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La drôle de communication du gouvernement sur la loi Macron
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Bercy a diffusé sur Internet sept épisodes destinés à faire la promotion de la loi Macron. Une communication sans complexe et sans nuance.
Voilà une initiative qu’on qualifiera, sobrement, d’inhabituelle. Pour faire la communication de la loi Macron, très contestée puisqu’il a fallu recourir, par trois fois, au 49-3 pour la faire adopter à l’Assemblée nationale, le gouvernement a lancé sur Internet « Une semaine avec la #LoiMacron », qu’il présente comme« le premier feuilleton web d’anticipation sur l’application d’une loi ».
En sept épisodes, diffusés au cours de la semaine du 13 juillet, on découvre, à quel point cette loi devrait, dans un« avenir proche », faciliter la vie de Marie, Johann, Samuel, Ahmed, ou encore Sabrina, habitants d’une petite ville qui ressemble à un tapis de jeu dans une chambre d’enfant.
> À lire : Une semaine avec la #LoiMacron
Dans ce monde merveilleux, les cris de joie succèdent aux bonnes nouvelles. Ainsi, dans l’épisode 1, Johann, 16 ans, et son cousin Simon - un « sacré duo » qui s’échangent des SMS du type « Tro hate de partir à la mère ! on va s’éclaté, sa va être tro bien ! » - vont pouvoir se rejoindre en vacances chez la grand-mère Odette, non plus en train, mais en quelques heures grâce à la compagnie Toutenkar, qui, elle, « n’est pas du genre à partir en retard ». Bref, à 12 h 30 tapantes, « par la fenêtre arrière, il regarde la gare routière s’éloigner lentement. Les vacances peuvent commencer ». Fin du premier épisode.
SAMUEL, AHMED, ANTOINE, MARIE… HEUREUX BÉNÉFICIAIRES DE LA LOI MACRON
Dans le deuxième épisode, Samuel, 20 ans passés, est justement conducteur de car chez Toutenkar, avec qui, petite tension dramatique, il est en conflit car il vient de refuser un changement de poste. Mais, comme le monde est bien fait, grâce à la loi Macron, il va pouvoir se faire assister par un conseiller syndical, créé par la loi, qui lui conseille de « faire appel au bureau de jugement restreint, créé également par la loi et qui statuera obligatoirement dans un délai de 3 mois maximum ». Ô joie.
Sa mère, cependant, s’inquiète de la capacité de Samuel à retrouver un emploi vu la concurrence de « ces travailleurs venus d’autres pays européens qui sont payés par des entreprises françaises bien en deçà des minima légaux ». Heureusement, Samuel peut la rassurer car la loi Macron a renforcé, légèrement, les mesures contre les abus au travail détaché.
UN SERVICE UNIVERSEL DU PERMIS ET DES ATTRIBUTIONS GRATUITES D’ACTIONS
Les autres épisodes sont du même tonneau. Ahmed, prometteur futur directeur des relations commerciales, passe son permis de conduire avec Gérard, un agent de La Poste. Depuis la loi Macron, qui « a créé un service universel du permis », c’est en effet moins long et moins cher. Antoine, ingénieur dans une start-up, débouche le champagne car il va recevoir des « attributions gratuites d’actions (AGA) [qui] ont été simplifiées par la loi ».
Sabrina, ancienne salariée d’un office notarial, a pu s’installer dans la ville de son enfance grâce à la loi Macron. Elle est sur le point de conclure sa première vente avec un client tout à fait tranquillisé car « avec la mise en œuvre de la loi Macron, les tarifs ont été révisés pour correspondre aux coûts réels supportés par les professionnels ».
Enfin, cerise sur le gâteau, Marie, mère de Johann et Samuel, et caissière à SuperPrix, nage dans le bonheur - on exagère à peine - car « travailler le dimanche, c’est un rythme qui lui convient bien ». Elle a l’habitude de le faire car son supermarché, qui ne semble pourtant ni en zone touristique ni en zone commerciale classée Puce, a toujours ouvert (illégalement peut-être?) le dimanche.
DE « NOMBREUX EMPLOIS » CRÉÉS GRÂCE À LA REFORME DU TRAVAIL DOMINICAL
Mais, heureusement, « avec la loi Macron, Marie est désormais payée plus le dimanche ». Elle a de la chance car, même si la Websérie ne le dit pas, la loi impose certes de négocier des contreparties (sauf si l’employeur est une entreprise de moins de 20 salariés, auquel cas, il peut simplement consulter les salariés par référendum), mais elle ne fixe pas de majoration minimale.Marie « bénéficie de plus d’un repos compensateur ». Tant mieux parce qu’« entre les courses, le ménage, la paperasse administrative… on peut dire que ce jour en plus n’est pas inutile ! »
Surtout, grâce à cette réforme, « globalement, de nombreux emplois ont été créés » car, est-il écrit dans un encadré, « les études portant sur quelques expériences étrangères d’extension de l’ouverture des commerces le dimanche montrent que cela a entraîné des créations d’emplois ».Une affirmation qui mériterait pourtant d’être nuancée.
> À lire : Des effets de la réforme du travail du dimanche sur l’emploi…
Bref, ici, on l’aura compris, l’objectif est publicitaire : tout est bon dans la loi Macron. Le ton idyllique de la web série a d’ailleurs fait l’objet de railleries sur le réseau social twitter.
LES POINTS CONTESTÉS SONT PASSÉS SOUS SILENCE
On ne trouvera donc pas dans cette série trace de certains aspects, pourtant très contestés, de la réforme. Ainsi, il n’est nulle part question de la création d’un plafond d’indemnités auxquelles peuvent être condamnés les employeurs reconnus coupables d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Ainsi, si Marie est licenciée abusivement de SuperPrix, PME de moins de 20 salariés où elle travaille depuis plus de dix ans, ses indemnités ne seront plus de six mois minimum, comme c’était le cas avant la loi, mais de trois mois minimum et de douze maximum. Une disposition très critiquée par les syndicats de salariés et de magistrats.
> A lire: Les syndicats mobilisés contre les plafonds d’indemnités aux prud’hommes
Pas trace non plus de la décision prise sans débat via le 49-3, concernant la réversibilité du stockage des déchets les plus radioactifs. > À lire:Passage en force sur les déchets radioactifs dans la loi Macron
Mais il faudra peut-être s’habituer à cette forme de communication politique. Déjà, en février, le gouvernement diffusait sur les réseaux sociaux un dessin humoristique assimilant la loi Macron, « coup de jeune pour notre société », à un pot de crème de beauté « à appliquer tous les jours »...
Nathalie BIRCHEM




