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Qui sont ces chômeurs qui ne sont pas comptabilisés?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
En France, 1,4 million de personnes souhaitent trouver un emploi mais ne sont pas considérées comme des chômeurs car elles ne remplissent pas tous les critères. Parmi elles, des étudiants qui finissent leur parcours mais aussi des demandeurs d'emploi complètement découragés.
Le chômage reste le sujet économique le plus médiatique, déchaînant les commentaires presque chaque mois lors de la publication des chiffres de Pôle emploi. Mais qu'appelle-t-on réellement un "chômeur"? Selon l'Insee, il s'agit d'une personne qui souhaite avoir un emploi, en recherche un activement et est disponible dans les deux semaines pour le prendre.
Sauf que cette définition très stricte (en fait issue des normes du BIT, le bureau international du travail) exclut bon nombre de personnes qui souhaitent pourtant bien avoir un emploi. Ces derniers font partie de ce que l'on appelle le "halo autour du chômage". En France métropolitaine, à fin 2015, 1,4 million de Français rentraient dans cette catégorie, un chiffre à comparer avec les 2,9 millions de chômeurs dans l'Hexagone à la même période.
Ce halo est beaucoup moins sensible à l'évolution de l'économie que ne l'est le chômage. Entre 2008 et 2015, il a ainsi progressé de 2,4% quand le chômage, lui, augmentait de 4,5%.

Trois composantes
Cette faible sensibilité à la conjoncture s'explique par sa population. Qui sont justement ces gens faisant partie du halo? Réponse: des Français aux situations très différentes. L'Insee retient trois grandes composantes.
La première est constituée des personnes qui recherchent un emploi, souhaitent en avoir un mais qui ne sont pas disponibles. "Cela concerne notamment les étudiants en fin d'études, les personnes qui viennent de déménager ou qui sont en congés", explique Anne-Juliette Bessone del'Insee.
Ce sont les membres du halo qui sont les plus qualifiés (54% d'entre eux ont le baccalauréat) et les plus inscrits à Pôle Emploi (62%). C'est aussi la catégorie qui a le plus explosé avec la crise, puisque l'on comptait à peine 100.000 personnes dans cette situation en 2008 contre 300.000 aujourd'hui. De fait, cette composante explique quasiment à elle seule l'augmentation du nombre de personnes dans le halo entre 2008 et 2015.
Cela dit, les Français appartenant à cette composante sont aussi ceux qui en sortent le plus facilement et qui trouvent le plus aisément un emploi. D'un trimestre à l'autre, 23% d'entre eux décrochent un poste, chiffre qui est inférieur à 10% dans les deux autres composantes du halo.

Les "découragés"
La deuxième composante regroupe les personnes qui souhaitent avoir un emploi, sont disponibles mais ne cherchent plus. "Elles n'en recherchent pas notamment parce qu'elles sont découragées, elles pensent qu'elles n'en trouveront pas", souligne Anne-Juliette Bessone. Leur nombre a toujours varié entre 600 et 700.000 sans qu'on puisse y voir un réel effet lié à la crise. Il a un peu augmenté entre 2008 et 2011, puis baissé jusqu'en 2013 avant de remonter fortement puis de diminuer presque aussi fortement. La crise n'a donc pas franchement découragé les chômeurs.
C'est dans cette catégorie que l'on trouve les personnes les moins qualifiées (seulement 32% de bacheliers). Ces personnes ont peu de chances de trouver un emploi. Lorsqu'elles sortent du halo, la plupart du temps elles rejoignent les rangs des chômeurs de longue durée.
Il y a enfin la toute dernière composante qui concerne cette fois les Français qui ne sont pas disponibles, ne recherchent pas un emploi et qui souhaitent néanmoins en avoir un. Cette fois, ces personnes ne sont pas découragées. "Elles veulent travailler mais leur situation actuelle ne leur permet pas. Elles s'occupent par exemple d'un enfant, ou sont en arrêt maladie de long terme", décrit Anne-Juliette Bessone. Logiquement, ces personnes ont souvent au moins un enfant à charge (57%) sont peu souvent inscrites à Pôle Emploi (44%) et sont souvent des femmes (60%). Quand elles sortent du halo c'est, dans la plupart des cas, pour quitter le marché du travail (37% des cas d'un trimestre à l'autre).





