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Code du travail: quand Macron explique sa stratégie pour piéger Berger
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Au sujet du projet de loi El Khomri, les déclarations faites à Cannes le 14 mars par Emmanuel Macron et l’analyse dans Le Monde du texte par Augustin Landier, professeur à l’école d’économie de Toulouse, en disent long sur la dangerosité d’une telle loi pour les salariés français.
Emmanuel Macron demande aux parlementaires de réintroduire dans le texte de loi les mesures retirées voilà quelques jours par François Hollande et Manuel Valls pour tenter de faire baisser l’opposition des salariés et celle de la jeunesse contre ce texte. Selon Macron, « les jeunes ont été poussé à se mobiliser, avec un mélange ce bonne foi et de cynisme. La tension sociale, réelle, des intérêts catégoriels, tout cela aidant, il y a eu un refus d’obstacle», a dit le ministre de l’Economie le 15 mars à Cannes, venu là soutenir les spéculateurs en inaugurant le Marché international des professionnels de l’immobilier, en compagnie d’Eric Ciotti, député influent du parti de Sarkozy.
Selon Emmanuel Macron, dont les propos sont rapportés dans le Monde daté du 17 mars, cette loi « va permettre d’aligner la France sur le droit de l’Union européenne. C’est le début de l’adaptation de notre économie à la modernité, qui va ouvrir plus d’agilité et en même temps de sécurité individuelle, non pas statutaire ou corporatiste». Macron emprunte à Pierre Gattaz le mot « agilité » pour préconiser plus de précarité et le reste de sa phrase consiste à dire que l’on est mieux protégé individuellement quand le vote d’une loi permet de mettre fin à des protections collectives inscrites dans le code du travail.
Voilà pourquoi il « espère que le débat parlementaire permettra de réintroduire des dispositions de bon sens qui ont été retirées à la demande des syndicats réformistes et des organisations de jeunesse. A force de vouloir prendre des mesures protectrices pour les jeunes, on ne les protège pas au travail, mais on les protège du travail. J’avoue que je n’arrive pas à m’y résoudre», ajoute le banquier devenu ministre après avoir été le conseiller du prince pour les questions économiques. Ces deux phrases sont lourdes de sens.
Dans la même page du Monde, le professeur d’économie Augustin Landier tente de faire croire aux lecteurs de ce quotidien que le projet initial « avait le mérite de poser un diagnostic objectif sur le marché du travail français. La principale pathologie de notre pays, ce n’est pas le taux de chômage à 10% mais la précarisation de la population, dont une part grandissante est, ou retombe, au chômage de façon quasi permanente ». Suivent quelques larmes de crocodile versées par cet esclavagiste sur ceux qui « se retrouvent de facto exclus de la vie normale (…) parce qu’ils n’ont pas de CDI ».
Mais, quand on lui demande « cette réforme n’était-elle pas destinée à inverser la courbe du chômage ? », le serviteur zélé du patronat tient son rôle avec assurance dans cette réponse aussi stupéfiante que révélatrice : « la principale vertu de ce texte, ce n’est pas de faire baisser le chômage global à court terme, mais d’augmenter la probabilité pour chacun d’obtenir en un temps raisonnable, un emploi stable. Dans le contexte de croissance molle que nous connaissons, cela passe par la réduction des incertitudes des chefs d’entreprise en matière d’embauche. En effet, le taux de chômage en soi n’est pas un bon indicateur de la santé d’une économie. On peut avoir 10% de chômage, si les gens retrouvent un emploi en trois mois, il n’y a pas de sujet grave !», affirme Landier.
Le « professeur d’économie » nous dit que le but de cette loi n’est pas de faire baisser le chômage sous la barre des 10% de la population active mais de permettre à ceux et celles qui perdent leur emploi d’en trouver un autre en 90 jours quand la durée moyenne de l’inscription à Pôle emploi est de 570 jours. Mais, à taux de chômage constant, cela revient à diviser par six la durée moyenne de l’inscription de chaque chômeur à Pôle emploi. Ce qui veut dire que la loi que Landier appelle de ses vœux permettra de multiplier par six les licenciements mensuels par rapport à se qui se pratiquait avant l’adoption de cette loi si elle est adoptée au printemps prochain dès lors que le pays garde 10% de chômeurs selon le même Landier.
Licencier et embaucher à partir d’un tri sélectif permanent
Comme Augustin Landier dispose de la garantie de l’emploi grâce à son statut, il n’a pas cherché à savoir comment fonctionnera le turnover qu’il souhaite voir appliquer dans les entreprises à partir de cet été. Il est pourtant facile de deviner comment le patronat s’en servira. Les grands donneurs d’ordre qui font travailler les PME sous traitantes seront plus exigeants sur les prix et sur les délais de livraisons, ce qui se traduira souvent par des semaines à rallonges ou par du chômage partiel chez leurs fournisseurs en fonction des besoins. Les enseignes de la grande distribution auront les mêmes exigences vis-à-vis des PME de l’agroalimentaire. En quintuplant la fréquence des licenciements comme des embauches éventuelles, on procèdera dans les entreprises à un tri sélectif permanent. Les principales victimes de ce tri sélectif seront d’une part les hommes et les femmes âgés de plus de 50 ans dont la santé a été altérée par une vie de labeur sur des postes difficiles. D’autre part, ce tri sélectif facilité par la multiplication par cinq ou six des licenciements économiques comme le prévoit Augustin Landier dans son raisonnement laissera aussi sur le carreau ceux et celles qui ont les moins bonnes formations parmi tous les candidats à l’embauche, jeunes et moins jeunes. D’autant que cette politique tri sélectif fera aussi baisser les salaires, donc le pourvoir d’achat des ménages, donc les débouchés pour les marchandises et les emplois dans les usines. Merci donc à Macron et Landier de nous expliquer, «à l’insu de leur plein gré », que cette loi est vraiment mauvaise pour le pays.




