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    Loi travail : moins de blocages, mais des grèves en pagaille

    Khomri

    Brève publiée le 27 mai 2016

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://www.lepoint.fr/societe/loi-travail-bras-de-fer-entre-hollande-et-les-opposants-27-05-2016-2042486_23.php#xtor=RSS-221

    Alors que Hollande a réaffirmé sa fermeté, les annonces de grève se succèdent et une sortie de crise semble bien incertaine.

    • Sur le front des grèves et des blocages 

      Selon le ministère des Transports, tous les dépôts pétroliers en France ont été débloqués, sauf un, celui de Gargenville dans les Yvelines, selon un porte-parole du secrétariat d'État. Mais si les dépôts sont débloqués, les appels à la grève eux se succèdent.

      À Gargenville justement, le plus gros dépôt pétrolier d'Ile-de-France situé dans les Yvelines, les salariés de Gargenville ont reconduit vendredi la grève pour une semaine. Réunis à l'appel de l'intersyndicale en assemblée générale, les employés de l'établissementTotal de Grandpuits-Gargenville, en grève depuis le 17 mai, ont voté à 51 % la poursuite de l'arrêt de travail, a indiqué à l'AFP un délégué CGT, qui n'a pas voulu donner son nom, confirmant une information obtenue auprès des gendarmes. Une prochaine assemblée générale aura lieu le 3 juin pour décider de la suite du mouvement qui affecte cet établissement comprenant la raffinerie de Grandpuits en Seine-et-Marne et le dépôt de Gargenville dans les Yvelines. "Les unités de fabrication sont à l'arrêt. On n'expédie et on ne reçoit aucun produit, ni par route, ni par fer, ni par pipeline", a ajouté le syndicaliste.

      La CGT de Fluxel, opérateur privé qui gère les terminaux pétroliers du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) à Fos-sur-Mer et Lavera (Bouches-du-Rhône), a appelé vendredi à la poursuite de la grève jusqu'à mardi. Les salariés l'ont reconduite. Près d'une trentaine de navires transportant des vracs liquides (hydrocarbures et gaz) ont été touchés par ce mouvement de grève à Fos-sur-Mer et Lavera. En revanche, toutes les autres activités portuaires - conteneurs, passagers, vracs solides (céréales, charbon...), réparation navale - fonctionnaient normalement.


      La CGT de la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) a appelé vendredi à un mouvement de grève illimitée jusqu'au retrait de la loi travail, a annoncé le syndicat. Cette décision a été prise à l'issue d'une assemblée générale sur le site, a indiqué à l'AFP Fabien Privé Saint-Lanne, secrétaire général CGT. La raffinerie, où une grève est observée depuis une semaine, est à l'arrêt complet depuis jeudi matin.

      Au Havre, le mouvement de grève à la Compagnie industrielle maritime (CIM), qui a coupé depuis mardi l'alimentation en pétrole des aéroports parisiens et de trois raffineries, a été reconduit vendredi pour 72 heures, a-t-on appris auprès d'un militant de la CGT. La préfecture de Seine-Maritime a prévenu que la CIM était d'un « intérêt vital » et qu'elle devait fonctionner. Sur une injonction du Premier ministre auprès de la direction de cette société, en charge des terminaux pétroliers du port du Havre et du cap d'Antifer, un approvisionnement limité pourra avoir lieu.

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      La fédération nationale ports et docks CGT a appelé ce vendredi l'ensemble des salariés du secteur à « poursuivre et amplifier l'action » contre la loi travail avec un arrêt de travail de 24 heures dès le 2 juin.

      Dans la matinée, dans le sud-est, toute l'activité industrielle et portuaire autour de Fos et de l'étang de Berre était fortement perturbée. Les trois raffineries (Total La Mède, Lavera et Exxon) étaient toujours en grève et, selon la CGT, « aucun produit » ne sortait de ces installations. À La Rochelle, les accès au port autonome étaient bloqués par les dockers. À Donges (Loire-Atlantique), les forces de l'ordre avaient débloqué sans heurts dans la matinée le barrage devant le dépôt pétrolier, SFDM, appartenant au groupe Bolloré. Les salariés grévistes se sont ensuite dirigés vers la raffinerie Total voisine, en arrêt complet depuis jeudi.

      Aux portes de Lyon, aucune intervention n'était envisagée à la raffinerie Total de Feyzin « puisqu'il s'agit d'un arrêt de la production et que les salariés exercent leur droit de grève », selon la préfecture. Les deux dépôts pétroliers de Corse demeuraient pour leur part bloqués et les pénuries ont commencé dans le sud de l'île, où 21 des 59 stations-service, en rupture de stock, ont dû fermer. Neuf centrales nucléaires, sur les 19 françaises, ont connu des baisses de production, selon la CGT, sans toutefois entraver l'approvisionnement électrique, selon RTE, gestionnaire du réseau national à haute tension.
       
    • Le point sur les pénuries de carburant



      La situation s'améliorait sensiblement vendredi matin concernant la distribution de carburant. Total, notamment, a indiqué que dans son réseau de 2 200 stations, un peu moins d'un tiers (741) étaient en difficulté, contre 815 jeudi. Le groupe a mobilisé plus de 1 000 camions pour charger du carburant, contre 350 en temps normal. Soit « plus de 1,6 million de pleins de 35 litres », selon l'entreprise.

      La perspective d'une pénurie semble pourtant s'installer dans les esprits. En témoignent les reventes d'essence et de jerricans au prix fort sur des sites comme Le Bon Coin ainsi que l'explosion depuis mardi de la recherche « comment siphonner réservoir » sur Google. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a obtenu une dérogation pour que les agriculteurs puissent utiliser du fioul domestique pour leurs tracteurs.
    • La fermeté de François Hollande

      François Hollande a affiché vendredi sa fermeté face à des opposants qui maintiennent la pression, au lendemain d'une nouvelle journée de contestation du projet de loi Travail, émaillée de violences. « Les organisations appellent à poursuivre et amplifier les mobilisations », notamment « en multipliant et en soutenant les actions décidées par les salariés en assemblées générales, y compris reconductibles », a écrit l'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi. « Je tiendrai bon parce que je pense que c'est une bonne réforme », leur a répondu François Hollande du sommet du G7 au Japon. Visage fermé, le chef de l'État a également déclaré lors de sa conférence de presse que devant la menace des blocages, le « premier devoir » de l'exécutif était d'assurer « la liberté de circuler » et « le bon fonctionnement de l'économie ». 

      Comme en écho aux propos présidentiel, le patron du Medef Pierre Gattaz a dénoncé une nouvelle fois sur Europe 1 des « méthodes de voyous » et « d'irresponsables », appelant à « résister au chantage » des syndicats contestataires. De son côté, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO), a appelé le gouvernement à suspendre les débats au Parlement sur le projet de loi travail pour ouvrir des négociations avec le patronat et les syndicats.
       
    • Quelle sortie de crise ? 

      Principal point de crispation : l'article 2 du projet qui consacre la primauté aux accords d'entreprise dans l'aménagement du temps de travail, une ligne rouge pour les syndicats contestataires qui redoutent le dumping social. Jeudi, Manuel Valls a été catégorique, réaffirmant qu'il « ne toucherait pas » à cet article. Conforté par le président de la République, le Premier ministre affiche sa fermeté alors que, selon un sondage Tilder-LCI-OpinionWay, publié jeudi, 66 % des Français pensent que le gouvernement doit retirer la loi travail.

      Avec l'espoir d'éviter un nouveau 49-3 en nouvelle lecture à l'Assemblée dans un mois, le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux a remis sur la table la proposition du rapporteur Christophe Sirugue - qui n'avait pas été retenue faute d'accord des « frondeurs » - que « la branche donne un avis a priori » et non a posteriori sur l'accord d'entreprise. Cette piste est « la vraie porte de sortie », affirme un député légitimiste, pour qui il ne peut y avoir de vraie réécriture de l'article sinon « on perd la CFDT ». Manuel Valls a d'ailleurs assuré qu'il « peut toujours y avoir tel ou tel élément de précision », mais sans toucher au « coeur » de l'article. Le texte n'a « pas d'intérêt » sinon, selon son entourage. Malgré cela, relève un membre du gouvernement, « tout peut arriver » autour du projet de loi.

      De son côté, le député PS Jean-Marc Germain, soucieux de « remettre de la sérénité dans le débat », exhorte le gouvernement à ne pas réutiliser le 49.3 lorsque le texte reviendra à l'Assemblée. Ce proche de Martine Aubry concède pourtant qu'un compromis au Parlement serait « de plus en plus compliqué » à trouver. Il y a deux semaines, Jean-Marc Germain avait demandé à voir le Premier ministre pour « trouver une solution de compromis ». Sans succès. Quant aux conseillers de l'Élysée, qui « devaient organiser une réunion », ils n'ont finalement pas donné suite. Pour sortir de la crise, il suggère de retirer l'article 2 (sur les accords d'entreprise) et les articles 30 et 11 (sur le licenciement) et de les soumettre à la discussion entre les partenaires sociaux.
    • Lettre ouverte

      Les signataires de la motion de censure de gauche ont quant à eux lancé un appel au président de la République pour "le dialogue s'engage avec tous". "Il est encore temps d'abandonner ces réformes qui inquiètent légitimement et divisent inutilement la gauche, qui flexibilisent et insécurisent l'ensemble de nos concitoyens, pour enfin affirmer des choix, en matière d'emploi et de Code du travail en faveur desquels il existe, en France et au Parlement, une majorité à gauche, écrivent ces députés, dont les anciens ministres Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Cécile Duflot.