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Mort suspecte dans un commissariat de Toulouse
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L'homme de 60 ans retrouvé mort dans la nuit de dimanche à lundi, dans une geôle du commissariat central de Toulouse, souffrait d'une fracture du crâne et d'une importante hémorragie intracrânienne (notre édition de mardi). Cela pourrait expliquer le décès de cet ancien vendeur de journaux qui vivait en banlieue de Toulouse, sur la commune de Saint-Jean. Mais l'autopsie pratiquée lundi à l'institut médico légal de l'hôpital Rangueil a également mis en évidence quatre fractures de côtes.
Ces fractures entraînent de nouvelles questions sur la fin de cet homme, «interpellé» dimanche vers 17 heures rue Bayard en raison, a priori, de son alcoolémie très avancée. À moins que les conséquences de l'hémorragie l'aient rendu si confus. Mais a-t-il pu, en chutant, se casser les côtes ? Selon le légiste, sa fracture du crâne pourrait être compatible avec une chute. Celles des côtes seraient plus délicates à expliquer. «L'intervention d'un tiers avant son admission au commissariat n'est, à ce stade, pas exclue», a précisé hier soir le parquet.
Cet homme a-t-il, avant d'être vu chancelant rue Bayard, croisé un ou des tiers qui auraient pu se montrer violents ? Cette hypothèse «est examinée» a confirmé hier soir le parquet de Toulouse. S'il a été victime d'une agression, il ne s'agissait en tout cas pas d'un mobile crapuleux puisque les policiers ont retrouvé dans ses affaires téléphone portable, argent et carte bancaire.
Taux d'alcoolémie inconnue
Les enquêteurs de l'IGPN saisis du dossier par le parquet s'attachent à reconstituer l'emploi du temps de cet homme lors de la journée de dimanche. Les caméras de vidéosurveillance mais également l'exploitation des bornages de son téléphone portable devraient aider à retracer son itinéraire.
Ce n'est pas l'unique problème qui se pose aux membres de la police des polices, arrivés dès lundi après-midi à Toulouse. La victime a été embarquée dimanche par un équipage de la police municipale envoyé sur place suite à un appel «police secours». Ces policiers municipaux ont été auditionnés dès lundi par les enquêteurs de l'IGPN. Lors de l'intervention sur la voie publique, la victime paraissait alcoolisée. Hier les résultats des analyses toxicologiques, qui situeront l'importance de cette alcoolisation supposée, n'avaient pas encore été communiqués au parquet.
L'homme a ensuite été placé en cellule de dégrisement après avis du médecin qui, et c'est une difficulté, n'a pas mis d'objection à son placement en cellule. Ce médecin pouvait-il se rendre compte lors d'une simple consultation des problèmes médicaux ? L'autopsie a montré une fracture du crâne à droite avec un hématome important mais sans saignement extérieur et un autre hématome de l'autre côté de la boîte crânienne.
Autre problématique, la gestion de l'homme a priori enivré en cellule de dégrisement. Les fonctionnaires de police de garde dans la nuit de dimanche à lundi ont été entendus. Ces policiers qui ont une vision sur chaque cellule via un système de vidéosurveillance, doivent très régulièrement sonder la personne en cellule pour savoir comment elle va. Ils doivent également veiller à sa position pour éviter, en cas de vomissement que l'individu s'étouffe. «Vous ne trouverez aucun policier qui vous dira qu'il est normal de gérer en cellule les gens alcoolisés. Nous ne sommes pas médecins, analyse un policier. Comment savoir si un homme dort à cause de l'alcool ou s'il sombre dans le coma ? C'est presque la même chose. Dans le premier cas l'homme récupère, dans le deuxième il est en train de mourir…»




