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Les salariés de Proségur à Valence entame leur 5e semaine de grève
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
France Bleue, 9 octobre 2015 :
Cela fait un mois que les salariés de Proségur ont entamé une grève, interminable. Les négociations n’aboutissent pas, personne ne veut céder. Financièrement et moralement, cela devient très difficile pour les salariés grévistes.

« Il ne faudrait pas que ça dure encore un mois ». Cédric a 40 ans, il travaille depuis 20 à Proségur. Comme 44 autres collègues, il vient d’entamer sa cinquième semaine de grève. Ils ont cessé le travail le 10 septembre pour protester contre la suppression d’une prime. Selon les syndicats, les salariés pouvaient gagner 500 euros supplémentaires par an, ils demandent à conserver une prime de 250 euros, mais les négociations avec la direction sont au point mort.
Qui cédera le premier ?
Pour les grévistes, c’est sûr, la direction espère les avoir à l’usure. Financièrement, et moralement, il devient difficile de tenir. « Ça commence à tirer, on ne sait pas ce qu’on va toucher le mois prochain. J’ai ma femme qui travaille à mi-temps, je suis tout seul financièrement, je n’ai pas de famille qui va m’aider à récupérer ce que j’ai perdu »_, explique Cédric, les traits tirés, le visage marqué, comme ces collègues, fatigués par ces longs jours de grève. Car ils sont là à tour de rôle de 4h du matin à 19h le soir.
« On connaît les disponibilités des gens la veille, et du coup on sait qui va venir tout au long de la journée. Il y a toujours du monde. On a même une tente s’il pleut ». (Régis Barré, délégué du personnel)
Heureusement, les salariés grévistes ont le soutient de leur famille, elles comprennent le combat, même si « les vacances vont peut-être être raccourcies », pour David. « Tout le monde a des frais, des crédits, ça commence à être long, et tout le monde se dit : quand allez-vous reprendre le travail ? Aujourd’hui on ne sait pas ».
Alors en temps de grève, il n’y a pas de petites économies : repas en commun, un gréviste qui est bon cuisinier se charge de faire à manger. Tout le monde apporte aussi quelque chose. Il y a également des passants qui s’arrêtent, donnent de la nourriture, et même de l’argent, que les grévistes se répartiront à la fin du mouvement.
Des salariés solidaires
Cette grève aura au moins eu l’avantage d’unir les salariés de Proségur de Valence. « On se serre les coudes, et on tient le coup » explique David, convoyeur de fonds depuis 18 ans. « Quand on va reprendre, les rapports entre tous les collègues seront bien différents », pour Williams, six ans de boîte comme agent de maintenance.
Surtout depuis l’accident qui a endeuillé le mouvement. Un gréviste est mort, renversé, prêt du piquet de grève. Impossible donc d’abandonner maintenant pour les salariés.




