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Les YPS-Jin aux femmes du monde : « la lutte est la seule option possible »

féminisme international

Brève publiée le 19 février 2016

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://solidaritefemmeskobane.org/fr/node/58

Les YPS-Jin aux femmes du monde : « la lutte est la seule option possible »

Zehra Dogan / JINHA
Traduit de l'anglais par Cyril MARTIN pour Info Rojava

Note du traducteur :
Cette interview de Dünya Sterk a lieu dans le contexte de la Turquie où il y a de nouveau, depuis mi-2015, des affrontements entre les forces policières et militaires turques d'un côté, et les rebelles kurdes de l'autre qui revendiquent l'autonomie du Kurdistan turc. Dans plusieurs villes ou quartiers du sud-est de la Turquie, des YPS, Unités de Défense Civile, ont été créés par les insurgés et les habitants pour défendre ces villes contre l’État turc. Les femmes ont un grand rôle dans ce soulèvement, puisque de nombreux partis rebelles kurdes ont aussi pour objectif l'émancipation des femmes. Ainsi, des YPS-Jin, branche féminine des YPS, ont été créés.

MARDÎN -  Dans un monde où de nombreuses femmes sont victimes de la violence masculine, il n'y a pas d'autre choix que la lutte, selon Dünya Sterk, membre des YPS-Jin, les Unités de Défense Civile des Femmes. Pour elle, la lutte des YPS-Jin est une « lutte internationaliste contre le système patriarcal ».

Dans la province de Mardin au Kurdistan turc, la ville de Nusaybin a une longue histoire de résistance. Aujourd'hui, alors que l’État turc envoie des véhicules blindés dans chaque coin de rue, c'est  les enfants et les femmes de la ville qui mènent la construction des barricades.

Dünya Sterk, membre des Unités de Défense Civile Féminines formées pour défendre Nusaybin, a discuté de la lutte derrière les barricades pour une nouvelle vie.

Selon Dünya, avec le processus de paix qui a commencé en Turquie en 2013, l’État turc « pensait qu'ils pouvaient simplement nous faire perdre notre temps », alors même que le peuple kurde faisait sa part du travail.

« Pourtant, ici ce n'est pas le peuple kurde qui est en train de perdre, mais l'Etat » dit-elle. Si l’État n’‘est pas parvenu à entrer dans les quartiers insurgés de villes comme Nusaybin même après deux mois d'un couvre-feu brutal, « cela signifie que l’État a déjà perdu ». Selon Dünya, l’État est maintenant lancé dans une guerre totale, tirant même sur les petits enfants.

« Personne ne doit s'attendre à ce que nous gardions le silence » dit Dünya. « Contre ceux qui tuent nos enfants et nos mères, bien sûr que notre lutte doit être une lutte armée. ». La jeunesse des YPS, explique-t-elle, n'a pas d'autre choix que de prendre les armes, mais, au-delà du conflit armé, leur lutte est politique et culturelle.

Dünya a évoqué l'importance chez les Kurdes d'organisations féminines autonomes, un phénomène qui a commencé dans la région avec les organisations féminines du PKK, parti des travailleurs du Kurdistan.

« Dans le socialisme tel qu'il a existé, on avait « d'abord la lutte du peuple, après la lutte des femmes », mais ça ne marche pas comme ça, indique Dünya. « Nous avons appris de cette expérience qu'une solution qui reporte à plus tard la lutte des femmes ne résoud pas le problème. Le combat du peuple et le combat des femmes doivent avoir lieu en même temps ». Au Rojava (Kurdistan syrien), note-t-elle, la révolution est devenue une révolution des femmes avec la création de la force armée des YPJ, les Unités de Défense des Femmes.

« Du coup, dans le Bakur (Kurdistan turc), nous ne pouvions pas en rester simplement aux YPS » dit Dünya. « Nous devions déclarer une organisation autonome de femmes, les YPS-Jin, en tant que femmes lançant le long combat contre le système patriarcal qui a déclenché ces guerres. Sinon, la révolution serait inadéquate. Comme dit notre chef [Abdullah Öcalan], rien n'est résolu tant qu'on ne résoud pas le problème à la racine ».

Dans un monde où chaque année des milliers de femmes sont tuées par la violence masculine, des organisations armées féminines comme les YPJ, PAJK, YBS-Jin et YPS-Jin sont la seule option possible.

« En tant que femmes kurdes, nous avons déclaré que 2016 sera l'année de la lutte pour l'émancipation des femmes. Que chaque femme dans le monde choisisse son camp », dit Dünya. « YPS-Jin a un message pour toutes les femmes : nous ne nous battons pas juste pour une ethnie. Avec notre combat dirigé par des femmes contre les attaques du système patriarcal, nous envoyons le message « on est là ! » ».

« Notre combat est internationaliste : que toutes les femmes dans le monde prennent leur place dans ce combat », ajoute Dünya.

URL : http://inforojava.tumblr.com/post/138041358280/les-yps-jin-aux-femmes-du-monde-la-lutte-est