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Valls et Hollande menacent de ne plus autoriser les manifs
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
SYNDICATS - Le ton monte d'un cran chez Manuel Valls et François Hollande. Au lendemain des débordements qui ont émaillé le cortège parisien, notamment à l'hôpital Necker, le premier ministre a appelé la CGT à en finir avec les mobilisations comme celles du 14 juin. "Je leur demande de ne plus organiser de manifestation à Paris", a affirmé le chef du gouvernement sur France Inter.
Et si le syndicat venait à redemander une autorisation pour manifester son opposition à la loi Travail, Manuel Valls ne rejette pas d'un revers de main la possibilité de les interdire. "Au cas par cas, nous prendrons nos responsabilités", assure-t-il, précisant qu'on ne pouvait pas décider une interdiction générale.
En conseil des ministres, François Hollande a également rappelé ces principes. "Nous sommes dans un état de droit et de liberté, dont la liberté de manifestation et de faire grève. Mais il n'y aura plus d'autorisation de manifester si les conditions de sécurité des biens et des personnes ne sont pas garanties", a déclaré le président de la République, cité par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.
La CGT et son ambiguïté face aux casseurs
Cette requête est également formulée par le PS. Son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a demandé à la CGT de faire une "pause dans les manifestations", estimant qu'elle est "instrumentalisée" par les casseurs, au lendemain d'une nouvelle journée d'action émaillée de violences.
Depuis le début de la mobilisation le 9 mars, ce sont "662 procédures judiciaires" qui ont été lancées et plus de "250 personnes ont été incarcérées", selon le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, interrogé sur France Info. "Alors qu'on interdise l'Euro", a-t-il également suggéré auprès de l'AFP.
Et le premier ministre de mettre Philippe Martinez face à ses propres responsabilités: "Quand on n'est pas capable d'assurer la sécurité, qu'on se laisse déborder par 700 à 800 casseurs s'y infiltrer, on n'organise pas de telles manifestations qui peuvent dégénérer", met en garde Manuel Valls. Il a également dénoncé "l’ambiguïté" de la CGT vis-à-vis des casseurs, de quoi mettre encore un peu plus de tension à 48h d'un rendez-vous entre le leader du syndicat et la ministre du Travail Myriam El Khomri.
Les syndicats y voient une provocation
Ces propos ont immédiatement été vus comme une provocation de la part des syndicats. "Menacer d'interdire les manifestations est le signe d'un gouvernement aux abois", a réagi la CGT dans un communiqué. La centrale de Philippe Martinez "tient à rappeler au Premier Ministre que, comme il n'est pas de la responsabilité des supporters d'assurer la sécurité dans et autour des stades de l'euro de football, de la même façon il n'est pas de la responsabilité des manifestants d'assurer la sécurité dans et autour d'une manifestation autorisée par la Préfecture de police".
"Les propos du premier ministre sont irresponsables", a aussi souligné Jean-Claude Mailly, sur France Info. "Sur France Inter, ce matin, le premier ministre a été un pyromane", ajoute le patron de Force Ouvrière.
S'il demande l'arrêt de la mobilisation, Manuel Valls n'est toujours pas prêt au moindre geste à l'encontre des manifestants. "Le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d'un compromis avec les syndicats réformistes il y a plusieurs mois", a assuré le chef du gouvernement. Pour lui, renoncer face à la CGT reviendrait à céder "alors que les syndicats qui ont accepté les compromis sur la loi Travail sont aussi représentatifs que la CGT".




