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Valls affirme "De Gaulle a créé la Sécu" - Falsificateur de l’histoire !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Valls, sur France inter, vient de dire que De Gaulle avait créé la Sécu. Mensonge de ce rat qui prétend rassembler la gauche en célébrant le général putschiste de 1958.
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http://y-a-s.over-blog.fr/2016/11/qui-a-cree-la-securite-sociale.html
Longtemps, comme quatre-vingt-dix-neuf pour cent des Français mal renseignés puisque dûment canalisés par la pensée unique, j’ai cru sincèrement que De Gaulle avait créé la Sécurité sociale en 1945. Or c’est faux !
Il faut se rappeler que De Gaulle, homme foncièrement de droite et qui estimait être le seul à incarner la France, détestait les partis politiques, et que, par-dessus tout, il haïssait le Parti communiste. C’est d’ailleurs pour ne plus avoir affaire aux cinq ministres communistes (Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon) qu’il avait été forcé de prendre dans son gouvernement, en raison de l’action déterminante des communistes contre l’occupant nazi, qu’il avait démissionné le 15 janvier 1945. Or le véritable créateur du projet de Sécurité sociale (assurance maladie et système des retraites), inspiré de ce qui existait déjà à l’étranger, était l’un de ces communistes, un ancien ouvrier de la métallurgie, et fils d’ouvriers, Ambroise Croizat. Et De Gaulle n’était pas du tout partisan de la création d’une Sécurité sociale.
Croizat, lui-même ouvrier d’usine dès l’âge de treize ans, s’inscrivit à la CGT et devint secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la métallurgie. Il avait d’abord été socialiste, à la SFIO, avant d’entrer au Parti Communiste dès sa fondation en 1920. Après bien des tribulations, il devint ministre du Travail dans le gouvernement provisoire que De Gaulle présidait au début, du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946. Ensuite, après la démission de De Gaulle, ministre du Travail et de la Sécurité socialedu 26 janvier au 16 décembre 1946, dans les gouvernements dirigés par Félix Gouin puis Georges Bidault. Et enfin, du 22 janvier au 4 mai 1947, dans celui dirigé par Paul Ramadier, avant que les communistes disparaissent du gouvernement jusqu’en... 1981 (avec Charles Fiterman, Anicet Le Pors, Jack Ralite et Marcel Rigout, qui démissionnèrent ensuite, en juillet 1984). Et c’est à ce poste qu’ayant tenu à créer un système de système de protection sociale, Croizat fonda l’assurance maladie, le système des retraites, les allocations familiales et l’amélioration du droit du travail français, via les comités d’entreprise, la médecine du travail, la réglementation des heures supplémentaires et le statut des travailleurs mineurs. Là, par une ordonnance du 4 octobre 1945, il lança la mise en place et l’organisation administrative de son projet, dont bénéficient soixante-six millions de citoyens français.
Mort prématurément d’un cancer du poumon à l’âge de cinquante ans, en 1951, il eut un enterrement digne de Victor Hugo ou de Jean-Paul Sartre. Or les gouvernements successifs n’eurent seulement pas la décence d’entretenir la très modeste maison qu’il avait acquise en province, et la laissèrent tomber en ruines. Elle est complètement inhabitable, et sa fille n’a pas pu s’y installer.
Mais alors, pourquoi n’a-t-on pas massivement retenu son nom, et pourquoi, même à l’École nationale supérieure de Sécurité sociale, sise à Saint-Étienne, on ne connaît guère que celui de Pierre Laroque ? Parce que Laroque, qui n’était pas à l’origine de l’initiative, était un haut fonctionnaire qui fut chargé de rédiger les textes réglementaires organisant tout cela. Et lorsque Croizat a conçu ses lois en mai et juin 1946 et mis en place les 138 caisses permettant leur fonctionnement – malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes et de la CFTC –, De Gaulle avait déjà démissionné depuis plusieurs mois : il n’a donc été pour rien dans la création de la Sécurité sociale !
Un livre de Michel Etiévent, Ambroise Croizat ou l’invention sociale, remet, comme on dit, les pendules à l’heure. Ainsi qu’un film de Gilles Perret, La sociale, sorti le 9 novembre, et très mal distribué (deux salles à Paris, aucune ailleurs). Mais cette discrétion doit être un pur hasard...




