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L’informatique, stade suprême du capitalisme
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L’ordinateur, système technique de l’informatique, étant une machine pouvant faire a priori n’importe quoi, il est matériellement adéquat au capitalisme, lequel est une production de n’importe quoi pourvu qu’il s’agisse de marchandises valorisables. Dans une société post-capitaliste, pour répondre à des besoins particuliers, nous utiliserons des outils particuliers, pas une machine pouvant faire n’importe quoi.
Une émission radiophonique du 12 avril 2016, où sont abordées une analyse et une critique radicale de l’informatique. L'informatique comme agent d’une mutation anthropologique, comme fossoyeur technologique de l’humanité, comme système technique de l’ordinateur, comme stade suprême du capitalisme – avec Éric (informaticien, critique de l’informatique)
Ecouter ou télécharger l'émission

Bibliographie annexe :
- Robert Kurz, « L'industrie culturelle au XXIe siècle. De l'actualité du concept d'Adorno et Horkheimer » (Illusio, n°12/13, 2014)
- Deun, « Le distributisme ou l'envoûtement logistique » (Sortir de l'économie, n°2, 2008)
- Site Désinsformatiser
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Addentum
Banalités de base sur
la production industrielle en général
et son abolition
La production industrielle moderne nait en même temps que la socialisation capitaliste, sa structure même ne peut être que capitalistiquement constituée : « Le procès industriel de production ne devrait pas être entendu comme procès technique […]. Avec la subsomption du travail sous le capital, le procès de travail épouse de plus en plus les contours du procès de valorisation. La production industrielle est caractérisée par Marx comme matérialisation appropriée du procès de valorisation, comme ‘‘mode de production spécifiquement capitaliste’’. La forme valeur de l’excédent sous-tend la recherche (par le capital) de gains de productivité constamment renouvelés » (1). Ainsi, « ce que montre Marx, c’est que derrière l’apparence technologique du processus [de travail], le procès de travail est en fait structuré par le procès de valorisation capitaliste. On ne peut donc analyser le procès de travail à ‘‘l’état pur’’, comme simple relation technique, neutre, aux moyens de production travail » (2). C'est alors que :
« La production industrielle machiniste est la forme du procès de travail adéquate à la production de la survaleur relative » (3).
La proto-industrie artisanale, l'industrie mécanisée, taylorisée, automatisée, numérisée constituent diverses formes historiques de la « matérialisation du procès de valorisation » (Postone). La société capitaliste-marchande est alors la seule société à mériter le nom de « société industrielle » et même de « société thermo-industrielle ».
La production industrielle de la première, deuxième ou troisième révolution industrielle n'a jamais été neutre et ne peut être réappropriée dans un processus révolutionnaire si elle est intrinsèquement la dérivation concrète de la dynamique de la valeur. Pour autant, au-delà de l'anticapitalisme tronqué de type anti-industriel qui ne réclamerait que le retour au « travail marginal » (J.-P. Baudet) et autre apologie du travail artisanal, l’abolition du capitalisme n’est pas seulement synonyme de la suppression de la technologie moderne et de la production industrielle, mais d'abord dépassement de la totalité constituée par les formes fétichistes de médiations sociales que sont le travail, la valeur, l'argent, la marchandise et l'Etat : dépassement de l'économie et de la sphère moderne du politique comme forme de vie collective historiquement constituée par le capitalisme.
« La machine […] est au fond une catégorie économique et un rapport social et non un simple objet ou un instrument de production »
(Jean-Marie Vincent, Critique du travail, PUF, 1987, p. 97).
« Sous son enveloppe matérielle, la technologie est rapport de rapport, suite de processus apparemment autonomes dans leur objectivité instrumentale, mais liés à la dynamique du Capital et du travail dans leurs mouvements profonds. Les rapports de production, en ce sens, ne se heurtent pas à la technique […], puisque cette technique est une de leurs manifestations essentielles, mais bien aux forces productives humaines asservies et à l’usage différentiel et différent qu’elles tentent de promouvoir des forces productives matérielles »
(Jean-Marie Vincent, Critique du travail, p. 66-67).
Notes :
(1) Moishe Postone, « Théorie critique et réflexivité historique », in Fischbach (dir.), Relire Marx, PUF, 2009, p. 165.
(2) Antoine Artous, Le fétichisme chez Marx, Syllepse, 2006, p. 102.
(3) Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx, Mille et une nuits, 2009, p. 478.




