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Les aimables fantaisies du projet patriotique d’Arnaud Montebourg
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Arnaud Montebourg, le 21 août 2016 à Frangy-en-Bresse. PHILIPPE DESMAZES / AFP.
Convaincant dans sa critique de François Hollande, Arnaud Montebourg l'est nettement moins dans son projet. Au stade actuel, il juxtapose un ensemble de généralités et de slogans et une série de mesures à la fois peu crédibles et guère cohérentes.
L'anti-hollandisme apparaît comme un créneau aussi porteur, en 2016, que le fut l'anti-sarkozysme en 2011. Parmi les nombreux responsables politiques désireux de l'occuper, Arnaud Montebourg figure parmi les plus attendus. L'ancien ministre de l'Economie, démis par le chef de l'Etat en 2014, rêve de prendre sa revanche contre François Hollande.
Sa critique d'un quinquennat qu'il place sous le double signe du «reniement» et du «renoncement» peut lui valoir une large écoute dans un électorat de gauche décontenancé par le parcours hollandais. La charge de Montebourg serait néanmoins plus convaincante s'il avait l'honnêteté de reconnaître toute la part qu'il a prise à cette mésaventure.
La seule «faute» qu'il confesse est de «n'avoir pas réussi à infléchir, corriger» la politique gouvernementale. Comme n'a pas manqué de le lui rappeler Jean-Christophe Cambadélis, Montebourg oublie opportunément qu'il avait appelé à voter Hollande au second tour de la primaire alors que ce candidat portait les thèses les plus éloignées aux siennes. Le même opportunisme coupable explique que l'homme qui prétendait réorienter à gauche le quinquennat se soit, par la suite, allié à Manuel Valls.
Néo-chevènementisme
Animal politique doué pour saisir son époque, et adapter son discours aux attentes populaires, Montebourg a lancé sa candidature à l'élection présidentielle sous la bannière d'un «projet patriotique». Il n'a nullement l'intention de s'installer comme un simple contempteur de gauche du chef de l'Etat sortant.
Son projet, qu'on se le dise, n'est «socialiste» que «pour une grande part», citant alors seulement sa propre origine politique. C'est bien plus un «projet républicain», «volontariste», inspiré par le «gaullisme social». On reconnaîtra ici aisément les accents de la campagne présidentielle menée par Jean-Pierre Chevènement en 2002.
Plusieurs voix se sont élevées, du côté des forces se voulant souverainistes ou patriotes, pour dénoncer une tentative de captation de ces thématiques par Montebourg. «Debout la France copié», a grondé Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidence de la République, sur Twitter. «Arnaud Montebourg singe les idées du FN, ce n'est pas la première fois», a lâché Florian Philippot, vice-président du parti lepéniste.
Slogans et étranges mesures
Une lecture attentive du discours prononcé par Montebourg le 21 août à Frangy (Saône-et-Loire) laisse néanmoins une étrange impression pour d'autres raisons. Le nouveau candidat alterne un phrasé de généralités ponctuées de slogans et l’égrenage de mesures à la pertinence et à la cohérence souvent problématiques. Comment diable peut-on prétendre «organiser le retour de la France après une décennie d’éclipse» avec un «projet» aussi mal ficelé ?
La légèreté avec laquelle est traitée la décisive question européenne est confondante. Montebourg annonce tranquillement la remise en cause des «traités existants» autour de deux points principaux, pour le moins contradictoires dans les rapports de force actuels: primo, décréter «la fin de l'austérité»; secondo, construire un mystérieux «euro démocratique» piloté par «un gouvernement économique de la zone euro» sous l'étroit contrôle d'un non moins mystérieux Parlement! Le candidat avertit, sans rire, que les décisions de la BCE seront, dans son Europe rêvée, contrôlées par cette nouvelle et souveraine assemblée de l'euro...
Libéral-dirigisme
Le projet économique de Montebourg n'apparaît guère plus convaincant. D'un côté, le candidat, qui se présente désormais comme un «entrepreneur», se rallie sans crier gare au raisonnement libéral le plus classique en matière de fiscalité. «Ce sont les baisses d'impôts qui feront rentrer l'argent dans les caisses de l'Etat, qui diminueront les déficits et non l'inverse», ose-t-il en promettant «l'annulation progressive des hausses d'impôt de ces cinq dernières années».
De l'autre côté, Montebourg annonce l'avènement d'un «Etat fort» qui interviendrait de concert avec le secteur privé par de multiples canaux: «des conglomérats» pour réindustrialiser le pays, «un fonds de mise en commun de toutes les institutions financières privées à usage patriotique» (!) pour maintenir les centres de décision en France, des co-financements Etat-privé pour des «projets industriels innovants»...
Ce retour souhaité aux grandes politiques industrielles n'empêche pas Montebourg de proclamer «la mobilisation nationale de la totalité des ressources du pays autour des PME», rebaptisées «les héroïnes du made in France».
Il en appelle à une «nouvelle alliance entre les forces productives, entre le capital et le travail» qui risque toutefois de pâtir de cette règle posée par le candidat: «Les salariés sont associés au partage des profits et peuvent même être associés aux décisions et à la marche de leur entreprise.» Les petits patrons apprécieront certainement.
Propriétaires en HLM
Parmi les propositions pour le moins surprenantes, on retiendra aussi ce beau geste en faveur du pouvoir d'achat des «ménages modestes»: «Je propose que les quatre millions et demi de Français locataires de leur logement social en deviennent propriétaires acquéreurs avec une baisse de 50 à 70% par rapport au prix du marché.» C'est sans doute l'Etat qui paiera le reste...
Ou encore cette merveilleuse idée d'élire au suffrage universel, dans chaque région, des «commissaires chargés de la réduction du chômage» qui auraient «à leur main» les services de Pôle emploi ainsi que les budgets de formation professionnelle des Conseil régionaux comme des Chambres de commerce. Comme cela, on saura parfaitement à qui s'en prendre si le chômage ne diminue pas...
On rétorquera peut-être que Montebourg a au moins le mérite d'avancer quelques propositions concrètes et originales comme le tirage au sort d'une partie des nouveaux sénateurs. Passablement blasé, l'électorat risque pourtant d'accueillir avec le plus grand scepticisme un projet globalement affecté d'une aussi faible crédibilité. L'heure n'est pas vraiment au concours Lépine de la plus astucieuse des promesses politiques.




