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    Grèce : les créanciers demandent de nouvelles économies

    Grèce international

    Brève publiée le 18 avril 2016

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Le Monde) Nouvelles réformes et nouvelles économies. C’est avec cette demande que les créanciers de la Grèce (Fonds monétaire international [FMI], Banque centrale européenne, Mécanisme européen de stabilité) reprennent, cette semaine, leurs discussions avec le gouvernement grec afin detrouver un terrain d’entente conduisant au versement d’une nouvelle tranche de prêts dans le cadre du troisième plan d’aide au pays (86 milliards d’euros, décidé en août 2015).

    Après une pause pour la réunion de printemps du FMI à Washington, en fin de semaine dernière (du 15 au 17 avril), le quartet représentant les bailleurs de fonds (les représentants de l’ex-« troïka ») était attendu lundi 18 avril à Athènes. Les premiers rendez-vous ne sont toutefois pas prévus avant mardi, a indiqué le ministère grec des finances. L’objectif est de préparer le terrain à un accord politique, lors de la réunion des ministres des finances européens, les 22 et 23 avril à Amsterdam.

    Cela fait trois mois qu’Athènes et ses créanciers discutent sans parvenir à s’entendre. Les réunions de printemps du FMI étaient l’occasion de se retrouver une nouvelle fois pour tous les protagonistes du dossier : Christine Lagarde, la patronne du Fonds, Euclide Tsakalotos, le ministre des finances grec, Wolfgang Schäuble, son intransigeant homologue allemand, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

    Selon nos informations, les négociations ont progressé sur un point, essentiel : les créanciers de la Grèce ont enfin, semble-t-il, accordé leurs violons. Ils se sont entendus pour que les Grecs s’engagent sur un nouveau « paquet » de réformes (à hauteur de 3,6 milliards d’euros), à adopter s’il s’avère que les perspectives pour le pays s’assombrissaient, dans les mois qui viennent, rendant l’objectif des 3,5 % inatteignable.

    • Pourquoi les créanciers exigent-ils des économies supplémentaires ?

    Dans le « memorandum of understanding », le contrat de prêts passé entre les Grecs et leurs créanciers, le pays est censé pouvoir dégager un surplus primaire (excédent budgétaire avant paiement des intérêts de la dette) équivalent à 3,5 % du PIB à partir de 2018. C’est sur ce scénario que travaillent le gouvernement d’Alexis Tsipras et ses créanciers européens depuis des mois.

    Les Européens estiment que la Grèce, pour y parvenir, doit réaliser 5,4 milliards d’économies budgétaires et que le plan de réformes présenté en janvier par Athènes (refonte du système des retraites, nouvelles mesures fiscales) y parvient.

    Mais le FMI, plus pessimiste sur l’économie grecque, pense qu’il faudrait 3,6 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour qu’Athènes dégage un surplus de 3,5 % en 2018. A moins d’alléger radicalement l’énorme dette publique du pays (180 % du PIB), mais l’Allemagne s’y refuse.

    A Washinton, selon deux sources proches des discussions, c’est la ligne du FMI qui semble l’avoir emporté : le Fonds et les autres créanciers se sont entendus pour que les Grecs s’engagent sur un nouveau « paquet » de réformes (à hauteur de 3,6 milliards d’euros), à adopter s’il s’avère que les perspectives pour le pays s’assombrissaient, dans les mois qui viennent, rendant l’objectif des 3,5 % inatteignable.

    « Nous avons mis à profit la présence à Washington de beaucoup de responsables politiques et financiers pour avancer dans le bon sens », a affirmé le ministre des finances français, Michel Sapin, depuis Washington. « Mon optimisme était déjà grand [avant les discussions de Washington], et il n’a pas diminué », a ajouté M. Schäuble.

    • Le gouvernement grec est-il prêt à accepter cette proposition ?

    Cela n’a rien d’évident. « Plusieurs propositions seront sur la table, certaines meilleures, certaines pires », a déclaré sobrement Euclide Tsakalotos, le 16 avril.

    « Ce compromis, c’est un jeu de dupes car, avec la stagnation de l’économie liée au retard pris par la revue, cet objectif s’éloigne chaque jour un peu plus », estime une source au sein de Syriza, le parti que dirige M. Tsipras.« Finalement, ils se sont entendus à Washington pour nous imposer plus de mesures d’austérité, au lieu d’ouvrir enfin le chapitre de la renégociation de la dette. Rien n’a changé », ajoute, amer, cet interlocuteur.

    Le gouvernement Tsipras pourra-t-il d’ailleurs imposer ces nouveaux sacrifices à Athènes ? Deux journaux grecs, dont le principal quotidien conservateur du pays Kathimerini, ont titré dimanche sur une possible démission du premier ministre en cas d’échec des négociations.

    Selon le journal Real News, M. Tsipras aurait prévenu François Hollande, qu’il a rencontré mercredi 13 avril, que « soit la mission d’audit se termine comme prévu sur la base des mesures convenues à l’été 2015, soit je m’en vais ». Une information démentie par les services du premier ministre qui, dans un communiqué, affirmaient dimanche qu’aucun projet d’élections n’est sur la table.

    M. Tsipras disposera-t-il d’une majorité pour avaliser ces mesures ?

    Le scénario d’élections anticipées, réclamées quotidiennement par le leader du parti conservateur, Kiriakos Mitsotakis, ne quitte cependant jamais les esprits en Grèce. D’abord, parce que la majorité parlementaire du gouvernement est très fragile, avec 153 députés sur les 300 que compte le Parlement. C’est juste assez pour faire passer les difficiles mesures réclamées par les créanciers, tant que la discipline règne au sein du groupe parlementaire et de Syriza.

    Mais de plus en plus de mécontents se font entendre. Le 15 avril, le « Mouvement des 53 », une mouvance interne à Syriza, dont M. Tsakalotos est l’un des principaux leaders, a publié sur le site grec Commonality un long texte expliquant pourquoi il recommandait au gouvernement de « tomber en résistant héroïquement (…) à la troïka plutôt qu’humilié par la société elle-même ».

    Seule certitude : le temps presse à Athènes comme à Bruxelles. Tous les protagonistes du dossier estiment qu’il faut sortir par le haut du blocage courant mai. Sinon, tous craignent le retour de la crise en zone euro, alors que l’Etat grec doit rembourser plus de 3 milliards d’euros à la BCE en juillet, et que les marchés vont devenir très nerveux à l’approche du référendum sur le « Brexit », le 23 juin.