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    Appel de l’AG non-mixte féministe contre la loi travail

    Khomri

    Brève publiée le 8 avril 2016

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    Appel de l'assemblée générale non-mixte féministe contre la loi travail

    Nous, femmes et minorités de genre, rassemblé.e.s à plus de cent en Assemblée Générale féministe inter-facs ce 6 avril 2016 à Tolbiac, nous saisissons de la mobilisation actuelle contre la loi travail pour rappeler la nécessité d’articuler la lutte contre la précarité et l'exploitation à la lutte contre les oppressions, en particulier sexistes, LGBTphobes, invisibilisant les minorités de genre et les identités non-binaires, racistes et/ou islamophobes et liées au handicaps.

    En effet, la loi travail renforce la situation de précarité de celles et ceux qui sont déjà les plus précarisé.e.s. Nous pensons aux femmes, qui pour un même travail sont rémunérées encore 20% de moins que les hommes, mais aussi en particulier aux personnes trans et/ou non-binaires, qui souffrent de discriminations à l’embauche et à l’emploi, aux personnes racisées, et/ou musulmanes, et/ou voilées, touché.e.s spécifiquement par le racisme sur leur lieu de travail, et plus globalement à l’échelle de l’ensemble de la société. La création d'un secrétariat d'État aux "droits des femmes, de la famille et de l'enfance" s'inscrit dans ce climat réactionnaire incarné dans les propos révoltants de la secrétaire d'Etat Laurence Rossignol - qui a comparé publiquement les femmes voilées" aux nègres qui étaient pour l'esclavage". Nous ne supportons plus les politiques racistes, sexistes et antisociales d'un gouvernement au service du patronat et du patriarcat !

    Aussi, la loi travail, en inversant la hiérarchie des normes et faisant primer les accords d'entreprise sur les lois et les accords de branche, renforce le rapport de force déjà défavorable aux travailleuses. Les femmes sont massivement présentes dans des secteurs et des types d'entreprises (TPE et PME) où les syndicats sont peu représentés. De plus, 80% des travailleurs.ses à temps partiel sont des femmes ; or la loi travail diminuera la majoration des heures complémentaires en grande partie assumées par les temps partiels. Enfin, accroitre le temps de travail salarié, c'est allonger d'autant plus la double journée de travail des femmes qui assument encore de nos jours l'essentiel du travail domestique lorsqu'elles rentrent chez elles.

    Plus largement, nous appelons donc tou.te.s les travailleur.euse.s et étudiant.e.s, femmes et minorités de genre, à rejoindre la mobilisation contre la loi travail : nos vies sont particulièrement touchées ! Réciproquement, nous sommes déterminées à faire de la lutte contre les oppressions un enjeu central de la mobilisation : cette lutte est également l’occasion de construire, au-delà du rejet de la loi travail, un véritable mouvement féministe capable de contribuer à l'émancipation politique des femmes et des minorités de genre. C’est pourquoi nous appelons tous les milieux, quel que soient leur degré de mobilisation, à développer des cadres non-mixtes d'action et de réflexion pour libérer la parole des femmes, des minorités de genre et des orientations sexuelles marginalisées. Il ne s’agit pas d’être dans une posture purement défensive d’interpellation individuelle, mais de développer une politique féministe en positif. La non-mixité, loin de diviser la mobilisation, est un outil qui permet d'en augmenter la qualité politique en prenant en charge des questions ignorées dans les cadres mixtes. Nous réunir en non-mixité nous permet d'ouvrir des espaces de luttes spécifiques qui nous permettent de nous organiser et favorisent notre réappropriation de l'espace public.

    Même s’il est essentiel de pouvoir adresser les problèmes de sexisme qui se posent à l’intérieur de la mobilisation, nous voulons aller plus loin dans la lutte contre le patriarcat ! En effet, nous analysons ces oppressions comme systémiques et co-construites, basées sur les structures de la société, ces oppressions sont structurelles et que c’est donc en les combattant à un niveau
    global que nous pourrons y mettre un terme. Nous ne nous satisferons pas d'une simple intégration dans un système capitaliste, sexiste, raciste, binaire et hétéro-normatif !

    Dans cette optique, nous organiserons collectivement un grand meeting le mercredi 13 avril sur le thème de « Femmes, genre, précarité et loi travail », où seront invité.e.s notamment des secteurs de femmes en lutte qui connaissent des oppressions multiples.

    Notre prochaine AG aura lieu le vendredi 15 avril à 17H à l’Ecole Normale Supérieure (45 Rue d'Ulm). Elle est ouverte à toutes les personnes se reconnaissant dans les termes de la non-mixité proposée, ainsi qu’à toutes les commissions non-mixtes féministes qui existent déjà dans les différentes facs en Île de France et en dehors.Paris I / Tolbiac, le 6 avril 2016.