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Les enseignants du primaire parisiens sont en grève
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Aujourd’hui, jeudi 11 février, les enseignants du primaire parisien seront en grève contre les mesures envisagées dans lanouvelle carte scolaire 2016. Gérée académie par académie, cette carte scolaire est le document qui établit le nombre de postes alloués à chaque école pour la rentrée suivante. Le bilan, aussi peu étonnant qu’il puisse paraître, est semblable à celui des années précédentes : la cure d’austérité est prolongée dans l’Éducation nationale…
À première vue, on ne pourrait que saluer la création de 20 postes d’enseignants déchargés de classe, c’est-à-dire alloués à la prise en charge d’un demi-groupe ou venant prêter main forte à un collègue dans une classe. Ce dispositif, baptisé « plus de maîtres que de classes », répond à de réels besoins et permet de lutter, en partie au moins, contre l’échec scolaire.
De la même façon, on ne pourrait que saluer la création, bien que dérisoire, de 7 classes de toutes-petites-sections permettant de scolariser des enfants de moins de trois ans en les préparant aux apprentissages langagiers et mathématiques fondamentaux.
On ne pourrait que le saluer... sauf si ces « créations » n’étaient pas justement permises par la fermeture de 72 classes dans la seule académie de Paris, les 27 postes mentionnés plus haut étant simplement ponctionnés dans la masse de ces postes supprimés.
Des fermetures de classes, y compris dans les écoles des quartiers populaires
Si, pour une partie des écoles concernées, l’annonce de la fermeture a été échangée contre la promesse d’un dispositif « plus de maîtres que de classes » (promesse déjà faite l’année dernière à de nombreuses écoles, et réalisée dans deux cas seulement), pour la grande majorité la fermeture de classe a été envisagée de façon pure et simple, au motif de la baisse du nombre d’élèves à la rentrée prochaine. Or, si perte d’élèves il y a (du fait notamment du départ massif des familles parisiennes avec enfants vers la banlieue où les loyers sont moins chers), les fermetures se traduisent dans la plupart des cas par l’augmentation du nombre d’élèves par classe, qui est rarement compensée par la perte d’élèves, et par la dégradation des conditions d’enseignement qui s’ensuit.
Dans le cas de cette nouvelle carte scolaire, la dégradation est d’autant plus à envisager qu’elle prévoit de supprimer des classes dans un grand nombre d’écoles situées dans des quartiers populaires, aux conditions d’enseignement déjà difficiles. Sur les 72 écoles touchées par les fermetures, 30 appartiennent ainsi aux trois arrondissements les plus pauvres de Paris, dont la majorité des écoles relèvent de l’éducation prioritaire.
Déshabiller l’école de Pierre pour remplacer Paul
Cette année encore plus que les autres, les écoles parisiennes connaissent toutes le problème du non-remplacement des enseignants absents. « Historique », « inédit depuis 1981 », l’académie parisienne a dû embaucher des contractuels dès la rentrée de novembre pour pallier le manque structurel de remplaçants, car, depuis 2007, ce sont 100 postes d’enseignants qui ont été supprimés dont une moitié environ de remplaçants.
Quelle solution a alors trouvé le rectorat ? Non pas recruter de nouveaux enseignants titulaires. Non pas rétablir les effectifs des brigades de remplacement à leur effectif d’avant la Révision générale des politiques publiques (RGPP) engagée en 2007 par Sarkozy. Mais bel et bien de fermer des classes, les 72 envisagées dans la carte scolaire 2016, pour dégager 30 postes de remplaçants…
Alors que le manque de personnel enseignant est criant, alors que les postes liés au Réseau d’aides spécialisées aux enfants en difficulté (RASED) ont été massivement supprimés et qu’aucun n’est pour cette année annoncé, le ministère de l’Éducation nationale poursuit sa politique austéritaire, à budget constant. Plutôt que d’allouer plus de moyens, on déshabille Pierre pour habiller Paul. Et l’on met en concurrence les uns (tels enseignants, telles écoles, telles académies, tels systèmes éducatifs) pour préserver les autres : ceux-là même qui appliquent l’austérité dans tous les ministères, dans tous les pays touchés par la crise.
Mais, comme dit la chanson, ce n’est pas à nous de payer leur crise. On ne pourra que relayer l’appel à la grève de ces enseignants qui se sont donné rendez-vous ce matin à 8h30 devant le rectorat de Paris, aux côtés des parents d’élèves mobilisés.




