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Réforme des collèges: les raisons de la nouvelle grève des enseignants
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Jeudi 17 septembre, les professeurs des collèges sont appelés à observer une journée de grève pour marquer leur opposition à la réforme du collège, portée par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem.
Il s’agit du premier mouvement de l’année scolaire, mais c’est la troisième mobilisation des enseignants contre ce projet depuis la présentation du projet par la ministre, le 11 mars, en conseil des ministres.
- Qui mobilise ?
Les syndicats qui appellent à la grève sont le SNES-FSU, majoritaire dans les collèges et les lycées, mais aussi le SNEP-FSU, FO, le SNALC, la CGT, SUD, la FNAEN et la CGC.
Sur le terrain, des associations d’enseignants – latinistes notamment – de même que la Société des agrégés, soutiennent ce mouvement.
Celui-ci se jouera en réalité en deux temps, puisqu’une journée de mobilisation nationale censée s’ouvrir à la société civile (notamment aux parents) est d’ores et déjà annoncée par le SNALC le 10 octobre.
- Quelles sont les revendications ?
Les syndicats réclament l’abrogation pure et simple de la réforme pour « rouvrir les discussions [sur le collège] sur de nouvelles bases ». Il veulent obtenir le retrait des textes – décret et arrêté – publiés au Journal officiel le 20 mai, au lendemain du premier appel à la grève. Ils avaient alors dénoncé un « coup de force ».
Ces textes ont entériné la mise en place du « nouveau collège » à compter de septembre 2016 – dernière rentrée avant l’échéance présidentielle de 2017 – ce que conteste toujours une partie de la communauté éducative.
- Quelles sont les grandes lignes de la réforme ?
La refonte du collège, considéré comme le « maillon faible » du système éducatif – selon la formule un peu galvaudée, car il est accusé de creuser les inégalités au lieu de les réduire –, a été inscrite dans la loi de refondation de l’école de juillet 2013.
« Mise en concurrence des personnels, des disciplines et des établissements, inégalités accrues entre les élèves, nouvelle aggravation des conditions de travail des personnels »… C’est un tableau bien sombre que dresse l’intersyndicale des conséquences de cette réforme.
De l’autonomie à l’interdisciplinarité en passant par la disparition des sections bilangues, la fragilisation des langues anciennes, de l’enseignement de l’allemand ou encore de l’histoire : plusieurs fronts se sont ouverts depuis le printemps, relayés par les politiques – de droite comme de gauche – et mêlant, en réalité, deux registres bien différents : la réforme du collège et celle des programmes scolaires. La gauche a choisi de lancer parallèlement ces deux chantiers (le fond en même temps que la forme, en somme), prenant le risque de brouiller les esprits. Et le calendrier n’est pas favorable à la clarification attendue entre les deux réformes : l’appel à la mobilisation, ce jeudi, coïncide avec l’ultime réunion de travail du Conseil supérieur des programmes (CSP) qui pourrait remettre sa copie le même jour.
- Ce mouvement sera-t-il suivi ?
Si l’intersyndicale représente une majorité d’enseignants, beaucoup de professeurs ne sont pas syndiqués. Avant l’été, la mobilisation avait marqué le pas : entre 12 % et 30 % de grévistes (selon les estimations) avaient été décomptés le 11 juin, alors que le taux se situait entre 30 % et 50 % le 19 mai. Par ailleurs, certains syndicats ne sont pas hostiles à cette réforme, comme le SE-UNSA et le SGEN-CFDT.
Les « anti » et les « pro » réforme se sont d’ailleurs opposés sur Internet. Chacun a donné à lire sa propre « opération de désintox ». On y a tout lu, sur une réforme censée, tour à tour, sauver le collège unique ou le fragiliser un peu plus, favoriser l’équité ou, au contraire, exacerber l’injustice sociale et scolaire.
Sur Twitter, le débat a été aussi concis – 140 signes – que vif. Blogs et hashtags en portent la trace : #réformecollège, où l’on retrouve notamment les propositions portées par le député de droite Bruno Le Maire, #collège2016, avec celles de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi #jesuislatiniste, #jesuishelléniste…
« C’est la première fois qu’une réforme a d’abord été débattue sur les réseaux sociaux », a fait remarquer Philippe Tournier, porte-parole du principal syndicat de chefs d’établissement, le SNPDEN-UNSA, regrettant « certaines outrances » dont Internet porte la trace.




