[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Agenda militant

Actualités et analyses [RSS]

Lire plus...

Newsletter

Twitter

Révision à la baisse de la croissance US entre 2012 et 2014

économie international

Brève publiée le 31 juillet 2015

Tweeter Facebook

Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Monde) Le PIB a progressé en rythme annualisé de 2,3  % au deuxième trimestre, tiré par la consommation

Les années se suivent et se ressemblent pour la conjoncture américaine. Après un premier trimestre très médiocre, la croissance est repartie de l'avant aux Etats-Unis. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé en rythme annualisé de 2,3  % entre avril et juin, selon une première estimation du département du commerce publiée jeudi 30  juillet.

La performance est moindre que celle prévue par les analystes, qui tablaient sur une hausse de 2,5  % à 2,7  %, mais elle est largement supérieure à celle du premier trimestre, au cours duquel l'activité n'a progressé que de 0,6  %.

L'économie américaine a enregistré en fait quatre bonnes nouvelles. D'abord, le premier trimestre a été moins catastrophique qu'annoncé. La croissance du PIB a été révisée une ultime fois par le département du commerce, à + 0,6  % au lieu d'une baisse de 0,2  % jusqu'à présent.

Un tableau général mitigé

Deuxième bonne nouvelle  : le niveau de consommation des Américains au deuxième trimestre. Les dépenses des ménages, qui représentent 70  % de l'activité économique aux Etats-Unis, ont en effet accéléré, avec une progression de 2,9  %, contre 2,1  % au premier trimestre. Celles-ci ont été notamment tirées par les biens durables, à commencer par l'automobile. Les ventes de voitures neuves ont connu leur meilleur trimestre depuis 2005. Signe que les Américains sont un peu plus enclins à ouvrir leur porte-monnaie  : la décrue du taux d'épargne, qui est passé de 5,2  % à 4,8  %. Mais cela peut aussi être regardé comme le fait que les augmentations de salaires (1,5  % au premier trimestre) ne sont pas suffisantes et que les ménages piochent donc dans leurs économies.

Troisième bonne nouvelle  : une balance commerciale moins désastreuse qu'au premier trimestre, malgré la force du dollar par rapport aux autres monnaies. Les exportations ont ainsi progressé de 5,3  %, alors qu'elles s'étaient effondrées de 6  % entre janvier et mars. L'affaissement du début d'année avait été, il est vrai, amplifié par la grève des dockers dans les ports de la côte ouest du pays. Un handicap qui ne joue plus depuis mars. Dans le même temps, les importations, qui pèsent négativement sur le PIB, ont continué à progresser (+ 3,5  %), mais à un rythme moindre qu'au début de l'année, où elles avaient augmenté de 7,1  %.

Enfin, dernière bonne nouvelle  : l'immobilier. L'investissement résidentiel a donné des signes de solidité au printemps, avec une progression de 6,5  %. Si le marché du neuf a connu un coup de mou en juin, les achats dans l'ancien n'ont en revanche jamais autant progressé depuis 2007.

Malgré ces bons points, le tableau général reste mitigé. L'investissement des entreprises, qui est habituellement un important moteur de la croissance, fait du surplace. Les dépenses de logiciels, recherche-développement et équipements ont ainsi baissé de 0,6  %. Il s'agit de la plus mauvaise performance depuis le dernier trimestre 2012.

Dans le même temps, la situation dans le secteur pétrolier s'aggrave, avec une chute de 68  % des investissements au deuxième trimestre. Face à la baisse des prix du pétrole, les entreprises du secteur n'hésitent pas à réduire la voilure.

Une chose est sûre, le rebond (+ 4,6  %) qu'avait connu en 2014 l'économie américaine après un hiver calamiteux ne s'est pas reproduit cette année. Le chiffre publié jeudi vient confirmer une fois de plus que l'Amérique doit s'habituer à des taux de croissance inférieurs à ceux qu'elle a connus dans le passé en période de reprise.

Entre 2012 et 2014, la croissance n'aura connu qu'un rythme modeste de 2  %, soit 0,3  % de moins que les chiffres qui avaient été publiés jusque-là. Le département du commerce a en effet révisé jeudi les statistiques sur la période, notamment pour 2013, où la croissance n'a été que de 1,5  % contre les 2,2  % annoncés, ce qui en fait l'année la plus faible depuis le début de la reprise, fin 2009. Enfin, pour les six premiers mois de 2015, le rythme n'est que de 1,5  %, contre 1,9  % l'an dernier.

"  Le rythme de croissance reste extrêmement faible par rapport aux standards des phases de reprise, confirme Jim O'Sullivan, économiste chez High Frequency Economics, mais c'est plus que suffisant pour que le taux de chômage continue à baisser  ", ajoute-t-il. Or, l'emploi est le principal indicateur, avec l'inflation, que regarde la Réserve fédérale (la Fed, la banque centrale) pour apprécier le bon moment pour relever ses taux. La Fed a encore redit mercredi, à l'issue de son comité de politique monétaire, qu'elle voulait "  voir de nouvelles améliorations sur le marché du travail  " avant un éventuel resserrement monétaire.

La performance de l'économie américaine au deuxième trimestre est également qualifiée de "  décente  " par Joseph Lake, économiste chez The Economist Intelligence Unit, qui estime qu'elle met la Fed "  sur la bonne voie pour relever ses taux en septembre  ".

S'il n'y a pas de mauvaise surprise sur les statistiques du chômage de juillet et août, il se pourrait donc que la banque centrale passe enfin à l'acte dès la prochaine réunion de son comité de politique monétaire, les 16 et 17  septembre, et procède à sa première hausse de taux depuis 2006.