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Les frappes russes en Syrie, nouvelle étape de la guerre
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Quelques heures après les premiers bombardements menés par l’armée russe sur les régions de Homs et de Hama, en Syrie, mercredi 30 septembre, la Russie et les Etats-Unis se sont mis d’accord sur la tenue d’une réunion d’urgence afin d’éviter tout incident militaire entre leurs aviations. Mis devant le fait accompli, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a retrouvé son homologue russe Sergueï Lavrov au Conseil de sécurité de l’ONU, où les deux hommes ont annoncé la nécessité d’une rencontre « entre militaires, aussi vite que possible, peut-être même demain » afin d’« éviter tout incident ».
En pleine Assemblée générale de l’ONU, monopolisée par le conflit syrien, les frappes russes réalisées à la demande du gouvernement syrien ont immédiatement suscité des doutes de la part des Occidentaux quant aux objectifs de M. Poutine : vaincre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ou renforcer le régime du président syrien Bachar Al-Assad ?
Deux jours après une rencontre tendue à New York entre les présidents Barack Obama et Vladimir Poutine, ce dernier a justifié ses frappes, affirmant qu’il fallait prendre les « terroristes » de vitesse et détruire leurs positions en Syrie, avant qu’ils ne viennent « chez nous ». Moscou a assuré que son aviation avait effectué 20 sorties et touché « huit cibles du groupe Etat islamique ».
« Vérifier les objectifs » des avions russes

Les Américains – qui n’ont pas caché leur mécontentement – et les Européens ont immédiatement émis des doutes sur les cibles choisies par l’armée de l’air russe.
A Washington, le secrétaire américain à la défense, Ashton Carter, a jugé que les frappes ne visaient « probablement pas » l’Etat islamique, qui contrôle une partie de la Syrie. En effet, une source de sécurité syrienne a assuré que les « avions russes et syriens ont mené plusieurs raids contre des positions terroristes à Hama et à Homs », dans le nord-ouest et le centre du pays. Or, ces régions sont tenues par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, et par d’autres rebelles, dont certains sont financés par les Etats-Unis. « Cela revient à verser de l’huile sur le feu », a résumé Ashton Carter.
Selon le New York Times, des officiels américains ont confirmé que des groupes soutenus par les Etats-Unis ont bien été touchés par les frappes russes. Il y a « des indications selon lesquelles les frappes russes n’ont pas visé Daech [acronyme arabe de l’EI] », a noté le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, ajoutant qu’il « faudrait vérifier quels étaient les objectifs » des avions russes. A New York, Sergueï Lavrov a répondu que « les rumeurs selon lesquelles les cibles n’étaient pas des positions de l’Etat islamique sont sans fondements ».
Selon l’OTAN, les frappes russes n’étaient pas dirigées contre l’EI
Répondant aux questions de la presse internationale, dont Le Monde, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a également reconnu être « préoccupé par les rapports dont nous disposons, qui nous indiquent que les frappes russes n’étaient pas dirigées contre l’Etat islamique, et surtout par le fait qu’il n’y a pas eu de réel effort de la part des Russes pour coordonner (« deconflict » en anglais) les frappes avec les combats en cours menés par la coalition dirigée par les Etats-Unis ».
L’accélération de l’engagement de Moscou, à la demande expresse du régime de Damas, s’inscrit sur fond de bras de fer entre MM. Obama et Poutine sur le sort à réserver à M. Assad, « tyran » pour le premier et rempart contre l’EI pour le second. Lundi à la tribune de l’ONU, M. Poutine s’était efforcé de convaincre la communauté internationale de former une « large coalition antiterroriste » contre l’EI, incluant Damas et Téhéran. Le président russe a aussi appelé son allié au « compromis » avec l’opposition tolérée par Damas. Les frappes qui ont commencé mercredi constituent une nouvelle étape de sa stratégie dans cette guerre qui, en quatre ans, a coûté la vie à plus de 240 000 personnes et a déplacé la majorité de la population syrienne.




