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La Centrafrique au bord du gouffre
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Explosion de violences sans lendemain ou première étape vers un nouvel embrasement de la République centrafricaine (RCA) ? Les pronostics divergeaient, lundi 28 septembre, alors que la capitale Bangui venait de vivre ses journées les plus sanglantes depuis plus d’un an. Selon une source au sein de la Croix rouge centrafricaine contactée à Bangui, le bilan pourrait s’élever à « une cinquantaine de morts et des dizaines de blessés victimes de tirs par balle ou de coups de machettes ».
Les violences ont éclaté dans la nuit de vendredi après que la dépouille d’un jeune chauffeur de moto taxi a été retrouvée à proximité de la mosquée Ali Babolo dans le quartier du PK5, dernier fief musulman de Bangui depuis les affrontements intercommunautaires meurtriers de 2013 et 2014. « Cet assassinat le jour de la Tabaski [fête religieuse musulmane] était une provocation, on ne pouvait pas ne pas réagir », témoigne un jeune du quartier joint au téléphone. Des groupes armés se sont alors lancés dans des opérations de représailles dans les zones chrétiennes de la ville. Ces attaques ont, à leur tour, entraîné la réaction de groupes proches des anti-balaka, les milices chrétiennes qui avaient chassé la Séléka du pouvoir début 2014.
« Chaos ambiant »
Dimanche et lundi, attaques et pillages ont touché le siège de nombreuses ONG et des véhicules de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca). La gendarmerie, le ministère de la défense et la radio d’Etat ont également été ciblés malgré le couvre-feu décrété dimanche par le gouvernement.
Lundi matin, une manifestation a été dispersée par les casques bleus alors qu’elle se dirigeait vers le siège de la présidence au moment où la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, se trouve à New York pour participer à l’assemblée générale des Nations unies. Trois manifestants auraient été tués. « Les responsables des Casques bleus de la Minusca nient qu’ils aient ouvert le feu sur les populations », indique toutefois un bref communiqué de la mission des Nations unies dont le mandat, placé sous le chapitre VII, autorise les Casques bleus à user de la force.
Des employés de la Minusca à Bangui, cantonnés à leur domicile pour des raisons de sécurité, craignaient alors d’être les prochaines cibles des groupes armés alors que des éléments de l’opposition demandent le départ de tous les soldats étrangers présents en RCA ainsi que de la mission de l’ONU.
« L’apparente coordination de certaines attaques et le moment choisi laissent penser que tout cela était préparé et répond à un agenda politique, avance un diplomate étranger. Mais dans le chaos ambiant, difficile d’en tirer des conclusions ou d’identifier des interlocuteurs représentatifs. » Certains observateurs croient voir derrière ces violences l’esprit revanchard de personnalités liées à l’ancien président François Bozizé, qui vit en exil depuis qu’il a été déposé par les rebelles de la Séléka début 2013. D’autres pensent que certains milieux politiques engagés dans la transition politique cherchent à faire traîner ce processus le plus longtemps possible pour conserver leur pouvoir.
« Ce cycle de vengeances nous a surpris »
« Il y a forcément des gens derrière ces groupuscules, remarque Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui. Il n’empêche que ce déchaînement de violence, ce cycle de vengeances et de représailles nous a surpris, ajoute-t-il. La vie reprenait ces droits depuis ces derniers mois. Des musulmans en boubou n’avaient plus peur de sortir de leur quartier pour venir dans le centre-ville. Tout cela vient de s’effondrer. C’est haine contre haine et les paroisses sont de nouveau remplies par des gens apeurés. »
Beaucoup craignent désormais que ces violences ne se propagent au reste du pays. « Des signaux inquiétants nous arrivent de province », s’alarme ainsi Mgr Nzapalainga. L’Union européenne (UE), principal bailleur de fonds pour la reconstruction de ce pays ravagé par des décennies de guerre et autant d’incurie, a condamné « les attaques contre les populations civiles et le ciblage de travailleurs humanitaires dont le but est de sauver des vies ». « A l’approche des élections qui doivent se dérouler d’ici à la fin de l’année, l’UE rejette toute tentative de décourager les efforts en cours vers la stabilité », est-il ajouté.
Rien ne dit que cet appel sera entendu. Au contraire, la tenue du référendum constitutionnel prévu pour le 4 octobre puis celle du scrutin présidentiel programmé deux semaines plus tard semblent aujourd’hui improbables. D’autant qu’à la question de l’insécurité s’ajoute celle du recensement électoral qui vient à peine de commencer et dont on ne voit pas par quel miracle il pourrait être achevé avant ces deux dates.




