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La CGT veut empêcher la sortie des décrets sur la loi travail
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Philippe Martinez n’a pas échappé à la question. Avant même que la démission d’Emmanuel Macron ne soit officielle, le secrétaire général de la CGT, qui tenait mardi 30 août àMontreuil (Seine-Saint-Denis) sa conférence de presse de rentrée, a été interrogé sur la sortie du gouvernement d’une des bêtes noires de sa centrale. « Il y a une vraie dérive », a-t-il affirmé en taclant ceux qui privilégient « leurs préoccupations de carrière ». « Ce n’est pas le nom du ministre qui nous importe, a-t-il ajouté, mais la politique qui est menée. »
Pour M. Martinez, « les questions sociales doivent enfin être inscrites au cœur de cette rentrée », citant la lutte contre le chômage, les inégalités et le pouvoir d’achat. La CGT va lancer une grande campagne pour la semaine de 32 heures. Mais surtout, le secrétaire général de la CGT, qui n’a pas obtenu, malgré les douze journées d’action lancées avant les congés d’été avec six autres organisations – FO, FSU, Solidaires, UNEF, FIDL, UNL –, le retrait du projet de loi travail, n’entend rien lâcher. Son objectif est désormais « l’abrogation de la loi travail ». Catherine Perret, la numéro deux de la CGT, a précisé que la voie juridique allait aussi être empruntée pour empêcher la sortie d’un « certain nombre de décrets d’application ».
Plusieurs initiatives de mobilisation sont déjà prévues afin de montrer, selon la formule de M. Martinez, que « le combat contre la loi travail n’est pas terminé ». Les sept numéros un des organisations opposées à la loi travail tiendront un meeting commun le 7 septembre à Nantes avant de se retrouver ensemble le 10 septembre au forum social de la fête de L’Humanité à La Courneuve. Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général d’une organisation qui a fait scission en 1947 d’une CGT dominée à ses yeux par le Parti communiste, ce sera la première participation d’un leader de FO à la traditionnelle fête communiste. Le 15 septembre, une treizième journée nationale d’action sera organisée avec une manifestation à Paris et des défilés déjà prévus dans une quarantaine de villes.
« Syndicalisme rassemblé »
Pour autant, M. Martinez, qui a en ligne de mire les élections de représentativité dans les très petites entreprises (TPE) fin novembre, exclut toute recomposition du paysage syndical. Il s’est de nouveau référé au « syndicalisme rassemblé », qu’il avait pourtant malmené lors du congrès de Marseille, en avril, en assurant être « prêt à travailler avec toutes les organisations syndicales, y compris avec la CFDT pour engager des batailles communes ». « Dire que FO et la CGT sont d’accord sur tout, non, ce n’est pas le cas », a-t-il lancé en rappelant qu’il y avait des« sujets de désaccord ». Et, a-t-il ajouté en réponse à une question, « on ne peut pas dire qu’on est d’accord sur rien avec la CFDT », citant la défense de la laïcité et les combats contre le racisme et l’extrême droite.
M. Martinez a dénoncé le « décalage important entre le débat politique et les préoccupations des salariés et plus généralement des citoyens ». Revenant sur la polémique sur le « burkini », il a fustigé une « course effrénée qui consiste à stigmatiser une partie de la population. On assiste à une course à l’échalote de celui qui va être plus à droite que l’autre et qui consiste à ce que les idées du Front national prennent toute leur place dans le débat. C’est d’ailleurs le parti qu’on entend le moins puisque d’autres sont capables d’expliquer très, très bien ses idées, et de venirsur son terrain. La CGT refuse le choix entre le plus pire, le pire et le moins pire. »
La CGT va faire campagne contre les « idées nauséabondes » du FN et elle a demandé, en évoquant une montée de la répression syndicale, la fin de l’état d’urgence. M. Martinez a répété que la CGT ne donnerait pas de consigne de vote pour l’élection présidentielle, si ce n’est contre l’extrême droite. « Il n’y aura pas de candidat de la CGT, ni aux primaires, ni à la présidentielle », a-t-il ironisé. La centrale entend toutefois peser dans la campagne en mettant en avant son « alternative sociale ».




