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Vaccination: le débat est relancé

société

Lien publiée le 13 janvier 2016

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Rétablir la confiance envers la vaccination. Tel est l’objectif que s’est donnée Marisol Touraine et que Sandrine Hurel, ancienne députée PS, a concrétisé par un rapport contenant 20 recommandations afin d’améliorer l’adhésion de tous à la politique de vaccination. Si la France n’est pas en reste quant à la couverture vaccinale par rapport à un grand nombre de ses voisins, on mesure ces dernières années une diminution de 5% de la vaccination chez les enfants de 0 à 9 mois. Loin de la caricature des « bobo-écolo-anti-vaccins » souvent faite dans les milieux médicaux et les médias traditionnels, qui tendrait à réduire cette défiance exprimée par une partie grandissante de la population à « un problème de pays riche » quand, dans d’autres pays, on aimerait avoir accès aux vaccins, la situation souligne le grand manque de clarté vis-à-vis des décisions en matière de politique de santé, et le rôle joué par les laboratoires pharmaceutiques, ne cherchant en dernière instance qu’à faire fructifier leurs profits.

Efficacité médicale vs crainte des effets secondaires : les origines du débat

On ne pourra pas reprocher à Marisol Touraine un manque de zèle. Après des débats houleux sur sa très controversée loi santé, elle s’attaque à un sujet non moins épineux : la vaccination, un sujet qui cristallise les divergences entre soignés et soignants. Pourtant, la vaccination a été un réel progrès médical, permettant de rendre exceptionnelles, voire d’éradiquer, certaines maladies. Si la variole ne fait définitivement plus parler d’elle depuis 1980, le tétanos ou la poliomyélite sont quant à eux devenus extrêmement rares grâce à la couverture vaccinale supérieure à 90%.

Alors comment expliquer les réticences croissantes à se faire vacciner ? Un certain nombre de polémiques se sont créées depuis les années 1990 autour de possibles effets secondaires des vaccins. À commencer par la vaccination contre l’hépatite B, supposée liée à des cas de sclérose en plaques. Le risque existe certes, mais il est extrêmement faible et aucune étude n’a pu établir de lien entre les deux évènements avec un niveau de preuve suffisant. Ce vaccin n’a jamais été obligatoire, mais le battage médiatique orchestré par les laboratoires pharmaceutiques le commercialisant a bien rempli son rôle, et les vaccinations ont été massives, augmentant de ce fait mécaniquement l’incidence, néanmoins restée faible, de ses effets secondaires.

Autre polémique, celle ayant entourée le vaccin contre la grippe A (H1N1). Accusé de nombreux effets secondaires liés aux adjuvants contenus dans la préparation, cette affaire a surtout soulevé la question des intérêts financiers des pouvoirs publics en matière de santé, quand des commandes massives de vaccins ont été réalisées, et qu’une injonction à la vaccination s’est abattue sur l’ensemble de la population, alors que la pandémie annoncée n’a pas eu lieu.

Si l’efficacité de la vaccination pour la prévention primaire individuelle et collective face à un grand nombre de maladies graves n’est pas remise en question, ce sont les risques d’effets indésirables liés aux vaccins qui inquiètent. Cela montre le manque d’informations délivrées au grand public sur un sujet qui nous concerne tous, et le manque de formation des médecins pour être à même de répondre aux interrogations de leurs patients. Cela alors qu’aucun des effets secondaires incriminés n’a pu à ce jour être relié à une vaccination. Les critiques développées contre la vaccination n’apparaissent ainsi que plus légitimes face à des situations telles que celles dont nous avons parlé, qui ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Une situation bien regrettable quand il est prouvé qu’une couverture vaccinale de 90% de la population permettrait à terme de faire disparaître les maladies concernées.

20 recommandations

En mission depuis mars 2015, Sandrine Hurel a remis son rapport ce mardi 12 janvier, contenant 20 recommandations pour tenter de rétablir la confiance envers la vaccination. On nous annonce déjà qu’elles devraient toutes être retenues, il y aura donc peu de place pour le débat, mais on y était habitué après le passage d’une loi santé quasi identique à sa première version. La proposition phare est celle de l’organisation d’un « débat citoyen » sur la pertinence de la distinction entre vaccins obligatoires et recommandés. Si débat il doit y avoir, ça ne sera à première vue pas avec la population, comme le titre semble pourtant l’annoncer. Nous, « citoyens », n’aurons qu’un rôle consultatif, en ayant la possibilité d’adresser nos propositions à travers une plateforme sur le web, à un groupe d’experts qui se réunira ensuite pour débattre en jury puis en comité d’orientation pour rédiger ses conclusions. Comme toujours, les orientations politiques ne semblent pouvoir être prises que par des professionnels, les membres de base de la société pouvant être à la rigueur consultés, sans même qu’on leur donne d’informations suffisantes pour se créer un avis.

Quant à l’opposition créée entre vaccins obligatoires et recommandés, elle soulève deux écueils. Le premier est d’infantiliser les patients, que l’on oblige à se vacciner contre certaines maladies, sous-entendant qu’ils ne seraient pas à même de se responsabiliser si on leur laissait le choix tout en leur offrant une information claire des bénéfices du vaccin ; tout en relativisant les risques très faibles d’effets secondaires. Le deuxième écueil est de faire perdre leur crédibilité à certains vaccins, qui ne sont que recommandés quand d’autres sont obligatoires, laissant croire qu’ils sont moins importants. Contre ceux qui prônent la vaccination obligatoire pour s’assurer d’une couverture optimale, opposons un libre choix pour chacun de décider pour sa santé, orienté par une information appropriée.

En outre, si le débat est aujourd’hui relancé, c’est parce qu’il y a pénurie depuis 2008 du seul vaccin encore obligatoire aujourd’hui, le DTP (diphtérie-tétanos-poliomyélite), dans sa forme à trois valences et dans sa forme pentavalente, combinée aux vaccins contre la coqueluche et l’hémophilius. Seul le vaccin hexavalent (comprenant aussi l’hépatite B) est encore disponible, et c’est évidemment le plus cher des trois. Une situation bien profitable aux deux seuls laboratoires qui se partagent le marché de la vaccination, Sanofi-Pasteur et GSK. L’impossibilité de renouveler les stocks d’un vaccin contenant seulement du DTP alors que le vaccin hexavalent est encore produit paraît absurde. Mais sûrement moins que les 2 mois de prison avec sursis auxquels a été condamné un couple ayant refusé de vacciner ses deux enfants puisque le vaccin contenait aussi des valences non obligatoires.