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Grèves dans les transports: mouvement très suivi à la SNCF
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
PARIS, 9 mars 2016 (AFP) - Journée de galère mercredi dans les transports, notamment en Ile-de-France: en raison d'une grève unitaire des syndicats de la SNCF pour défendre les conditions de travail des cheminots, le réseau était très fortement perturbé, avec un train sur trois en moyenne. Le trafic était en revanche quasi normal à la RATP, sauf sur le RER B.
A la SNCF, le taux de grévistes s'établissait en matinée à 35,5% pour l'ensemble du personnel, selon la direction. Il dépassait 60% chez les conducteurs et contrôleurs, a précisé à l'AFP l'Unsa.
Selon ce syndicat (deuxième), plus de 10% des cadres ont débrayé, un "signe important".
Cette grève des quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD et CFDT), de "même niveau" que le dernier mouvement unitaire en 2013, est "un signal d'alarme" traduisant "les attentes et craintes des cheminots" au moment où sont élaborées de futures règles de travail communes au secteur ferroviaire (public-privé, fret-voyageurs), a souligné auprès de l'AFP Roger Dillenseger (Unsa).
"Le ministère des Transports, la SNCF et les entreprises ferroviaires doivent en tenir compte", sinon "forcément on réfléchira à une suite", a-t-il ajouté.
Conformément aux prévisions annoncées lundi, le trafic était fortement perturbé avec en moyenne un tiers de trains en Ile-de-France, sur les lignes régionales et la plupart des lignes TGV nationales, selon la SNCF. Pour assurer ces liaisons, la SNCF affrétait parfois des bus de substitution, comme à Lyon pour la plupart des destinations de TER.
Le préavis déposé par les syndicats qui réclament également des embauches et une hausse générale des salaires, court jusqu'à jeudi 08H00.
Côté RATP, où deux syndicats (CGT et SUD) ont également appelé à débrayer - cette fois pour peser sur les négociations salariales annuelles - le mouvement semblait moins suivi. Sur la portion du RER B gérée par la régie, deux trains sur trois en direction de Saint-Rémy-les-Chevreuse (Yvelines) circulaient mais bus, tramways et métros parisiens roulaient normalement, selon un porte-parole de la RATP.
Plus de 300 agents de la RATP ont manifesté dans la matinée au siège de la régie à Paris. Pour s'abriter des fortes pluies, ils ont investi le hall d'entrée, dans un bruit assourdissant de sifflets et pétards, a constaté un journaliste de l'AFP.
Dans les deux entreprises, les préavis de grève courent jusqu'à jeudi matin et ne sont pas reconductibles.
Ces grèves, le jour des épreuves du concours de l'agrégation, s'entrechoquent également avec une première mobilisation-test des opposants au projet El Khomri de réforme du code du travail, à Paris et en régions.
Un mécanicien gréviste entré à la RATP en 1992 faisait le lien entre les grèves dans les transports et le projet de réforme du travail: "On perd tous les acquis gagnés en 1936", a-t-il estimé.
Si dans les gares SNCF en régions, l'affluence était moindre, les clients ayant été encouragés à reporter leur voyage, les quais de RER étaient en revanche bondés mercredi matin aux heures de pointe en région parisienne. Beaucoup de franciliens ont dû modifier leur itinéraire, avec des changements allongeant leur temps de déplacement.
Sur les quais du RER B à Châtelet, les mines étaient plutôt résignées. "Je vais mettre deux heures contre une heure et quart normalement" pour arriver à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), expliquait mercredi matin, "fatigué", Makhlouf Nait.
Sylvie, 48 ans, partie d'Essonne pour se rendre à Saint-Denis, où elle travaille, s'est levée deux heures plus tôt et redoute la fin de journée, "le monde et la difficulté à monter dans les trains". "Je pense qu'on est un pays complètement handicapé, incapable de se réformer, c'est grave", estime-t-elle.




