote à bulletins secrets avant tout appel à la grève est obligatoire. 1999 La loi protège du licenciement les salariés ayant participé à une grève légale. |




