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"La Turquie en guerre civile larvée" : le jeu dangereux d’Erdogan
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La situation ne cesse d'empirer en Turquie, où la rupture est totale entre le président Erdogan et la minorité kurde, qui l'accuse d'attiser les tensions à deux mois des législatives. Décryptage.
Depuis fin juillet, de violents affrontements, quasi-quotidiens, opposent l’armée turque et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est de la Turquie, faisant plusieurs dizaines de victimes. Cette région à majorité kurde est plongée en état de guerre et des villages sont en situation d’insurrection, ce qui complique considérablement l'organisation des élections législatives prévues le 1er novembre.
Un scrutin convoqué par le camp du président Recep Tayyip Erdogan, qui avait perdu sa majorité absolue lors des législatives du 7 juin. De leur côté, les leaders politiques kurdes accusent le pouvoir d'attiser le feu du conflit kurde à des fins politiques, à moins de deux mois des élections.
Pour comprendre les enjeux et les racines de cette flambée de violence dans le sud-est du pays, France 24 a interrogé Jean Marcou, professeur à Sciences-Politiques Grenoble et spécialiste de la Turquie.
France 24 : La Turquie s’enfonce dans un cycle de violence. Pensez-vous que cette tension fasse le jeu du président Erdogan, qui espère remporter les élections législatives anticipées du 1er novembre ?
Jean Marcou : Il est indéniable que le rêve de Recep Tayyip Erdogan, de présidentialiser le pouvoir en Turquie en modifiant la Constitution, ont été contrecarrés par les résultats des législatives du 7 juin qui ont privé son parti, l’AKP, d’une majorité absolue au Parlement. Un verdict des urnes qu’il a visiblement eu beaucoup de mal à accepter, comme le prouve son entrave au processus de formation d’un gouvernement de coalition. Stratégiquement, il pense peut-être que la flambée de violence, aussi inquiétante soit-elle pour l’avenir du pays, peut servir ses objectifs, dans le sens où il ne fait rien pour calmer la tension et joue au contraire la carte du nationalisme. Il mise peut-être sur une réaction de peur des électeurs qui se sont détournés de son camp, et qui en retour revoteront pour lui, en espérant qu’il restaurera la sécurité dans le pays. C’est un jeu très dangereux, car la Turquie se retrouve dans une situation de guerre civile larvée, puisqu’en plus des affrontements armés entre les forces de sécurité turques et le PKK, de graves incidents ont lieu quotidiennement dans les villages et les bourgs kurdes. Des permanences du Parti démocratique des peuples (HDP), le principal parti prokurde du pays, et des locaux de médias d’opposition comme le quotidien "Hürriyet" y sont attaqués et incendiés par des nationalistes d’extrême-droite et des partisans de l’AKP.
Pensez-vous que les électeurs turcs sont dupes ?
Les électeurs sont loin d’être dupes, puisque de récents sondages montrent que les résultats des législatives anticipées donneront pratiquement les mêmes résultats que le scrutin du mois de juin. Même s’il faut rester prudent avec les chiffres, il semble que le HDP pourrait même améliorer son score, et l’AKP enregistrer un nouveau revers. En réalité, Recep Tayyip Erdogan, qui joue désormais sa survie en politique, est devenu une personnalité très clivante en Turquie. Beaucoup de Turcs ne comprennent pas la volte-face de cet homme qui, après avoir promis la paix avec les Kurdes et enclenché le processus pour y parvenir, a fini pour opter pour la carte militaire. Il n’a échappé à personne que ‘la guerre contre le terrorisme’ que mène aujourd’hui la Turquie se concentre surtout sur le PKK, plutôt que sur les jihadistes de Daech [autre nom de l’organisation de l’État islamique, NDLR]. Il faut souligner toutefois qu’une partie des Turcs estiment que la branche dure du PKK, qui n’est pas partisane de la solution politique, a sa part de responsabilité dans la reprise des violences.
LES LOCAUX DU QUOTIDIEN À GRAND TIRAGE HURRIYET ONT ÉTÉ ATTAQUÉS.
Les élections anticipées peuvent-elles être organisées dans un tel contexte de violence ? Est-il encore possible de parler d’un processus de paix avec les Kurdes ?
En ce qui concerne la tenue du scrutin, il est vrai que le contexte est incontestablement très difficile, que des bourgs sont dans une situation de couvre-feu et que des victimes tombent chaque jours dans les deux camps. Mais le pouvoir n’a pas le choix, puisque s’il n’y a pas d’élections, le pays s’enfoncera dans l’impasse politique. Enfin, tout gouvernement qui sera formé après les nouvelles élections aura le problème de la question kurde à résoudre. Et sachant qu’il ne pourra le résoudre par la force, la reprise du processus de paix est inévitable. Mais pour ce faire, il faut que le climat s’apaise dans le pays et la région.




