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Les salariés d'Honeywell refusent la délocalisation du site de Condé-sur-Noireau
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
A Condé-sur-Noireau (Calvados), les salariés d'Honeywell viennent de faire une trouvaille qui, disent-ils, conforte leur analyse : la direction, même si elle s'en défend, cherche bel et bien à délocaliser la production en Europe de l'Est. L'affaire pourrait être portée devant les tribunaux.
En octobre 2011, les patrons du site, qui fabrique des plaquettes de freins pour les automobiles, ont annoncé l'arrêt de son activité en juin 2013 et l'ouverture, dans environ un an à un an et demi, d'un établissement en Roumanie, où sera également produit du " matériel de friction " pour les voitures (Le Monde du 22 novembre 2011).
Les deux projets ne sont pas liés, assurait à l'époque Honeywell. D'après la direction, l'usine de Condé-sur-Noireau n'a aucun " avenir économique ", car elle enregistre des " pertes récurrentes " depuis plusieurs années. Il faudrait, de surcroît, de gros investissements pour l'adapter aux normes qui entreront bientôt en vigueur, et introduire une nouvelle technologie, conforme aux attentes des clients. Enfin, c'est dans les pays émergents que se nichent les gisements de " développement commercial ", soulignait l'industriel, à l'automne dernier.
Mais, à la fin avril, les personnels ont appris que la décision de leur employeur obéissait peut-être à d'autres motivations. Olivier Gaugain, le secrétaire (Force ouvrière) du comité d'entreprise (CE), raconte que des collègues ont découvert fortuitement, sur l'Intranet du groupe américain, un document en anglais relatif à la fermeture de l'usine. Intitulé " Conde project ", il précise la démarche d'Honeywell : réduction de l'empreinte industrielle en Europe de l'Ouest conjointement à la création d'un établissement en Roumanie. Autre raison invoquée : l'accroissement de la compétitivité grâce à un transfert de production.
Il s'agit d'un des multiples documents de travail, établis par la société dans le cadre de ses études prospectives, explique François Serizay, directeur des relations sociales du site. " Il n'a pas plus de caractère officiel que d'autres ", poursuit-il. Les difficultés rencontrées aujourd'hui par le secteur automobile " prouvent la justesse de nos vues exposées il y a six mois ", estime M. Serizay.
Une stratégie commune
D'après lui, les projets en France et en Roumanie " font partie d'une stratégie commune, mais il n'y a pas de rapport direct entre l'un et l'autre ". Honeywell stopperait son activité à Condé-sur-Noireau, même s'il n'avait pas l'intention de s'implanter en Europe orientale. " Nous n'avons pas affaire à une délocalisation ", conclut-il.
" Ils jouent avec les nerfs des salariés ", tempête M. Gaugain. Le CE, ajoute-t-il, envisage d'attaquer en justice le plan social. M. Serizay, lui, observe que le processus en cours prend du retard, au risque de compliquer le reclassement des salariés.
Ce rebondissement va peut-être attirer à nouveau l'attention des pouvoirs publics. En novembre 2011, le préfet du Calvados, Didier Lallement, avait reproché à Honeywell de ne pas explorer d'autres pistes que la liquidation.
Bertrand Bissuel




