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Accident de Brétigny: La SNCF aurait cherché à manipuler des témoins
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(20 Minutes) Des témoins se seraient prêté à un double langage. C'est ce que révèle Le Canard enchaîné dans son édition de ce mercredi, qui affirme que la SNCF aurait voulu « manipuler l’enquête » sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) en briefant ses employés avant leur audition par la justice.
L’hebdomadaire, qui dit avoir eu accès a de « nombreuses pièces de l’enquête », révèle que des dirigeants de la SNCF ont été placés sur écoute par les juges.
Ces écoutes mettent en évidence « un double langage » de la part de certains témoins, selon le Canard Enchaîné. Comme ce cadre qui déclare dans une conversation interceptée « Brétigny c’est des crevards. Faut tous les foutre dehors ! », mais qui assure ensuite aux juges ne pas savoir si les travaux de maintenance y sont correctement menés.
« Moi, je t’invite à ne rien apporter (aux policiers) »
L’hebdomadaire affirme que chaque cheminot concerné par l’enquête a été « invité à un entretien avec le service juridique » de la SNCF, suivie d’un débriefing après son audition par les enquêteurs.
« Moi, je t’invite à ne rien apporter (aux policiers)… Tu viens avec rien… Il faut attendre leurs demandes », déclare ainsi à un cheminot une femme cadre au service juridique, chargée selon l’hebdomadaire de préparer les employés.
« La direction juridique de SNCF (…) défend et accompagne ses salariés lorsqu’ils sont mis en cause dans l’exercice de leur fonction. C’est le cas pour l’instruction concernant l’accident de Brétigny », a réagi mardi soir l’entreprise ferroviaire dans un communiqué. « Les salariés auditionnés par les juges sont totalement libres de leurs propos », a-t-elle ajouté, se refusant à commenter un article basé sur des « documents (…) couverts par le secret de l’instruction ».
Seules deux personnes morales mises en examen
Le déraillement à Brétigny du train Paris-limoges, survenu le 12 juillet 2013, a fait sept morts et des dizaines de blessés, en raison d’une éclisse - sorte de grosse agrafe qui maintient alignés deux rails consécutifs -, dont une fissure n’avait pas été détectée lors des tournées de surveillance et dont trois des quatre boulons s’étaient cassés ou dévissés. L’éclisse avait alors pivoté, provoquant l’accident.
L’ensemble des rapports d’expertise arrivent à la conclusion qu’un défaut de maintenance sur les voies est à l’origine de l’accident. Depuis l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Evry, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF etRéseau ferré de France (RFF), toutes deux mises en cause pour homicides et blessures involontaires.
Trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies au moment du déraillement, ont par ailleurs été placés mi-janvier sous le statut de témoin assisté.




