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Le Labour peine à définir une stratégie sur le Brexit
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(afp) Miné par les divisions, le principal parti d’opposition britannique peine à définir une stratégie vis-à-vis du Brexit, au risque de laisser le champ libre au gouvernement conservateur pour négocier les termes du divorce avec Bruxelles.
La réélection ce week-end de Jeremy Corbyn, un eurosceptique historique, à la tête du Labour ne va pas arranger les choses, estiment les analystes.
Le peu d’empressement affiché par le vétéran radical pour défendre un maintien dans l’UE a conduit 80% des députés travaillistes à se rebeller, avant de voir leur tentative de putsch contrée par le vote des militants pro-Corbyn.
La passivité affichée par Jeremy Corbyn pendant la campagne reste cependant en travers de la gorge de nombreux membres du parti qui, réunis en congrès à Liverpool, racontent comment ils se sont sentis «trahis» par leur leader.
«J’en ai parlé avec Jeremy. Je pense qu’il va hausser le ton», assure à l’AFP Glenis Willmott, la présidente des députés travaillistes au Parlement européen.
D’autres sont beaucoup moins optimistes, confortés par les propos encore très évasifs du leader gauchiste sur l’Europe, dimanche sur le plateau de la BBC.
«Corbyn ne considère pas le Brexit comme un sujet central. Sa réélection rend incontestablement les choses plus difficiles pour le Labour», tranche Simon Usherwood, expert en politique européenne à l’Université du Surrey.
Il faudrait pourtant que le Labour fasse entendre sa voix, s’alarme la députée Rachel Reeves. «Les Tories vont amputer les droits des travailleurs et des consommateurs. Ils vont utiliser le Brexit pour imposer toujours plus de libre-marché et c’est la classe ouvrière qui va en faire les frais», ajoute-t-elle.
«Nous ne pouvons pas nous permettre d’être absents du débat», abonde Glenis Willmott qui regrette le «temps perdu» dans les querelles internes et l’organisation d’une nouvelle élection pour la tête du parti.
- Le «grand défi» de la question sur l’immigration -
«Le Labour a raté une occasion de peser puisque le gouvernement conservateur n’a pas de plan» et n’a toujours pas dit quand il allait activer l’article 50 qui lance la procédure de divorce avec l’UE, insiste Simon Usherwood.
De fait, les travaillistes ont été tellement distraits cet été qu’ils n’ont même pas commencé à s’entendre sur la stratégie à élaborer face au Brexit.
En termes de timing, certains, comme la députée Catherine West, militent pour «ne pas attendre les Tories et utiliser le Brexit comme un opportunité d’imposer nos valeurs».
D’autres veulent temporiser pour voir d’abord ce que les Tories proposent.
Enfin, il y a ceux, comme le député européen Richard Corbett, qui insistent pour «garder ouvertes toutes les options» et n’écartent pas l’idée d’un nouveau référendum, sur les termes de l’accord final cette fois-ci.
Reste à s’entendre sur des sujets comme l’immigration, un enjeu majeur de la campagne pour le Brexit. Le Labour est écartelé entre sa tradition d’ouverture et le constat qu’une partie conséquente de son électorat a été séduite par les positions anti-immigrés du parti europhobe Ukip.
«C’est incontestablement un défi. L’immigration provoque des craintes et nous devons les entendre. Peut-être que notre message a manqué de force sur ces questions», reconnaît Glenis Willmott.
Jeremy Corbyn continue à camper sur un terrain résolument pro-immigration. D’autres députés comme Rachel Reeves plaident en revanche pour une «restriction de la libre circulation des personnes» venues de l’UE puisque «les Britanniques estiment que l’immigration est hors de contrôle».
«Il faut qu’on arrive à s’entendre sur une position qui réponde à la fois aux préoccupations de nos électeurs et qui reflète nos valeurs», a déclaré le député Chuka Umunna sur la BBC.
Réussir cette synthèse s’annonce «particulièrement difficile», souligne Tony Travers de la London School of Economics.




